Val Tolosa : la loi sur la protection des espèces piétinée !

Connaissez-vous le projet « Val Tolosa », anciennement « Portes de Gascogne » ? C’est un projet d’énorme centre commercial sur la commune de Plaisance-du-Touch, par le promoteur Unibail-Rodamco. Certains n’hésitent pas à parler de centre commercial « à l’américaine », avec 2 hypermarchés, une galerie marchande de plus de 150 enseignes, une quinzaine de restaurants et 4000 places de parking !

Pour drainer la clientèle, sur cette zone à l’écart des transports en commun en site propre, une nouvelle départementale est même prévue au travers du coteau boisé dominant l’Aussonnelle.

Un collectif citoyen contre ce projet, « NON aux Portes de Gascogne », s’est monté en 2006. Il a depuis mené de nombreuses actions pour montrer son opposition au projet : nombreuses manifestations, dont une qui a reçu le soutien de José Bové, interpellation du porteur de projet, du Conseil Général et du Président de la République, recours juridiques, etc.

Retrouvez la chronologie de ces différentes actions ici.

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A gauche : zone de protection de la flore… A droite : zone de destruction de la flore ! (et de la faune)


De la nature faisons table rase !

Ce sont plus de 40 hectares de terrains naturels qui sont d’ores et déjà détruits ! Ces espaces bénéficiant d’une gestion extensive depuis de longues années abritaient, aux portes de la ville, des espèces telles que œdicnème criard, le hibou moyen duc, le milan noir, le crapaud calamite, la grenouille agile, le lézard vert, le grand capricorne, le sphinx de l’épilobe et de nombreuses espèces de chauves-souris ainsi que 3 espèces de plantes protégées.

Feu vert de l’Etat

Le 29 août 2013, soit 2 jours avant l’entrée en vigueur d’une ordonnance rendant la consultation du public obligatoire, le préfet de Haute-Garonne a publié un arrêté de dérogation permettant la destruction d’espèces protégées. L’annexe 1 détaille les 66 espèces concernées par cet arrêté et les autres annexes précisent les mesures d’évitement, de réduction et de compensation qui vont être mises en œuvre.

La liste des espèces concernées est cependant marquée d’une grossière omission. En ce qui concerne la flore, si le rosier de France (Rosa gallica) est bien pris en compte, 2 autres plantes protégées, la renoncule à feuilles d’ophioglosse (Ranunculus ophioglossifolius) et le trèfle maritime, ou trèfle écailleux (Trifolium maritimum), signalées par le Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées au printemps 2013, ne sont pas mentionnées. Pourtant, le Conseil national de protection de la nature soumettait, le 20 août 2013, un avis favorable à cet arrêté à la prise de mesures spécifiques à ces deux espèces.

Outre cette lacune majeure, nous contestons les dispositions de cet arrêté qui minimise l’enjeu que représente la préservation d’un tel site. Ainsi, Nature Midi-Pyrénées et FNE Midi-Pyrénées ont déposé un recours pour son annulation.

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A gauche, ce qu’il reste du bois de 4000 m², à droite, le site entièrement décapé en quelques jours


Destruction accélérée du site

En quelques jours, la quasi totalité du site à été entièrement détruite, y compris bien entendu des stations des 2 plantes protégées qui ne « bénéficiaient » pas de dérogation. Une plainte sera donc déposée en demandant la remise en état du site.

Contact technique : Mathieu Menand

05.34.31.97.94

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