Busard cendré

Circus pygargus

Nom commun : Busard cendré
Nom latin : Circus pygargus
Famille : Accipitridés
Période d’activité / d’observation : Avril à août
Statut réglementaire : Espèce protégée

Descriptif et particularités

Rapace de taille moyenne au corps élancé. Queue assez longue, grandes ailes étroites et effilées. Le mâle est gris cendré avec l’extrémité des ailes noire. Le dessous du corps est strié de rouille et deux barres noires traversent l’aile contre une seule sur la partie supérieure. La femelle est brune dessus avec une tâche blanche au croupion, bien visible en vol. le dessous du corps est brun clair, tacheté et barré de brun-noir. Le jeune est similaire à la femelle, plus sombre dessus et roux vif dessous. Les individus mélaniques sont fréquents.

  • Longueur totale : 42 – 47 cm
  • Envergure : 1,05 à 1,15 m
  • Poids : 230 – 305 g (mâle) ; 320 – 445 g (femelle)
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Busard cendré
(Circus pygargus)
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Le grand spectacle chez tous les busards est le passage de proie. Celui-ci s’effectue au vol pendant les parades, l’incubation et le début de l’élevage des jeunes. Le mâle arrive avec une proie, la femelle s’envole du nid et vient à sa rencontre. Le mâle lâche la proie à la femelle qu’elle attrape en se retournant et revient au nid ou sur un reposoir pour « travailler » sa proie.

Habitat et écologie

Le Busard cendré fréquente des zones ouvertes, composées essentiellement de landes, marais, prairies et cultures. Il niche au sol et a besoin pour s’installer, d’un couvert herbeux dense d’au moins 30 cm de hauteur. Depuis un siècle, l’espèce a vu son biotope d’origine disparaître et a dû s’adapter à la nidification dans les prairies humides ou dans les cultures, ce qui l’a rendu tributaire de l’impact de l’homme sur les milieux naturels et les surfaces agricoles. Ce dernier type de milieu abrite prés de 70% des effectifs de la population française. Ces différents habitats servent de territoire de chasse mais surtout de sites de nidification. Le Busard cendré se nourrit principalement de rongeurs (campagnols, mulots…) et surtout de campagnols des champs (Microtus arvalis). Il consomme également des insectes et notamment des orthoptères comme la Grande Sauterelle Verte (Tettigonia viridissima), mais aussi de jeunes oiseaux.

Répartition en Midi-Pyrénées

Présent dans tous types de milieux ouverts et semi-ouverts, les busards figuraient parmi les rapaces les plus communs en France jusqu’à la première moitié du XXème siècle. La régression catastrophique qui a affecté ces oiseaux au cours des trois décennies suivantes a de multiples origines. Ainsi à l’instar de nombreuses autres espèces, le tir a causé la perte de plusieurs milliers d’oiseaux. En un siècle, on estime que la population a été divisée par 1000. Il a fallu attendre 1976 pour que les busards soient protégés par la Loi. Malheureusement, le braconnage a persisté et perdure encore dans de nombreuses régions. A l’heure actuelle, le France abrite entre 2500 et 5000 couples de Busards cendrés. Cet effectif est soumis à de fortes variations annuelles, principalement liées aux densités de micro-mammifères.

En Midi-Pyrénées, l’espèce est très localisée et en nette diminution. Les anciens noyaux de populations d e l’Ariège, de la Haute-Garonne et de la partie sud du Tarn ont presque disparu. Seules, quelques populations existent encore dans le nord du Tarn et dans l’Aveyron, ailleurs ce sont surtout des installations ponctuelles souvent sans lendemain.

Menaces

Le développement des réseaux routiers, la mécanisation toujours plus poussée de l’agriculture (remembrement, arrachage des haies…), imposent à la faune sauvage de se retrancher dans des habitats de plus en plus appauvris et morcelés. L’utilisation massive de produits phytosanitaires et insecticides a également accéléré cette disparition, en particulier au cours des années 1960 et 1970. Par un phénomène de bio-accumulation, les busards, situés en fin de chaîne alimentaire, absorbent les molécules chimiques ingérées par leurs proies, elles-mêmes contaminées par les graines et végétaux traités pour les besoins actuels de l’agriculture. Aujourd’hui, la principale menace affectant les busards demeure la destruction des habitats naturels utilisés pour la recherche de proies et de pour la reproduction. Les transformations économiques et culturelles de la seconde moitié du 20ème siècle ont rapidement métamorphosé le paysage rural français. Les zones de cultures ayant progressivement remplacé les habitats originels, les busards, et notamment les plus fragiles, les Busards Cendrés, n’ont eu d’autres choix que de s’installer dans les parcelles céréalières. Selon les régions et les années, entre 40 et 100% des nichées sont détruites par les moissonneuses.

Fiche rédigée par le groupe ornithologique de Nature Midi-Pyrénées