Gestion du sentier pédagogique

La nature attire le grand public dans sa recherche de plein air, son besoin d’exercices et de loisirs. La détente par la promenade, le jogging, la marche, etc., sont des activités de plus en plus pratiquées. Ce sont essentiellement les sentiers et chemins qui favorisent la réalisation de ces diverses activités.

Pour concilier les activités récréatives sur les sites et sensibiliser à la fragilité, rareté et richesse patrimoniale de ces espaces, il est important d’entretenir et de garantir le maintien de certains sentiers. Ces derniers participent donc à la mise en valeur du site et à sa pérennité en protégeant des parties non accessibles par le public. Accueillir le public est aussi une affaire de compromis entre ce que le gestionnaire souhaite transmettre et la demande du public. Il s’agit d’éduquer le visiteur, d’éveiller sa curiosité, de lui procurer des émotions, même si, pour atteindre son but, le gestionnaire doit parfois concéder un peu d’espace pour mieux "sanctuariser" les secteurs les plus sensibles [1]

Le sentier pédagogique du Ramier de Bigorre à Merville (31)

Aucune espèce protégée et dite « sensible » au dérangement n’est présente sur le site du ramier de Bigorre, ce qui a motivé son ouverture au public. Somme toute, ce site reste un milieu vulnérable conformément à l’Arrêté de Protection de Biotope, datant de 1993. Le sentier pédestre du Ramier de Bigorre, a alors été créée en 1987 et est ouvert toute l’année. L’entretien de ce sentier pédagogique fait donc partie de l’action TE06/PI04, figurant dans chaque plan de gestion du site.

Le chemin fait 3 km linéaire, il part du parking et fait tout le tour du Ramier en passant à côté de la Garonne, des bras morts et de la prairie alluviale. Il est constitué de différents éléments pédagogiques à entretenir … Onze panneaux pédagogiques sont installés ainsi qu’un observatoire avec vue sur le bras mort. Malheureusement, l’inondabilité du site ne permet pas l’installation d’aménagements facilitant l’accès à un public à mobilité réduite.

La création de ce chemin de promenade répond aux objectifs suivant :

  • Canaliser le public limitant ainsi le dérangement de la faune ;
  • Limiter le piétinement de la flore ;
  • Limiter le phénomène d’érosion des sols le long des berges ;
  • Améliorer les conditions, la qualité d’accueil du public et de visite en maintenant l’accessibilité et la praticabilité des chemins et sentiers.

Méthodes utilisées et déroulement de l’action :

  • Débroussaillage et broyage de la végétation entre 0,5 et 1m de part et d’autre du sentier (hauteur de coupe 5 à 15 cm).
  • Taille [2] des arbres et arbustes sans agrandissement du sentier et des chemins.
  • Elagage [3] des branches et arbres dangereux menaçant de tomber sur le sentier ou le public. Conservation si possible de totem (arbres coupés à 5 ou 6 m).
  • Pour les sentiers des berges, conservation d’une bande enherbée (fauche 1 fois/an max) traitée de manière différenciée entre la végétation riveraine et le chemin.
  • Les produits de la fauche étant endogènes, ils sont laissés sur place. Conservation en tas, des branches et arbres abattus le long du sentier pour laisser à la faune saproxylique le temps de finir son cycle biologique ; et aux autres organismes de le décomposer.
  • Le chantier fini, le matériel est entretenu (aiguiser la lame de la débroussailleuse, vérifier s’il n’y a pas de branches/cailloux coincés, nettoyage, graissage …).

Période favorable :

Le débroussaillage, fauchage et taille des chemins et sentiers sont réalisés 2 à 3 fois par an maximum, dans l’idéal début printemps, été et automne (cette dernière si nécessaire). L’élagage et l’abattage, se fait généralement à l’automne-hiver, pour des arbres gênant ou pouvant occasionner un danger pour les passants.

L’action chiffré :

Un investissement a été fait pour l’achat d’une débroussailleuse de qualité, environ 700€, notre amortissement a été établis sur 6 ans. Ainsi que l’achat d’un coupe branche entre 30 et 40 € et de sécateur entre 10 et 20 €. Il faut compter 2,5 jours par période d’intervention, pour 1 personne pour maintenir les 3km de chemin. Estimation faite : 1 personne entretien 1,2 km/jour donc au total il est nécessaire d’avoir entre 5 et 7,5 jours/an pour maintenir les 3km de sentier. La chargée de mission qui entretien, a un salaire d’environ 180 €/jour, ce qui fait que l’entretien du sentier représente entre 900 et 1350 €/an. Enfin, 70€/jour est dépensé en frais annexes dans l’entretien du chemin (frais de déplacement et consommable dont essence) soit entre 350 et 525 €/an. Donc sans compter l’investissement de la débroussailleuse, l’entretien de 3km de sentier pédagogique au ramier de Bigorre coute à la collectivité (via le financement de l’Agence de l’Eau Adour Garonne et la Région) approximativement 250 €/jour et entre 1250 et 1875 €/an.

Tableau 1 : Récapitulatif des distances et frais engagés pour plusieurs jours d’entretien d’un sentier pédagogique, exemple du ramier de Bigorre.
Pour 1 personneDistance entretenuSalaireDépense (frais déplacement + consommable)Total
Pour 1 jour 1.2 km 228€ 70€ 298€
Pour 5 jours/an 6 km 1140€ 350€ 1490€
Pour 7,5 jours/an 9 km 1710€ 525€ 2235€

Les chiffres donnés indiquent les couts de financement mais il ne reflète pas les données économiques réels de notre association. En effet, les emplois supports et les frais de structure ne sont pas pris en compte, ce qui reviendrait en cout annuel moyen à 450€ HT.

Actuellement, un seul problème résulte de la présence de ce sentier, c’est la présence de personne avec un/des chiens non tenus en laisse, malgré la présence d’un pictogramme sur le panneau d’accueil. En effet, en période hivernale ceci est toléré mais au printemps-été les gens ne comprennent pas que leurs animaux non tenus en laisse déambulent en dehors du sentier, limite la quiétude et perturbe l’alimentation et la reproduction des animaux.

Pour aller + loin : Fiches Natur’Elus n°5 Espaces verts et d’ornement et n°6 ‘Bords de routes et de chemins’ Nature Midi Pyrénées.

Co-rédaction Rowan Crespin et Nelly


[1] 1]Introduction issue du Cahier Technique en Rhône-Alpes – Accueillir le public dans les espaces naturels

[2] 2]La taille c’est l’ablation partielle ou totale de rameaux ou de branches, en vue de donner ou de conserver au végétal une forme déterminée et de maintenir une croissance suffisante pour assurer le développement de la plante

[3] 3]L’élagage désigne la suppression de branches mortes, ou bien de branches devenues inutiles ou nuisibles au bon développement de l’arbre. Il se distingue de la taille par le fait que l’élagage ne modifie pas la forme générale de l’arbre mais participe seulement à son entretien.)