Gomphe de Graslin

Gomphus graslinii

  • Nom commun : Gomphe de Graslin ou Gomphe à cercoïdes fourchus
  • Nom latin : Gomphus graslinii
  • Famille : Gomphidae
  • Période d’activité / d’observation : fin mai à début septembre
  • Statut réglementaire : Intégralement protégé au niveau national – Annexes II et IV de la Directive Habitats-faune-Flore
  • Espèce bénéficiant du Plan National d’Action (PNA) en faveur des odonates

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Pour aller plus loin
  6. Galerie
  7. Cartographie


Descriptif et particularités

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Photo de Jérôme Calas

Comme toutes les espèces de la famille des gomphidés, le Gomphe de Graslin a les yeux nettement séparés l’un de l’autre. D’une longueur d’environ 50 mm, son corps est jaune avec des marques noires de la tête au bout de l’abdomen. Ses yeux sont généralement bleu vif. Dans la région, cette espèce peut se confondre avec le Gomphe semblable (Gomphus simillimus), le Gomphe vulgaire (Gomphus vulgatissimus) et le Gomphe gentil (Gomphus pulchellus), surtout chez les femelles qui sont plus difficiles à déterminer que les mâles.

Le critère principal pour distinguer cette espèce des autres gomphes est la forme des cercoïdes du mâle. Ceux-ci sont dentés latéralement de manière si prononcée qu’il est possible de remarquer cet aspect fourchu avec les jumelles, d’où son autre nom : Gomphe à cercoïdes fourchus. Sur le thorax, la bande jaune antéhumérale est plus fine que les deux bandes noires qui l’entourent. Ces deux bandes noires se touchent habituellement à l’extrémité. Le dessin jaune situé sur le segment 9 de l’abdomen est en forme de verre à pied. Enfin, les pattes noires sont souvent surlignées de jaune sur les fémurs.

Habitat et écologie

Le Gomphe de Graslin occupe les fleuves et rivières à cours lents et aux eaux claires et bien oxygénées des grandes vallées alluviales de plaine. Les retenues d’eau naturelles et artificielles (exemple : les moulins) semblent également favorables à l’espèce en créant des espaces d’eau calme.

Les femelles pondent en juillet et août à la surface de l’eau, puis les œufs tombent au fond de l’eau ou sur les plantes aquatiques. La période larvaire dure environ 3 ans le temps d’effectuer 12 à 14 mues. Enfouies dans le sable à l’abri des courants violents, les larves chassent les invertébrés aquatiques.

Suite à l’émergence réalisée sur les rochers, le sol ou les plantes, la maturation se déroule durant quelques jours dans les milieux adjacents au cours d’eau : prairies, friches, lisières ensoleillées, etc. Puis les adultes occupent les secteurs de cours d’eau à la recherche de partenaires et de proies. On peut alors les observer posés sur les rochers ou sur la végétation au bord de l’eau.

Répartition en Midi-Pyrénées

Cette espèce est endémique du sud-ouest de la France et de la péninsule ibérique. Elle est limitée à l’est par le Rhône et au nord par le Loir dans la Sarthe.

En Midi-Pyrénées, seuls les départements de l’Ariège et des Hautes-Pyrénées n’hébergent pas le Gomphe de Graslin. Tous les autres départements accueillent l’espèce dans les grands cours d’eau tels que l’Aveyron, le Tarn, le Célé, le Baïse, le Lot, le Viaur et même le canal latéral de la Garonne.

Menaces

Le Gomphe de Graslin est considéré « quasi menacé » à l’échelle européenne et « en danger » à l’échelle méditerranéenne et française. Ces statuts sont en partie dus à sa petite aire de distribution. En Midi-Pyrénées, les populations ne paraissent pas très menacées et sont même localement abondantes. Les principales menaces correspondent aux rectifications des cours d’eau, aux pollutions et à tout type d’aménagement détruisant les micro-habitats favorables au développement larvaire.

Pour aller plus loin

Fiche rédigée par Pierre Grisvard
Dernière mise à jour : 06/01/2014

Galerie...