Forêts montagnardes

  1. Présentation du milieu
  2. Accès aux fiches espèces des forêts montagnardes

Présentation du milieu

L’étage montagnard, dans les Pyrénées, s’étend sur une gamme altitudinale assez large, grosso modo entre 500 m et 1500 m en versant Nord. Ces chiffres sont un peu plus élevés en versant Sud, plus exposé, où les conditions sont plus sèches à altitude égale. Il peut par contre descendre localement plus bas, dans des situations particulières de confinement (vallons très encaissés).

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Hêtraies des Pyrénées (sombre avec tapis de feuilles, et hêtraie-sapinière humide)
Photos : M. Menand

L’arbre le plus caractéristique des forêts de l’étage montagnard est le hêtre commun (Fagus sylvatica). A cet étage de végétation, c’est très souvent l’arbre dominant, et il peut même former localement des boisements purs.

En effet, le hêtre, qui peut atteindre 40 mètres de haut, est une essence qui apprécie un taux d’humidité ambiant marqué (pluies, brouillards). Il convient de noter que malgré cette humidité, le sol dans la hêtraie est généralement assez sec, du fait de sa faible capacité de rétention d’eau (pentes relativement marquées, sol souvent superficiel et rocheux).

Il est généralement accompagné par le sapin pectiné (Abies alba), qui peut localement être dominant, et parfois par l’épicéa commun (Picea abies), non indigène dans notre région, et issu de cultures en grand.

La hêtraie est une forêt assez sombre, du fait du feuillage dense du hêtre. Les sous-bois de ce type de boisement sont souvent recouverts d’un tapis de feuilles mortes, qui se décomposent très lentement, étant données les conditions particulières qui y règnent : fort ombrage, relative sécheresse du sol notamment, parfois forte acidité.

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Hêtraies quasiment pures du Sidobre et de la Viadène
Photos : M. Menand

La flore est ainsi souvent pauvre dans les secteurs les plus denses en hêtres. Elle est par contre beaucoup plus riche au sein de formations claires et plus humides, par exemple sur des zones de plateaux, ou encore localement au niveau de lisières et de clairières. De nombreux paramètres (substrat calcaire ou acide, pente, présence de blocs rocheux…) participent au développement de faciès diversifiés.

Bien sûr, les limites des hêtraies ne sont pas toujours nettes. Nous pouvons notamment le voir entre l’étage montagnard supérieur et l’étage subalpin inférieur, où le hêtre est de plus en plus disséminé, et il est vite remplacé par les bouleaux et le sorbier des oiseleurs. Ces boulaies, qui sont plus ouvertes, peuvent être très riches, associées à des mégaphorbiaies subalpines. Il peut également entrer en contact avec les pinèdes à crochets, plus en altitude, ainsi que les formations à pins sylvestres en versant Sud (rare dans la région). Dans les étages plus bas, la hêtraie est souvent mélangée avec les forêts de ravins (caractérisées par plusieurs essences d’érables et de tilleuls) et les chênaies-charmaies, souvent au bord de petits cours d’eau.

Les formations les plus répandues dans la région sont les hêtraies atlantiques acidiphiles (Pyrénées et leur piémont, Montagne Noire, Monts de Lacaune, Haut-Languedoc, Ségala lotois, Aubrac et Viadène). Elles sont souvent pures, denses, avec une flore assez pauvre, et la présence du houx en strate arbustive.

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Hêtraie basse calcicole des Grands Causses
Photo : M. Menand

Sur des sols plus riches et moins acides, en condition très humide, la hêtraie-sapinière peut offrir une diversité floristique très importante (incluant des orchidées parasites rares), dans les Pyrénées notamment. Elles peuvent être le lieu de floraisons vernales spectaculaires (scille lis-jacinthe, anémones, cardamines), en compagnie de nombreuses fougères.

Dans les Causses de l’Aveyron et localement dans les Pyrénées, des hêtraies calcicoles présentent une végétation différente, dans des situations fraîches (exposition, altitude, confinement) mais sur des sols relativement secs. Nous pouvons même retrouver dans ces boisements des espèces des chênaies pubescentes ou des pinèdes sylvestres.

Texte rédigé par Mathieu Menand
Dernière mise à jour : 13/01/2014

Accès aux fiches espèces des forêts montagnardes

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Barbe-de-bouc
Aruncus dioicus
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Blechnum en épi
Blechnum spicant
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Cardamine à sept folioles
Cardamine heptaphylla
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Cérinthe des Pyrénées
Cerinthe glabra
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Epicéa commun
Picea abies
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Epipogon sans feuilles
Epipogium aphyllum
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Erythrone dent-de-chien
Erythronium dens-canis
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Gaillet odorant
Galium odoratum
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Géranium brun
Geranium phaeum
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Gesse d’Espagne
Lathyrus occidentalis subsp. hispanicus
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Groseillier des rochers
Ribes petraeum
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Hépatique à 3 lobes
Hepatica nobilis
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Hêtre commun
Fagus sylvatica
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Houx
Ilex aquifolium
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Impatiente ne-me-touchez-pas
Impatiens noli-tangere
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Luzule des bois
Luzula sylvatica
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Maïanthème à 2 feuilles
Maianthemum bifolium
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Monotrope suce-pin
Monotropa hypopitys
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Myrtille
Vaccinium myrtillus
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Orchis mâle
Orchis mascula
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Oxalis petite oseille
Oxalis acetosella
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Parisette à quatre feuilles
Paris quadrifolia
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Pavot jaune
Meconopsis cambrica
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Petite pyrole
Pyrola minor
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Pin sylvestre
Pinus sylvestris
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Prénanthe pourpre
Prenanthes purpurea
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Racine-de-Corail
Corallorhiza trifida
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Raiponce des Pyrénées
Phyteuma pyrenaicum
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Sapin pectiné
Abies alba
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Saxifrage hirsute
Saxifraga hirsuta
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Scille lis-jacinthe
Scilla lilio-hyacinthus
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Sorbier des oiseleurs
Sorbus aucuparia