Couleuvre d’Esculape

  • Nom commun : Couleuvre d’Esculape
  • Nom latin : Zamenis longissimus
  • Famille : Colubridae
  • Période d’activité / d’observation : avril à septembre
  • Statut réglementaire : intégralement protégée

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie
  6. Cartographie


Descriptif et particularités

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Couleuvre d’Esculape (© Claudine Delmas)

La Couleuvre d’Esculape est un grand serpent élancé atteignant jusqu’à 150 cm/160 cm (le plus souvent près de 140 cm), à l’écaillure lisse et assez luisante. Pratiquement uniforme, sa robe peut être brune, marron foncé ou beige, discrètement parsemée de petits tirets blancs. Le ventre quant à lui est d’un jaunâtre pâle et homogène.

A l’âge adulte, la Couleuvre d’Esculape peut difficilement être confondue avec les autres espèces de serpents de la région. Cependant les erreurs d’identification sont fréquentes avec les juvéniles, qui portent un collier et passent souvent pour de jeunes Natrix helvetica(autrefois Natrix natrix helvetica, la Couleuvre à collier de chez nous). Toutefois, les dessins de la tête sont caractéristiques et permettent d’éviter toute méprise. On observe ainsi, chez les jeunes Couleuvres d’Esculape, une tache noire sous l’œil, une tache noire allongée en arrière de l’œil ainsi qu’un demi-collier jaune sur la nuque surmonté d’un « V » noir. On note également une différence entre mâles et femelles, ces dernières étant plus imposantes que leurs compagnons du sexe opposé.

Emblème du dieu de la médecine Asclépios de la Grèce antique (puis Esculape à Rome), la Couleuvre d’Esculape était représentée s’enroulant autour de son bâton. Cette figure est aujourd’hui le symbole de la médecine. On la retrouve aussi autour de la coupe d’Hygie, déesse grecque de la santé (Salus chez les romains) qui est actuellement le caducée de la pharmacie.

Habitat et écologie

C’est une espèce qui apprécie les contextes forestiers plutôt frais et peu ensoleillés comme les clairières, les abords de chemins, les talus routiers ou les vallons encaissés et humides. Mais on peut également la rencontrer dans des milieux plus secs et mieux exposés tels que les landes, les alentours des voies ferrées ou encore les lisières de bois. La Couleuvre d’Esculape est essentiellement diurne mais elle peut également, lors de fortes chaleurs estivales, s’activer la nuit.

Même si elle sort de son sommeil hivernal entre fin mars et début avril, les accouplements n’ont lieu qu’après, de mai à juin. Au cours des « préliminaires » amoureux, il arrive souvent que le courtisan saisisse, avec sa gueule, le corps ou la tête de la femelle afin de lui transmettre son affection. Durant l’été (juillet et août), les femelles vont profiter des températures favorables pour pondre. Les jeunes couleuvreaux montreront le bout de leur museau écailleux à la fin de l’été (septembre).

Espèce extrêmement discrète, on la retrouve régulièrement en train de serpenter dans les branches des arbres et arbustes mais aussi sur (ou sous…) les toitures des bâtiments. Elle affectionne tout particulièrement les objets abandonnés au sol, les tas de foin ou de paille et les murs de pierres recouvert de végétation au niveau desquels elle se dissimule, ne laissant entrevoir qu’une partie de son corps.

Les adultes consomment essentiellement des proies "à sang chaud" tels que des micromammifères et de petits passereaux au nid (sous trois formes : adultes, oisillons ou œufs), parfois même des chauves-souris. Elle maintient très efficacement ses proies et les asphyxie par constriction (la plupart du temps) avant de les avaler d’un seul bloc. Les juvéniles, eux, se nourrissent majoritairement de petits lézards.

Le Circaète Jean-le-Blanc est l’un des plus importants prédateurs attitrés de la Couleuvre d’Esculape, mais d’autres rapaces et divers mammifères carnivores la consomment de façon opportuniste. Si elle se sent en danger, elle préfère rester immobile plutôt que de fuir. Menacée, elle peut mordre mais choisira, le plus souvent, de libérer le contenu malodorant de son ampoule cloacale.

Répartition en Midi-Pyrénées

Menaces

Du fait de son immobilité face à une menace, on retrouve de nombreux cadavres de cette espèce écrasés sur les routes. Il s’agit d’ailleurs d’une des espèces de serpent les plus sensibles au trafic routier. De plus, la fauche entraine également une grande mortalité chez la Couleuvre d’Esculape. On aperçoit ainsi de nombreux individus morts ou mutilés sur les talus fraichement entretenus, lorsque l’opération a eu lieu à un horaire correspondant à la thermorégulation.
Rédaction Guillaume Sancerry
Dernière mise à jour : 26/04/2014


Vidéo réalisée par l’association Atheris. Plus de vidéos et photos sur les reptiles : www.atheris.earth