Calotriton des Pyrénées

  • Nom commun : Calotriton des Pyrénées
  • Nom latin : Calotriton asper
  • Famille : Salamandridae
  • Période d’activité / d’observation : mars à décembre
  • Statut réglementaire : intégralement protégé (article 2 de l’Arrêté du 19 novembre 2007

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie
  6. Cartographie


Descriptif et particularités

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Calotriton des Pyrénées (© Claudine Delmas)

Longtemps classé dans le genre Euproctus, le Calotriton des Pyrénées est maintenant classé sous le genre Calotriton. Aujourd’hui, cet ancien classement a laissé ses traces et le calotriton est encore souvent appelé Euprocte des Pyrénées. A l’état adulte, cet urodèle est de taille moyenne puisqu’il mesure généralement entre 10 et 16 cm. L’aspect général de son corps est plutôt élancé et aplati, et son museau est tronqué en forme de biseau (vue de profil). La peau dorsale de ce calotriton est pustuleuse, hérissée de pointes noires cornées parfois appelées spinulosités. La couleur générale du corps est majoritairement grisâtre, brunâtre ou rarement noirâtre, à l’exception de la bande médiodorsale jaune et du ventre orangé. Cette bande médiodorsale est souvent discontinue et a tendance à s’estomper avec l’âge. Un dimorphisme sexuel existe chez cette espèce : le mâle possède un ventre jaune à orangé tacheté de noir ou gris, alors que la femelle ne possède pas de tâche sur son ventre orangé à rougeâtre.

Habitat et écologie

Le Calotriton des Pyrénées occupe les ruisseaux et lacs bien oxygénés et frais où il passe la majorité de l’année (avril à décembre à basse altitude et plutôt juillet à fin septembre à haute altitude). On le retrouve dès 140 mètres sur le versant espagnol contre localement 250 mètres sur le versant français. Toutefois, si cet urodèle est majoritairement observé dans des ruisseaux épigés (à la surface du sol), il existe tout de même des populations de rivières souterraines comme celle de la grotte du Siech en Ariège. Lors de la phase terrestre (hivernage), le Calotriton des Pyrénées utilise généralement les boisements et milieux rocheux à proximité du cours d’eau. Cet amphibien possède plutôt des meurs nocturnes. La journée, il se réfugie dans des anfractuosités rocheuses ou sous des pierres reposant au fond des cours d’eau occupés. La saison de reproduction arrive dès que les adultes rejoignent le milieu aquatique. Afin de « séduire » les femelles, les mâles effectuent une posture spéciale consistant à relever la queue, formant pratiquement un angle droit avec le corps. Ils peuvent conserver cette position durant plusieurs heures. Ce serait un signal visuel pour les femelles mais aussi olfactif (les mâles sécrétant des phéromones). Quelques jours après l’accouplement, les femelles commencent à pondre sous des pierres ou anfractuosités immergées et généralement dans des eaux peu profondes et à faible courant. Une fois les larves sorties des œufs, elles mettront plus d’un an à terminer leur métamorphose alors que chez les autres urodèles, cette métamorphose dure en moyenne un mois. Le Calotriton des Pyrénées dispose d’un régime alimentaire varié mais néanmoins strictement carnivore. En effet, il consomme des invertébrés aquatiques tels que des mollusques, crustacés ou insectes, mais s’alimente aussi de larves ou œufs d’amphibiens (Salamandre, Alyte accoucheur ou encore Grenouille rousse) y compris ceux de sa propre espèce.

Répartition en Midi-Pyrénées

A l’échelle des Pyrénées, le Calotriton des Pyrénées est présent sur tout le massif, que ce soit du côté espagnol ou français. Ceci dit, les effectifs des nombreuses populations sont très variables. En Midi-Pyrénées, cet urodèle se retrouve dans toute la partie pyrénéenne de la région. Il s’observe dès 400 mètres d’altitude jusqu’à localement plus de 2000 m et ce du mois de mars à octobre.

Menaces

Les salmonidés (Truites, Saumons…) ayant un régime alimentaire similaire à celui des calotritons et, de surcroît, consommant leurs larves, leur introduction ainsi que celle d’espèces allochtones dans les cours d’eau est à proscrire. Toutefois, la cohabitation poisson/calotriton reste possible dans des cours d’eau possédant des hauts fonds inaccessibles pour les salmonidés. Le réchauffement climatique engendre un changement des caractéristiques du cours d’eau : augmentation des températures et diminution du taux d’oxygène dissout. Ces modifications de l’écosystème peuvent affecter les populations de Calotriton des Pyrénées qui est une espèce typique des cours d’eau frais et bien oxygénés. La modification des paramètres physico-chimiques des cours d’eau par les activités humaines impactent également sur la dynamique des populations de Calotriton des Pyrénées. En effet, les manœuvres d’engins forestiers, les ruissellements depuis des parkings ou routes de montagnes, et les rejets d’eaux usées peuvent provoquer des apports de boues, d’hydrocarbures, de détergents ou encore de sels de déneigement. De plus, une trop forte pression de pâturage aux abords d’un cours d’eau peut entraîner une eutrophisation du milieu et des piétinements importants du cours d’eau. Les aménagements hydroélectriques tels que les barrages engendrent une modification du régime hydrique en provoquant des alternances de débit, modifiant ainsi les conditions du cours d’eau. Les assèchements provoquent des périodes avec peu d’eau et peu de courant entraînant une hausse des températures et une chute du taux d’oxygène dissout. A l’inverse, les lâchers brutaux d’eau sont facteurs de périodes à fort débit, donnant suite à une modification de l’écosystème impactant sur les animaux eux-mêmes et leurs ressources trophiques.
Rédaction Romain Datcharry
Dernière mise à jour : 26/04/2014

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