Avifaune en milieu agricole

Un diagnostic sur les exploitations agricoles permettant d’améliorer et de valoriser la biodiversité.

Ces dernières décennies, la modification des milieux naturels générée par l’évolution de l’agriculture est à l’origine d’une régression importante des populations d’oiseaux (- 29%). En Europe, le phénomène est tellement marqué que les milieux agricoles abritent la plus grande proportion d’espèces d’oiseaux avec un statut de conservation défavorable.

Pour de nombreuses espèces inféodées aux plaines et plateaux, l’altération des milieux les a forcées à trouver des habitats de substitution, ou elles se sont adaptées plus ou moins aucouvert végétal en place.

Un exemple, l’Alouette des champs, symbole des vastes plaines cultivées, était une espèce naguère très commune. Aujourd’hui, celle-ci est aussi en déclin avec, entre 1998 et 2005, une baisse de 22% de ses effectifs. Plus généralement, la diversité des espèces dans le milieu agricole est variable suivant les pratiques agricoles locales, souvent à l’échelle de la parcelle, mais aussi dans un contexte paysager plus large. La présence de certaines espèces dites « communes » adaptées au milieu agricole pourra fournir des éléments sur la qualité du milieu. Certaines associations d’espèces permettent de penser qu’il existe, là où elles se trouvent, des zones propices à leur reproduction ou tout au moins, un couvert végétal adapté, voire un mode d’agriculture par endroit plus favorable.

Objectif de l’action

Afin d’améliorer la biodiversité sur les exploitations agricoles, une action a été mise en place par Nature Midi-Pyrénées permettant d’évaluer chaque exploitation, par une méthode adaptée avec comme bio-indicateur « l’oiseau ».

Pour ce faire, sur chaque exploitation choisie, un diagnostic sera effectué, puis après analyse, suivant les espèces présentes et les paramètres de végétation présents, des aménagements seront proposés (prolongation d’une haie avec des espèces adaptées, maintien de buissons, mise en place d’une bande enherbée….etc.). Si l’oiseau est le bio-indicateur pour les diagnostics, c’est la biodiversité dans son ensemble qui est visée. La restauration, le maintien ou l’aménagement de paramètre de végétation en faveur des oiseaux à un lien direct avec toutes les autres espèces (faune et flore).

Cette recherche d’un équilibre entre les pratiques agricoles et le maintien de la biodiversité a enclenché une série d’études dont celle qui nous concerne ici « avifaune bio-indicatrice en milieu agricole ».

La caractérisation par différentes structures agricoles par des cortèges d’espèces, a permis d’obtenir un indice d’attractivité sur une zone ou sur une exploitation agricole donnée. Pour cela, une grille d’évaluation permettant de mesurer cet indice par des cortèges d’espèces d’oiseaux trouvés, à l’échelle d’une exploitation, a été créée (en fin de document).

Cette grille est directement liée à des mesures simples de gestion permettant ainsi, suivant les résultats obtenus, de maintenir ou d’améliorer la biodiversité. Cette grille d’évaluation a été testée sur plusieurs exploitations, dont les résultats ont permis, avec la collaboration des agriculteurs, de travailler ensemble à la mise en place de mesures simples de gestion.

Méthodologie

L’objectif étant ici de mesurer l’indice d’attractivité écologique d’une exploitation agricole. La méthodologie générale retenue a été l’échantillonnage ponctuels simples (Spitz 1974), pour sa facilité de mise oeuvre et la possibilité de travailler à la fois en fréquence et en indices d’abondance. Cet échantillonnage est aussi appelé « méthode par points d’écoute ». L’observateur, immobile sur un point déterminé de la zone à étudier, note tous les oiseaux qu’il entend ou voit sur la station pendant 20 minutes. Les mâles chanteurs, représentant de façon presque sûre un couple nicheur, sont notés « 2 », les oiseaux simplement observés ou entendus par leur cris sont notés « 1 ». Ainsi pour exemple, de façon optimal, un couple nicheur avec en plus une femelle observée sera noté « 3 ». Afin de respecter l’esprit de la méthode, les rares familles rencontrées ont été notées « 3 » même s’il s’agissait de 10 individus.

a) Modalité d’application sur le terrain

La période de terrain est un élément clef pour obtenir une bonne représentation de l’avifaune nicheuse sur les zones suivies. Le printemps est bien sûr la période idéale, mais les relevés doivent se faire lorsque le peuplement d’oiseaux est au plus fort de ses activités de reproduction. Il faut que l’ensemble des migrateurs soit revenu de leurs quartiers d’hiver et lorsque les chants territoriaux des mâles ont leur plus forte intensité.

Suivant l’ensemble de ces impératifs, la période de recensement a été fixée entre le 10 mai et le 20 juin.

Le temps utile dans la journée pour l’écoute des oiseaux chanteurs au plus fort de leur activité vocale débute du levé du soleil jusqu’à 11h00 ou plus suivant l’ensoleillement. Les oiseaux freinent leur activité lorsque les fortes chaleurs commencent à se faire sentir. Afin d’obtenir un recensement suffisant pour inventorier le peuplement d’oiseaux sur une exploitation, il faut réaliser 10 points d’écoute espacés de 250 m sur 25 ha contigus. En général, dans les études de peuplement d’oiseaux, un milieu est considéré comme suffisamment échantillonné avec une quinzaine d’échantillons (points d’écoute), total qui peut-être ramené à une dizaine dans de nombreux cas, ce qui est parfaitement applicable dans notre approche. Cette base de travail est modulable suivant la superficie et les caractéristiques de l’exploitation agricole. Afin de pouvoir inventorier l’ensemble des paramètres voulus (végétation, espèces d’oiseaux…), une fiche de terrain a été créée, permettant de recueillir l’ensemble des données ornithologiques et des paramètres du couvert végétal.

b) - Calcul de l’indice d’attractivité de l’exploitation

Suite à la réalisation de ces points d’écoute, on remplit une grille en prenant en compte tous les oiseaux contactés sur l’exploitation. En premier lieu, il faut que l’ensemble des espèces incontournables aient été contactées. En effet, nous avons vu que l’absence d’une de ces espèces révélait l’altération ou l’absence d’un habitat naturel et de ce fait d’un ou plusieurs éléments de végétation associés. L’absence d’une ou plusieurs de ces espèces nous amènera donc à préconiser à l’agriculteur la mise en oeuvre d’actions ciblées pour favoriser l’installation de ces espèces absentes. La présence d’une ou plusieurs espèces rares intéressantes sera prise en compte, afin bien sûr de préserver le milieu qui serait utilisé par celles-ci. Pour le calcul de l’indice d’attractivité de l’exploitation, on ne pourra pas comptabiliser les espèces rares intéressantes tant que toutes les espèces incontournables ne seront pas présentes. Par contre, dans l’hypothèse où l’ensemble des espèces incontournables sont présentes, l’indice d’attractivité pourra être augmenté avec les espèces rares intéressantes. De plus, on pourra préconiser alors des actions pour favoriser l’attractivité pour ces espèces rares intéressantes.

En résumé, pour les espèces incontournables 13 sur 13 traduit qu’une diversité avifaunistique de base est présente, mais l’occurrence d’espèces du cortège « espèces rares intéressantes » permet d’améliorer le peuplement.

c) - Les fiches actions

Chaque espèce de la grille d’évaluation possède une ou plusieurs fiches actions. Ces fiches actions permettent, dans le cas où l’espèce est absente, de pouvoir s’y référer afin de restaurer ou d’améliorer son habitat.

Téléchargez un exemple d’un cahier de préconisation remis à un agriculteur.

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