Balade nature à Goyrans

Journée Mondiale des Zones Humides

Balade nature à Goyrans, aux portes de la Réserve naturelle régionale Confluence Garonne-Ariège

Dimanche 21 février, début de matinée, Goyrans

Nous sommes à dix kilomètres au sud de Toulouse, à près de 270 m d’altitude, entre Ariège et coteaux. Vue à couper le souffle sur les Pyrénées. Une mésange charbonnière chante tout près. Un pic tambourine à peine plus loin. Peu à peu, un groupe se forme devant la mairie. Une quarantaine de personnes a répondu présent à l’invitation des associations Nature Midi-Pyrénées et Confluences Garonne-Ariège.

Au programme : Balade nature vers le ramier de Goyrans, dans le cadre de la Journée Mondiale des Zones Humides. Après les présentations, le groupe se met en marche dans les pas de Mickaël Nicolas, chargé de la vie associative à Nature Midi-Pyrénées. Tout juste sorti du cœur de village, l’animateur déplie la carte du territoire de la Réserve Naturelle Régionale Confluence Garonne-Ariège, créée en juin 2015. Elle s’étend sur le corridor garonnais de Pinsaguel au sud de Toulouse et sur celui de l’Ariège du Vernet à la confluence. Quelques portions du territoire avoisinant sont également classées. C’est le cas des coteaux de Goyrans.

Le groupe s’engage sur un beau chemin bordé d’alignements de tilleuls et de robiniers, de champs cultivés et de quelques habitations. Le milieu est ici fortement anthropisé. L’occasion de souligner que la Réserve se situe dans un environnement péri-urbain prononcé.

Peu avant l’intersection de Bugat, en direction de la fontaine Saint-Jean-Baptiste, un vieil abreuvoir se présente. Rien de naturel, en apparence. Mais Mickaël a tôt fait d’en repérer les habitants : larve de libellule, triton palmé, jeune salamandre, limnée et phrygane. Les questions ne se font pas attendre. Différences entre triton et salamandre ? Durées de vie ? Modes de reproduction ? Photos et autres outils à l’appui, le guide répond. Il conclue : tant de biodiversité dans un si petit plan d’eau ! La halte terminée, on se remet en chemin. Celui-ci nous amène en lisière de coteaux. Ici, l’atmosphère y est plus sèche. Une végétation adaptée s’y donne à voir : genêt à balais, nerprun, etc. Puis, en s’approchant de l’Ariège, la piste se fait boueuse. Idéal pour rechercher les empreintes d’animaux ! Les doigts pointent les traces. « Et ça, c’est quoi ? » Il est temps pour Mickaël de sortir la clé de détermination des empreintes de mammifères. Ici, c’est la marque du sanglier, avec les gardes bien marquées. Non loin, on hésite entre un chien ou un renard. Là, pas de doute, c’est le blaireau, à côté le chevreuil. On relève la tête. Le ramier est à quelques mètres. En dehors de la Réserve. Le lieu n’en conserve pas moins son intérêt écologique, que l’animateur fait découvrir à l’aide de posters sur l’écosystème fluvial et l’importance des forêts en zone humide. Le rôle de la ripisylve, la morphologie des coteaux et le méandre formé par la rivière… tout s’explique !

Le sol est ici bien irrégulier. Trace des anciennes gravières. Celles-ci ont souvent laissé la place à des zones humides. Ces évolutions intéressent la Réserve et ses partenaires qui ont mis en place un observatoire photographique participatif des paysages fluviaux. Photos sorties du sac, le public peut comparer les vues de Portet-sur-Garonne, Lacroix-Falgarde, Clermont-le-Fort ou Goyrans au début du XXe siècle et dans les années 2000. La remontée vers le village permet quelques coups d’œil à la flore locale : ficaire, muscari, cresson des fontaines, lathrée clandestine… ; peuplier, frêne, saule… En haut, une collation attendait les marcheurs, de même que l’exposition « Confluences, entre regards et paysages ». Celle-ci s’installe à la Mairie de Goyrans jusqu’au 11 mars.

Rédigé par Nathan Signoles, bénévole, 22 février 2016.

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