Accueillir les oiseaux

Conseils et plans de nichoirs et mangeoires pour passereaux

Pourquoi ?

A la campagne comme la ville, les jardins des particuliers peuvent se révéler être de véritables petits havres de biodiversité. Au-delà des côtés agréable et fonctionnel d’un jardin naturel, celui-ci représente un milieu important pour de nombreuses espèces et peut contribuer au maillage vert notamment dans et autour des villes.

Les oiseaux font partie des espèces les plus facilement observables dans nos jardins et ils sont souvent les premiers à visiter les lieux. Bien que leur présence semble « naturelle », de nombreuses espèces trouvent aujourd’hui de moins en moins d’endroits pour nicher et subissent certains effets néfastes de nos activités (pollution, modification du bâti, dérangement voire destruction volontaire).

Chacun d’entre nous peut agir pour apporter un petit coup de pouce à ces espèces et leur offrir gîte et couvert au cœur d’un jardin naturel. En retour, vos petits voisins à plumes vous permettront de belles observations et pourront vous rendre de précieux services notamment en consommant de nombreux insectes et autres invertébrés, vous évitant par la même occasion l’utilisation (à bannir !) de pesticides et divers produits phytosanitaires aux effets ravageurs…

L’installation de nichoirs et de mangeoires constitue un apport intéressant pour plusieurs espèces d’oiseaux à condition de respecter quelques conseils (cf. plus bas). Bien entendu, nichoirs et mangeoires ne sauraient remplacer totalement un habitat préservé et fonctionnel, alors n’hésitez pas à faire de votre jardin un espace de nature accueillant pour une faune et une flore variées.

Connaître

Quelques espèces communes de nos jardins :

Le Rouge-gorge familier
Erithacus rubecula

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Rouge-gorge familier

Immanquable avec sa belle gorge rouge, il n’en reste pas moins prudent et furtif. C’est aussi un sacré petit « bagarreur » qui défend avec vigueur son territoire ! Son chant aux sonorités aqueuses et cristallines se fait entendre avant même le lever du soleil. Il vient aux mangeoires de façon brève. Pour nicher, il préfère les buissons denses (renvoi fiche « une haie pour la biodiversité »). Il peut occuper également de façon occasionnelle les nichoirs semi ouverts (cf plans) si ceux-ci sont installés dans les fourrés à faible hauteur.


La Mésange charbonnière
Parus major

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Mésange charbonnière

Sans doute l’un des hôtes de nos jardins les plus connus. Commune et facilement observable, elle représente un auxiliaire (cf. déf) précieux pour le jardinier en le débarrassant de certaines chenilles qui aiment grignoter les diverses plantations du jardin (arbres, fleurs, légumes). En hiver, elle fréquente communément les mangeoires en compagnie d’autres espèces. Malgré son statut d’espèce « commune », la mésange charbonnière a de plus en plus de mal trouver des logements adéquats. Aussi, l’installation de nichoirs représente pour cette espèce un coup de pouce très intéressant d’autant qu’elle fréquente sans dédain nos fabrications les plus artisanales…


La Mésange bleue
Cyanistes caeruleus

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Mésange bleue

Autre espèce très commune, plus petite que la précédente et aux petits sifflements typiques. Elle fréquente elle aussi de nombreux milieux et s’observe souvent proximité de l’homme dans les parcs et jardins. Tout aussi amatrice de petits invertébrés, elle se nourrit également en hiver de diverses graines et apprécie donc les mangeoires où elle fait preuve d’une grande agilité pour glaner son repas. Les nichoirs fonctionnent également bien pour cette espèce qui préfère un trou d’envol plus réduit que celui de la mésange charbonnière.


Le Merle noir
Turdus merula

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Merle noir

Nettement plus grand que les espèces précédentes, il est lui aussi un hôte bien connu qui aime faire entendre ses vocalises dès les premières heures du jour. La femelle et le jeune sont moins typiques que le mâle au plumage noir profond et au bec jaune orangé. Il fréquente les mangeoires avec prudence. Il préfère nicher dans des haies d’arbustes au feuillage épais et touffu. On l’entend d’ailleurs souvent fouiller la litière bruyamment, dissimulé sous le couvert végétal.


