Chevêche d’Athéna

Athene noctua

  • Nom commun : Chevêche d’Athéna
  • Nom latin : Athene noctua
  • Famille : Strigidés
  • Période d’activité / d’observation : Sédentaire, observable toute l’année
  • Statut réglementaire : Espèce protégée, plan national d’action

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie
  6. Cartographie


Descriptif et particularités

Petit rapace nocturne sédentaire, d’une taille modeste 21 à 24 cm de hauteur, d’une envergure d’environ 50cm pour un poids de 180gr. Son plumage est plutôt brunâtre fait de stries, de barres et de taches plus ou moins claires. Cette chouette peut être assez mimétique suivant le milieu qu’elle fréquente. Ne faisant pas partie des hiboux cet oiseau est dépourvu d’aigrette sur la tête. La chevêche est tout en rondeur avec deux yeux jaunes couleur "or" et pupilles noires, d’où son surnom de " chouette aux yeux d’or". A l’arrière de sa tête se dessine deux sourcils larges et blancs plus ou moins marqués selon les individus, ceci est un signe particulier propre à l’espèce. Malgré une activité nocturne, il n’est pas rare de l’observer à toutes heures de la journée. Elle peut se cacher dans un résineux et y rester des heures à l’affût dans l’après-midi ou bien prendre un bain de soleil dans la matinée sur un arbre têtard.

Habitat et écologie

En Europe, c’est une espèce assez bien représentée dans tous les pays Méditerranéens. En France, sa répartition peut être variable d’une région à une autre. Elle est absente notamment en montagne et dans les bois et forêts qu’elle n’apprécie pas. Originaire des pays latins, ce petit rapace nocturne affectionne les milieux ouverts plus ou moins secs jusqu’à 1400 m d’altitude sur les hauts plateaux. C’est une espèce cavernicole qui niche dans tous types de cavités, pourvu que l’intérieur soit totalement obscur. Dans les régions où la présence d’arbres têtards était importante, elle nichait à l’intérieur de ces cavités, cet habitat devenant rare, la chevêche s’est adaptée au bâti (sous les toitures et trous de murs en pierres). Sur les causses où les arbres se font rares, elle se contente des tas de pierre que les paysans déposent au coin d’un champ. Bien que cela soit plus rare, il arrive qu’elle niche dans un terrier de lapin ou un tas de bois. Dans certaines régions où les cavités viennent à manquer, elle affectionne particulièrement les nichoirs " dit à chevêche" mis à sa disposition. L’espèce est depuis longtemps liée aux activités agricoles et de préférence l’élevage de bestiaux, ceci est dû à l’exigence de son mode de vie. A savoir un territoire de chasse pour se nourrir (prairies à ovin ou bovin, bords de route, jardins, vergers, espaces à végétation basse…..), et un support de nidification avec de nombreuses cavités (fermes, cabanons agricoles, pigeonniers…). Lorsque ces conditions sont réunies, la chevêche va pouvoir se nourrir de campagnols, musaraignes, lombrics et petits passereaux pour la période hivernale, et ajouter une bonne quantité d’insectes à la belle saison. C’est à ce moment là que la chevêche d’Athéna se met à chanter et progressivement reprend la vigilance de son territoire contre tout intrus étranger de la même espèce. Parades, accouplements, cris vont suivre de février à mi-avril, puis la femelle va ensuite déposer quatre à cinq œufs blanc dans une cavité (sans apporter de matériaux). La période d’incubation peut alors commencer et durera de 25 à 28 jours. Seule la femelle s’occupera de couver les œufs. Les juvéniles seront nourris pendant trois à quatre semaines au nid puis à l’extérieur pendant encore 50 jours environs. Au bout de cette période ils apprennent très vite à chasser avec leurs parents. Les mois de septembre et octobre sont les jours où les jeunes acquièrent leur indépendance. La chevêche d’Athéna fonctionne en noyaux de population selon les habitats et le support de nidification. Dans certain village ou hameaux les couples peuvent être distants de 300 à 400 mètre. En plaine ou les fermes sont distantes de plusieurs kilomètres, les populations sont plus isolées les unes des autres.

Répartition en Midi-Pyrénées

Notre région reste favorable à cette espèce, une des raisons principales est que les huit départements maintiennent une activité agricole bien présente dont la chouette chevêche profite. Mais il existe tout de même une certaine discontinuité sur la région qui peut être due aux grandes surfaces boisées (forêts, grands bois, haute montagne), elle est toutefois nicheuse en périphérie de ces dernières entités. Les noyaux de populations peuvent être denses par endroit où l’espèce dispose probablement de nourriture suffisante et assez d’espace pour chasser ainsi que de nombreux bâtis anciens. L’espèce a cependant tendance à diminuer sur certain secteur où la culture du maïs est intensive (plaine de Muret par exemple) ou trop de produits phytosanitaires sont épandus (vignobles du Frontonnais, Gaillacois ou pays Cordais). Sa présence sur la périphérie des grandes villes (Toulouse, Montauban, Castres……) n’est pas surprenante du fait qu’elle se satisfait de moins d’un km² pour survivre. Si les conditions de vie sont réunies la Chevêche d’Athéna peut vivre en ville, quelques cas sont connus en Midi-Pyrénées. Il est très difficile d’estimer les effectifs à l’heure actuelle, mais la nouvelle enquête sur les rapaces nocturnes est en cours et donnera probablement une estimation plus précise en 2017.

Menaces

Les petites populations où les petits noyaux sont distants les uns des autres se fragilisent d’année en année et finissent souvent par disparaître. Un des facteurs alarmant pour cette espèce est la diminution des gros insectes dont elle se nourrit (Sauterelle verte, Coléoptères divers …..) dut à l’épandage de produits phytosanitaires. La perte de l’espace agricole par de nouvelles constructions urbaines (Zones industrielles, lotissements et aménagements divers…..) est un facteur important de raréfaction pour l’espèce. Les sites à proximité de routes passantes deviennent très vulnérables pour toutes les chouettes, et il n’est pas rare de trouver des oiseaux mort aux bords des routes. Pour sa conservation, il est important de maintenir des éléments paysagers dans les espaces agricoles (haies, prairies, landes, friches…) et d’éviter les produits phytosanitaires violents qui détruisent les proies notamment les gros insectes.

Fiche rédigée par Philippe Tirefort