Castor d’Eurasie

Castor fiber

Indices de présence du Castor

Nom commun : Castor d’Eurasie, Castor d’Europe ou Castor commun
Nom latin : Castor fiber
Famille :  : Castoridae – Ordre des Rongeurs
Période d’activité / d’observation : crépusculaire à nocturne, peut-être observé assez tôt en soirée au printemps et en été.
Statut réglementaire : espèce protégée en France, Préoccupation mineure (LC) aux niveaux mondial et français, espèce déterminante ZNIEFF avec critères (Dc) et espèce d’intérêt communautaire au titre de la Directive Habitats (DH2 et DH4).
  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Cartographie

Descriptif et particularités

Le Castor est le plus gros rongeur d’Europe. La tête et le corps sont massifs et ramassés, mais l’animal semble plus fuselé dans l’eau. Le Castor se reconnait aisément lorsqu’elle est visible à sa queue plate et écailleuse. Son pelage est très dense, d’une coloration qui varie du blond au brun. Les indices de présence sont facilement identifiables, il laisse sur les rives des souches d’arbres et arbustes taillées « en crayons », grâce à ses incisives très développées. L’espèce ne peut être confondue, mis à part avec le Ragondin lorsqu’il est dans l’eau. Mais la nage de ces deux espèces est différente : le Castor a une nage coulée (seule la tête émerge) alors que le Ragondin nage en surface (le dos émerge aussi).

Habitat et écologie

Le Castor utilise le milieu aquatique pour se déplacer et trouver refuge, et le milieu terrestre pour s’alimenter. Il affectionne les cours d’eau de faible pente et au fond suffisamment profond pour garantir sa sécurité, ainsi que les plans d’eau associés. Il se nourrit principalement de végétation ligneuse (Saule, Peuplier, Aulne, Frêne…) situés à proximité de l’eau (pas plus de 30 mètres de la rive). Il a un comportement unique puisqu’il abat ces arbres et arbustes et ne laisse que la souche taillée de manière caractéristique. Il consomme ensuite les troncs directement sur place ou sur des placettes d’alimentation (appelées réfectoire) sur des hauts fonds ou sur le rivage. Cette espèce a un impact non négligeable sur la végétation des bords des cours d’eau (création de taillis entretenus régulièrement) et est considéré pour cela comme une espèce « architecte ». Suivant la saison, il peut également consommer des feuilles, des fruits et des herbacées. Le Castor est aussi un bâtisseur qui peut aménager les cours d’eau en fonction de leur typologie. En effet, il peut construire des barrages (très peu en Midi-Pyrénées) afin de retenir l’eau toute l’année sur les rivières et ruisseaux qui s’assècheraient sans aménagement. Les gîtes sont soit des terriers, soit des abris naturels dans la berge, complétés par un amas de branchage. Le Castor s’organise en groupe sociaux composés d’adultes et une ou deux générations de jeunes. Les portées se composent de 2 ou 3 castorins, qui naissent dans le gîte à la fin du printemps. L’émancipation forcée par les parents s’effectue lors du second hiver, les jeunes entament alors une phase plus solitaire et mobile. Les territoires sont délimités par les dépôts de castoreum, une sécrétion musquée à l’odeur très forte (recherché depuis l’Antiquité pour la médecine).

Répartition en Midi-Pyrénées

Le Castor est actuellement présent dans les départements de l’Aveyron et du Tarn, sur la rivière Tarn et ses affluents. Ces populations en Midi-Pyrénées sont issues de deux opérations de réintroduction (l’une dans le Parc National des Cévennes entre 1977 et 1980, l’autre à proximité de Millau en 1988 et 1989). Les deux noyaux issus de ces réintroductions se sont vite retrouvés connectés et ont progressé par bonds dans le bassin versant. Ainsi, en un peu plus de vingt ans, plus de 300km de cours d’eau ont été colonisés en Midi-Pyrénées.

Menaces

A l’origine largement répandu en France, le Castor, espèce peu farouche et facile à capturer, a été exploité autrefois pour sa fourrure, pour sa chair (autorisée pendant le Carême car étant une viande d’eau), ainsi que pour le castoreum utilisé pour la parfumerie et la médecine. C’est ainsi que le Castor a été progressivement éliminé depuis le Moyen-Age, chassé de surcroit pour protéger les digues et les canaux. Seul quelques dizaines d’individus, protégés localement, subsistaient au début du XXème siècle dans la basse vallée du Rhône. Une population viable s’est petit à petit reconstituée et a permis les réintroductions futures. La dynamique naturelle du Castor est actuellement positive mais reste à surveiller. L’espèce bénéficie d’un suivi par l’ONCFS pour accompagner sa colonisation et informer les riverains (quelques constats de dégâts sur les arbres à proximité de l’eau, conseils pour la mise en œuvre de solutions de protection efficaces…). Localement, le Castor d’Eurasie peut-être menacé par l’introduction du Castor canadien (Castor canadensis). Il est aussi important de prendre en compte la mortalité par destruction volontaire ou involontaire dans le cadre de la lutte contre le Ragondin et le Rat musqué. La disparition des ripisylves, l’endiguement et la canalisation des cours d’eau réduisent le nombre d’habitats favorables. Les barrages ou tout autre obstacle constituent un frein à l’expansion de l’espèce.

Fiche rédigée par Julien Albert et Hélène Dupuy – mars 2017

Cartographie


Galerie...