Le Pinson des arbres
Fringilla coloebs

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Pinson des arbres

Bien que plutôt forestier, le pinson ne dédaigne pas les jardins et parcs, même au cœur de la ville pour peu que ceux ci présentent des grands arbres dans lesquels cette espèce aime nicher. Son chant a fait l’objet d’études poussées qui ont montré l’existence de dialectes régionaux ! Il construit son nid souvent une fourche de deux ou trois branches et la façonne avec soin renfort de mousses, lichens et petites plumes duveteuses. Ses mœurs l’incitent ne pas utiliser les nichoirs mais il reste toutefois une des espèces les plus assidues des mangeoires en hiver où il s’empare des graines avec avidité et dans un certain désordre, renversant souvent une partie du contenu de la mangeoire au sol !


Le Rouge-queue noir
Phoenicurus ochruros

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Rouge-queue noir
Mâle

Moins connu que les mésanges ou le Rouge-gorge, il n’en reste pas moins une espèce très courante à proximité de l’Homme. Son chant comprend des sonorités typiques qui le distinguent entre tous. Souvent perché bien en vue l’angle d’une maison ou sur un petit monticule, sa silhouette remuante est facile repérer. La femelle et le jeune sont plus ternes que le mâle mais arborent eux aussi une queue rouge qui vaut son nom à l’espèce. Peu exigeant, il est capable de nicher dans des endroits improbables comme le moyeu d’une roue de tracteur ! Il aime les cavités naturelles et artificielles et s’accommode tout fait d’un nichoir semi- ouvert (cf plans). Il peut fréquenter les mangeoires mais souvent de façon furtive.


La Fauvette à tête noire
Sylvia atricapilla

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Fauvette à tête noire
Mâle chantant

Se faufilant en vitesse à travers les buissons, la Fauvette à tête noire n’offre souvent qu’une observation fugace bien qu’elle soit présente dans la plupart des jardins. Son chant mélodieux au final fluté fait parti du fond sonore audible toute l’année. Le mâle arbore une petite calotte noire alors que femelle et jeune ont le dessus de la tête marron clair. Cette fauvette apprécie particulièrement les haies de buissons denses et épineux où elle construit son nid à l’abri des prédateurs et où elle peut trouver des petites baies dont elle se nourrit. Elle n’occupe donc pas les nichoirs. On peut parfois l’observer autour des mangeoires avant de repartir se cacher dans les buissons.


Dans vos jardins, cherchez aussi : le Chardonneret élégant, le Verdier d’Europe, la Sittelle torchepot, etc. Selon l’endroit où vous habitez et selon les saisons de nombreuses autres espèces peuvent fréquenter votre jardin, ouvrez l’œil !

Agir

Installer un nichoir dans son jardin

Afin d’accueillir les oiseaux dans votre jardin, vous pouvez installer des nichoirs pour diverses espèces. Avant toute installation, quelques petits conseils indispensables :

