La Cistude

Connaissance et protection

La Cistude d’Europe est une espèce de tortue d’eau douce vivant en plaine et dont les populations sont en régression partout du fait de la disparition de son habitat : les zones humides. Nature Midi-Pyrénées et le CPIE Pays Gersois œuvrent ensemble pour évaluer l’état des populations dans nos départements et mettre en place les actions de protection nécessaires.

Contribuez à la préservation de la Cistude d’Europe ! Si vous observez une tortue, prévenez-nous en utilisant ce formulaire. Chaque observation est importante !

Aire de répartition de la Cistude, de l’Europe aux Hautes-Pyrénées…

La Cistude d’Europe est présente dans la plus grande partie de l’Europe (Péninsule Ibérique, Italie, France, Allemagne, Pologne). Dans ces plaines, les populations de Cistudes sont inféodées aux biotopes humides, les plus vulnérables de tous, car ils sont situés dans les grandes vallées fluviales, très artificialisées par les activités humaines.

En France, les trois grosses populations de Cistudes se trouvent en Brenne, dans le Sud-Ouest et en Provence. Ces populations (à part en Brenne où les populations sont stables) sont en décroissance depuis le début du siècle du fait de la pollution, de l’urbanisation et de la simplification des cours d’eau (recalibrages, canalisation, déconnexion des annexes fluviales…).

En Midi-Pyrénées, la Cistude d’Europe est largement présente dans le département du Gers : on trouve d’importantes populations dans l’Amargnac, l’Astarac et le Val d’Adour. Dans ce département, le CPIE Pays Gersois, s’appuyant sur les travaux réalisés en Aquitaine, mène depuis 2008 une vaste opération de connaissance, suivi et sensibilisation.

Dans les Hautes-Pyrénées, les populations connues de Cistude sont plus rares, et sont principalement localisées dans le Val d’Adour. Nature Midi-Pyrénées a souhaité développer, en collaboration étroite avec le CPIE Pays Gersois, un programme d’actions complémentaire afin d’étendre le dispositif au département des Hautes-Pyrénées et ainsi couvrir toute la zone de présence de la population de Cistude du Sud-Ouest de la France.

Statut légal et protection

La Cistude d’Europe est une espèce d’intérêt communautaire puisque inscrite aux annexes II et IV de la Directive Habitat pour la conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvage, ainsi qu’à l’annexe II de la convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel d’Europe, conclue à Berne le 19 septembre 1979. En France, elle est intégralement protégée puisque présente dans l’arrêté ministériel du 22 juillet 1993 fixant la liste des amphibiens et reptiles protégés sur l’ensemble du territoire national. En raison des enjeux majeurs qui pèsent sur cette espèce, celle-ci bénéficiera prochainement d’un Plan National de Restauration (en cours de validation).

Biologie et écologie de la Cistude

Emys orbicularis est une tortue dulçaquicole de petite taille. En effet celle-ci varie généralement de 10 à 20 cm pour un poids moyen de 400 à 800 g. Sa dossière est peu bombée et présente une grande variation de teinte et de motif. Le plastron est plutôt allongé et tout comme la dossière est plus ou moins foncé, tacheté ou non. Le corps, noir présente des taches jaunes en quantité très irrégulière. La Cistude d’Europe a des doigts palmés avec de longues griffes pointues (cinq sur les pattes antérieures et quatre sur les postérieures). Les tympans sont noirs vifs tachetés de jaune.

Cette espèce possède un dimorphisme sexuel assez marqué, ce qui permet une distinction aisée des deux sexes. En effet, chez les femelles, la dossière est en général légèrement plus ronde et le plastron est plat (concave chez les mâles). De plus, les femelles sont généralement plus grosses, leur queue est plus longue et fine et leur yeux ont une teinte jaune alors que ceux des mâles sont rouge-orangé.

La maturité sexuelle est atteinte suivant les régions entre 5 et 13 pour les mâles et entre 6 et 15 ans pour les femelles. La Cistude affectionne les eaux stagnantes ou calmes avec de nombreuses plantes aquatiques et une végétation rivulaire : mares, lacs, rivières, canaux, fossés, marais et milieux saumâtres

Son alimentation est composée de proies animales et de cadavres mais les adultes peuvent consommer des végétaux.

Comme pour la plupart des reptiles, le développement embryonnaire est lié à la température. Une augmentation de celle-ci entraîne une augmentation de la vitesse du développement embryonnaire jusqu’à un certain point, une température trop élevée ou une température trop faible entraînant la mort de l’embryon. La température détermine aussi le sexe des embryons. La température seuil pour le sex-ratio est de 28,5 °C. En dessous, n’émergeront que des mâles et au-dessus, que des femelles. De plus, les Cistudes sont ectothermes, elles doivent donc moduler leur température corporelle en se déplaçant entre les zones d’ombre et ensoleillées. Pour l’insolation (ou « basking »), les tortues se placent sur différents types de substrats tels que des bois morts flottants, les berges ou des amas de végétaux.

Le cycle d’activité de la Cistude peut être divisé en 2 phases :

  • une période d’activité, de mars à octobre
  • une période d’hivernation de novembre à février

La durée de ces périodes est influencée par les conditions climatiques locales.

Voir également à ce sujet :
  • La fiche espèce de la Cistude d’Europe dans notre centre de ressources
  • Le formulaire de saisie d’observation de tortue dans Baznat, notre base de données naturalistes
  • Les pages consacrées à la Cistude sur le site du CPIE Pays Gersois

Ce programme reçoit le soutien de :