Agrion de Mercure

Coenagrion mercuriale

  • Nom commun : Agrion de Mercure
  • Nom latin : Coenagrion mercuriale
  • Famille : Cœnagrionidae
  • Période d’activité / d’observation : mai à octobre
  • Statut réglementaire : Intégralement protégé au niveau national – Annexe II de la Directive Habitats-Faune-Flore
  • Espèce bénéficiant du Plan National d’Action (PNA) en faveur des odonates

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Pour aller plus loin
  6. Galerie
  7. Cartographie


Descriptif et particularités

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Photo de Mathieu Menand

L’Agrion de Mercure fait partie de ces petits zygoptères bleu d’apparence fragile. D’une longueur d’environ 30 mm, le mâle est annelé de bleu et de noir alors que la femelle est habituellement noire avec un peu de vert sur la tête et le thorax. A première vue l’Agrion de Mercure ressemble beaucoup aux autres espèces d’agrions bleus : Agrion jouvencelle (Cœnagrion puella), Agrion bleuissant (Cœnagrion caerulescens) et Agrion mignon (Cœnagrion scitulum).

Pour le distinguer de ces espèces, il est nécessaire de regarder en détail plusieurs caractéristiques de l’abdomen. Le mâle de l’Agrion de Mercure est surtout reconnaissable au motif dorsal noir sur fond bleu de son deuxième segment abdominal. Ce dessin évoque le symbole du Dieu Mercure, c’est-à-dire une tête surmontée d’un casque ailé (ou à cornes), d’où le nom de l’espèce. Il est important de souligner que la détermination de l’espèce ne peut se faire que sur ce critère. En effet, les dessins noirs du deuxième segment abdominal sont très variables chez les agrions bleus. Il est donc indispensable de compléter l’identification par l’observation des segments 3 à 6. Ceux-ci sont noirs sur environ la moitié de leur surface. De plus le segment 7 a toujours un peu de bleu à la base.

En cas de doute, il est possible d’examiner à l’aide d’une loupe les cercoïdes situés à l’extrémité de l’abdomen. Ils possèdent une dent interne près de la base.

Habitat et écologie

Cette espèce fréquente les eaux courantes de faible importance comme les ruisseaux, les ruisselets, les fossés voire même les suintements et les zones de sources. Les deux critères indispensables à sa présence sont un bon ensoleillement du milieu et une riche végétation aquatique. Généralement en milieu prairial, il est possible de trouver l’Agrion de Mercure au milieu de cultures et jusqu’à 1 600 m d’altitude, du moment que les eaux sont suffisamment claires et bien oxygénées.

La ponte est effectuée dans les végétaux par la femelle seule ou en tandem. Le développement larvaire comprend 12 à 13 mues et dure une vingtaine de mois au sein de la végétation aquatique. De ce fait, l’espèce passe souvent 2 hivers au stade larvaire. Une fois l’émergence accomplie, les adultes occupent la végétation herbacée le long des tronçons ensoleillés favorables à sa reproduction. Ils se nourrissent d’insectes qu’ils chassent en vol au-dessus de l’eau ou dans les milieux riverains (prairies, mégaphorbiaies, friches, etc.). L’Agrion de Mercure n’a pas besoin de grandes surfaces pour se maintenir à condition que des corridors existent pour permettre les échanges entre les individus. Cette espèce se déplace en effet très peu. Les distances parcourues par ces agrions sont généralement inférieure à quelques centaines de mètres.

Répartition en Midi-Pyrénées

L’Agrion de Mercure est présent en Europe de l’ouest et en Afrique du nord. En France, l’espèce occupe la quasi-totalité des départements excepté l’extrême nord du pays.

En Midi-Pyrénées, il est présent dans tous les départements et occupe certainement toute la région hormis les hautes altitudes. Il est susceptible de se trouver dans la majorité des milieux favorables de la région même s’il peut passer inaperçu du fait de ses effectifs réduits et de la discrétion de ses habitats.

En Aveyron, il a été trouvé dans des ruisseaux ouverts en tête de bassin et dans des ruisseaux d’altitude. En Ariège, il a été découvert dans des fossés de drainage de la plaine d’Ariège y compris dans des secteurs de cultures intensives. Dans le Gers, les canaux, les fossés et les petites rivières de plaine sont fréquentés par l’espèce.

Menaces

En Europe, cette espèce est localement commune dans le sud mais en forte régression au nord et à l’est de son aire de répartition. Elle est d’ailleurs considérée comme éteinte ou quasi éteinte dans plusieurs pays européens.

Les populations françaises sont bien disséminées et ponctuellement abondantes notamment dans le sud. C’est pourquoi, l’espèce n’est pas menacée dans le pays.

L’Agrion de Mercure est principalement menacé par la disparition et la dégradation des petits cours d’eau : curages, pollutions, drainages, fermetures des milieux par développement de la végétation et rectifications des cours d’eau. Pour cette espèce très peu mobile, la fragmentation des habitats est également une des menaces majeures, c’est pourquoi il est nécessaire de maintenir des corridors. Les milieux anthropiques comme les fossés et les canaux d’irrigation constituent des milieux de substitution assez favorables.

Pour aller plus loin

Fiche rédigée par Pierre Grisvard
Dernière mise à jour : 06/01/2014

Galerie...