Cette nature qui nous dérange

Septembre 2013

Pas un été ne se passe sans que les médias ne se fassent l’écho d’un évènement qui prouve combien l’homme doit faire face à une nature hostile. La liste des accusés est certes généralement très courte, mais on peut toujours y puiser avec bonheur. Il y a les valeurs sûres comme l’ours (Slovène de préférence) ou le vautour (dont on oublie bien vite son rôle inestimable d’éboueur), les petits nouveaux au premier rang desquels le désormais incontournable frelon asiatique s’attaquant au symbole que représente notre abeille domestique et le moustique tigre (avec un nom comme ça de toute façon…) ou les plus épisodiques comme la vipère. Chacun son rôle de grand méchant loup pour nous inciter à rester vigilant face à cette nature qui nous menace. Et de fait, à chaque fois, des voix s’élèvent pour demander à ce que l’on puisse intervenir davantage pour la maîtriser, la gérer, la réguler.

« En finir avec la Nature », comme le titrait François Terrasson dans un de ses ouvrages, ce n’est pas forcément la détruire, mais la dominer. L’idée d’une nature asservie est encore un leitmotiv pour beaucoup, soit par conviction, soit pour asseoir une semblant de puissance.

Eh bien oui, la nature a ses « lois » qui ne sont pas celles de notre société bien policée. Pour les accepter, la première et nécessaire étape est celle de leur compréhension, la deuxième celle de la persuasion. Nous sommes les indispensables acteurs de ces deux étapes ; de notre efficacité à mener cette mission dépend (un peu) la préservation d’une nature sauvage et libre.

Jérôme Calas
Président de Nature Midi-Pyrénées
Septembre 2013

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