« Bon alors ça en est où le projet de carrière ? »

De nouveaux éléments invalidant le projet de réouverture de carrière de Bédeilhac ont été émis lors de l’enquête publique sur le SCOT de l’Ariège. De quoi alimenter le rapport du commissaire enquêteur, qui vient de demander un délai supplémentaire pour déposer son rapport, qu’il annonce pour la mi-février.

Le 23 janvier dernier, l’association les Gardiens du Calamès nous informaient que la Commission d’enquête publique a clôturé son enquête relative au Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) de l’Ariège en déposant son rapport et son avis final courant décembre 2014. Un rapport qui « disqualifie le projet Denjean Ariège Granulats » de réouverture de la carrière de Bédeilhac selon les Gardiens du Calamès.

Dans son rapport, la commission d’enquête a proposé la modification de la prescription 18 du SCOT relative aux carrières : « prescrire une distance minimale entre le site d’exploitation où des mines seront tirées, dégageant des quantités importantes de poussières, et les secteurs urbanisés apparaît, par exemple, comme indispensable. D’autre part, limiter l’impact sur le tourisme à l’aspect paysager ne peut suffire à garantir un “impact limité et maîtrisé” sur ce secteur économique. Il conviendrait donc que l’étude d’impact porte également sur les activités sportives et touristiques susceptibles de pâtir d’autres nuisances que paysagères, surtout sur un territoire où la présence et la pérennité de ces activités représentent un atout majeur. » Ces dispositions ont été actées par le président du SCOT lors de l’enquête publique.

Concernant le transport de matériaux, la Commission retient que « Le poids de la raison fait que sur ce chapitre, la demande de matériaux étant durablement en régression et les flux de camions ou de trains ne pouvant s’optimiser davantage, il est inutile d’exploiter pour les 20 ans à venir de nouveaux gisements. C’est donc sans entrer dans les prérogatives de l’Etat, que la commission d’enquête pour des raisons d’équilibres économiques des entreprises présentes sur ce territoire et afin de conserver l’optimisation minimisant les flux routiers et en particulier ceux vers Toulouse dont la mitoyenneté de Saverdun épargne l’Ariège, est défavorable à l’ouverture de nouveaux sites créant des flux en transit sur la totalité de l’axe traversant du SCoT. »

Rappelant l’obligation inscrite au Plan Départemental des Carrières d’évacuer 50% des matériaux à longue distance par fer à compter du 31/12/2014, la Commission indique que « En ce qui concerne ce fret sortant du département, la commission d’enquête constate que les exportations n’empruntent actuellement le réseau routier départemental que sur quelques kilomètres et cela sans traverser de villages. Ouvrir une exploitation au Sud du territoire du SCoT éloigne la ressource de près de 45 kilomètres de la limite départementale en renchérissant un prix de transport qui n’est pas accessible au marché. Un transbordement vers le fer à Tarascon est impossible au regard du retour d’expérience de telles manutentions qui génèrent des flux de camions parasites, des poussières lors du transbordement et une pollution sonore importante. Ces points disqualifient Bédeilhac et brouillent la lisibilité d’un tel dossier quant à ses objectifs. »

L’Association Les Gardiens du Calamès se réjouit de voir que ses inquiétudes ont été comprises, et analysées par la Commission d’enquête publique.

Par le schéma ci-dessous, ils nous indiquent où en est le projet de carrière, en suivant le schéma de la procédure d’autorisation des installations classées.

Retrouvez les actualités liées à ce projet sur leur site : Les Gardiens du Calamès


Documents...