Balade dans la forêt de Boussan

Les Petites Pyrénées présentent une mosaïque de paysages anthropisés, c’est à dire modelés par l’homme et ses activités traditionnelles. Entre champs et collines, la forêt de Boussan est très diversifiée, composée d’un plateau calcaire sec et d’autres versants au sol forestier fertile. Les boisements d’abord très exploités sont ensuite plus anciens. Le parcours permet de comprendre le rôle économique que tient la forêt dans notre société, ainsi que l’importance du mode de gestion pour conserver les potentialités de l’écosystème : ce n’est pas la forêt qui a besoin des forestiers pour vivre, mais le contraire !

Haute-Garonne • 7 km • 2 à 3h • Facile et familial

Situation : Boussan

Parking : Dans le village d’Aurignac

Dénivelé : 350 à 460 mètres

Difficulté : Peu d’ombre sur le plateau

Accès

De Toulouse, emprunter l’autoroute A64 en direction de Tarbes. Prendre la sortie 21, puis la N117 en direction de St Gaudens jusqu’à l’intersection pour Aurignac sur la droite. Traverser Le Frechet, se garer sur le parking de la place principale d’Aurignac, près de la mairie.

Parcours

  • Monter vers l’église (1), continuer sous le porche et tout droit. 200 mètres après, ne ratez pas l’escalier raide sur votre droite qui mène au donjon (2, petit panneau). Empruntez l’escalier en colimaçon, vue époustouflante sur la chaîne et la forêt de Boussan (table d’orientation).
  • Après 600 mètres de descente jusqu’à la sortie du village, prendre à droite vers Boussan, puis à 150 mètres, une petite route sur la droite (3). Suivre les panneaux « sentier du Patrimoine » et « circuit n° 6 ». Sur la gauche, c’est le Ravin des Communaux (4). Sur la droite, la roche affleure et la végétation est très distincte.
  • Vous longez des dolines indiquées par des panneaux. Les arbres sont marqués de rouge pour limiter les lots à couper ou à conserver. A la fin du ravin, gigantesques ajoncs d’Europe, suivre le panneau « Boussan » (5).
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Anémone hépatique
(Hepatica nobilis)
  • Après un passage boisé aux dynamiques plus naturelles, prendre à droite le GR 86 et suivre les balises rouge et blanche (6). On quitte le sentier du Patrimoine. En remontant le versant, le sol est à nouveau calcaire, suivre le GR et les panneaux « Aurignac » revenant au village par le « sentier botanique » (7).
  • On pénètre alors dans une forêt moins exploitée, tantôt chênaie et hêtraie, où quelques panneaux indiquent des essences courantes. A la fin de la descente, passer entre les deux maisons de pierre puis à droite, rejoindre le village par la « Porte de Benque » (8).

Conseil - Partir très tôt le matin, voire à l’aurore, pour avoir une chance d’apercevoir les mammifères de la forêt (sanglier, chevreuil, blaireau…).

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Parcours Aurignac

Ce qu’on peut observer…

  1. Dès les premiers bosquets, voici des châtaigniers jadis cultivés en taillis sous futaie : la souche était coupée et les rejets, aujourd’hui énormes de par l’abandon de la pratique, fournissaient le bois de chauffe.

  2. Dans le Ravin des Communaux, la chênaie est clairsemée. Le taillis (noisetiers) est exploité pour le bois de chauffe et le papier, et les chênes sur pied pour la menuiserie.

  3. Sur la droite du chemin, la roche affleure, la végétation est composée de bruyères, de genévriers et de buissons divers sur ces anciennes prairies d’élevage. De petits chênes tordus grandissent lentement et s’adaptent au milieu. Laissée à sa dynamique naturelle, la forêt se reconstituera peu à peu grâce à la décomposition des feuilles en humus.

  4. Remarquez les crêtes liégeuses que l’Orme champêtre développe sur ses rameaux. Traces et crottes indiquent la présence d’animaux sur le chemin : renards, chevreuils, sangliers et de nombreux mustélidés (fouines, belettes). Dans cette partie de la forêt, vous pourrez observer ou entendre plusieurs espèces de pics : le Pic noir, grand et entièrement sombre, le Pic mar qui possède un cri nasillard et sonore, très semblable au Pic épeiche également présent ici. La tête beaucoup plus claire, sans partie sombre, peut vous aider à le déterminer. Le Pic vert est plutôt présent dans la première partie de la balade, préférant quant à lui les zones plus dégagées.

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    Pic épeiche
    (Dendrocopos major)
  6. De vieux bouleaux couchés, des châtaigniers déracinés… Là où l’homme laisse la forêt reprendre ses droits, micro-habitats et bois mort sont présents, favorisant la biodiversité : cavités, perchoirs, supports de nids, formation d’humus par des invertébrés et des champignons.

  7. Plus loin, des coupes rases imposent une régénération lente, laissent la terre à nu et appauvrissent le sol.

  8. Vieux hêtres et charmes se ressemblent, mais les feuilles des charmes sont dentées et celles des hêtres ont des petits poils dessous. Dans la descente, un énorme chêne a été taillé « en têtard » pour le bois de chauffe : tous les 5 à 7 ans, ses branches ont été coupées à mi tronc sauf une, le « tire sève ». Les plaies, une fois refermées, forment une grosse boule lui devant cette appellation. Une tradition ancestrale qui transforme le port naturel de l’arbre.

Milieux traversés

Forêt, Plateau calcaire

Oiseaux

Oiseaux forestiers dont : Pic noir, Pic mar, Pic épeiche, Pic vert

Plantes

Houx, Charme, Hêtre, Erable, Alisier, Chêne pédonculé, Chêne sessile, Chêne pubescent, Châtaignier, champêtre, Orme champêtre, Robinier faux acacia, Bouleau, Noisetier, Genévrier, Clématite, Ajonc d’Europe, Genêt à balai, Bruyère, Fragon, Mousses