  • Se souvenir que l’installation de nichoirs reste une proposition faite à la faune qui choisira ou non de les occuper. Cela ne fonctionne pas à tous les coups, parfois il faut attendre un ou deux ans. Pensez aussi à réétudier l’installation de votre nichoir s’il n’est jamais occupé.
  • Installez les nichoirs de préférence dès l’automne ou le début de l’hiver.
  • Utilisez du bois brut non traité et résistant à l’humidité (sapin, aulne, etc.). Évitez également de le poncer pour conserver des aspérités permettant aux oiseaux de s’accrocher.
  • Utilisez des planches de 1,5 à 2 cm d’épaisseur pour garantir une bonne isolation
  • En cas de peinture ou protection contre les intempéries (lasure), utilisez toujours des produits non toxiques (signalé sur l’emballage).
  • Prévoyez un système d’ouverture du nichoir (de préférence par en dessous) afin de pouvoir le nettoyer. Pensez également à percer le fond du nichoir pour permettre l’évacuation de l’eau qui pourrait pénétrer accidentellement à l’intérieur (fortes intempéries).
  • Installez votre nichoir à 2 ou 3 mètres de hauteur de préférence (certaines espèces peuvent nicher toutefois assez bas). Veillez à ce que le nichoir soit suspendu et non accessible par une branche latérale pour éviter l’accès des prédateurs. De même, n’installez aucun perchoir sur votre nichoir.
  • Orientez le trou d’envol à l’opposé des vents dominants, évitez les extrêmes (trop d’ombre ou trop de soleil). De manière générale, une orientation sud-est est assez efficace.
  • Veillez à protéger l’arbre sur lequel vous installez le nichoir (jamais de pointes dans le tronc !). Utilisez du fil de fer et morceaux de bois mort à caler entre le fil et l’écorce pour éviter de l’abîmer. Évitez les arbres cassants et fragiles (peuplier) ainsi que ceux trop humides (hêtre).
  • Dans tous les cas ne dérangez JAMAIS les habitants de votre nichoir. Si vous souhaitez savoir ce qui se passe à l’intérieur, il existe aujourd’hui d’intéressants petits systèmes de webcam qui permettent de suivre la nidification sans causer de dérangement.
  • En cas de doute ou pour tout conseil particulier, n’hésitez pas à faire appel à Nature Midi- Pyrénées ou à une association locale près de chez vous qui pourra vous faire bénéficier de son expérience.
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Installer une mangeoire dans son jardin

Après le gîte, vous pouvez aussi proposer le couvert à vos petits hôtes à plumes en installant des mangeoires. Là encore quelques conseils sont à respecter pour rendre votre jardin attractif et agir efficacement pour la nature :

  • La période d’approvisionnement des mangeoires doit se limiter aux semaines les plus froides de l’hiver ( en gros de décembre à février) durant lesquelles les oiseaux peuvent avoir du mal à trouver de quoi s’alimenter. Il est indispensable de ne pas nourrir les oiseaux en dehors de ces périodes sous peine d’induire des comportements faussés défavorables aux oiseaux. Même si cela peut sembler difficile, il faut cesser le nourrissage dès le mois de mars et laisser les espèces rechercher elles mêmes leur nourriture.
  • Proscrire pain sec et autres restes de notre alimentation qui peuvent causer de grave problèmes chez certaines espèces. Pour la nourriture des passereaux en hiver, graisse, graines et fruits font tout à fait l’affaire.
  • Pensez également à installer votre mangeoire en hauteur et dans un secteur dégagé, à l’abri des prédateurs. Afin d’éviter des concentrations d’oiseaux sur un seul site, vous pouvez proposer plusieurs points de nourrissage, si possible sous diverses formes (mangeoire « standard », boules de graisses, plateau, etc.).
  • Pensez en plus de la nourriture à proposer aux oiseaux des petits points d’eau (abreuvoir et toilette). L’eau étant souvent une ressource difficilement accessible lors des périodes de gel.
  • Afin d’éviter que vos mangeoires ne soient « squattées » que par les étourneaux et les tourterelles, vous pouvez installer de petites boules de mélange graisse/graines suspendues, accessibles essentiellement aux mésanges et à quelques autres petits passereaux. L’autre solution consiste à installer des mangeoires « inversées » accessibles seulement par en-dessous.
  • Les graines de tournesols restent une « valeur sûre » ! Les capitules séchés portant les graines font d’excellentes mangeoires naturelles que vous pouvez parfois récupérer dans les champs et installer dans votre jardin.

Ressources

A lire

  • Livre « Nichoirs et compagnie », B. Bertrand, Ed. du Terran, 2006
  • Livre « La Nature sous son toit » JF Noblet, Delachaux et Niestlé, 2005
  • Livre « les Oiseaux de Midi-Pyrénées » Coll. Les escapades naturalistes de Nature Midi-Pyrénées, 2004
  • Revue la Hulotte, Pierre Déom
  • Livret CPN « Jardin Sauvage »

Sur le web

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