Grand Cormoran

Phalacrocorax carbo

  • Nom commun : Grand Cormoran
  • Nom latin : Phalacrocorax carbo
  • Famille : Phalacrocoracidae
  • Période d’activité / d’observation : toute l’année. Hivernant régulier en Midi-Pyrénées, certains individus restent durant les mois d’été.
  • Statut réglementaire : Protégé, mais la sous-espèce continentale P.c. sinensis, contribuant la large majorité voire la totalité aux effectifs régionaux, est soumise à des campagnes annuelles de « régulation » (tirs hivernaux) depuis 1995.

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie
  6. Cartographie


Descriptif et particularités

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Taille de l’oiseau : 80 - 100 cm ; Envergure : 130 - 160 cm

De loin, le Grand cormoran adulte apparaît tout noir, pattes, doigts palmés et la longue queue compris. De plus près, on note le dos gris-bronze écailleux noir, et des reflets métalliques bleus et verts ailleurs. La mandibule inférieure jaune est entourée de joues claires et d’un bec gris, crochu et puissant. Les yeux sont verts à turquoise. En période nuptiale, une tâche blanche apparaît près des cuisses. Les juvéniles ont un plumage ventral plus ou moins blanchâtre. Les cormorans volent souvent en formation, alignés ou en « V », cou tendu en avant. En nage, le cou est dressé et le bec relevé, seul le dessus du dos émerge de l’eau. Au repos au bord de l’eau, sur des rochers ou des îlots, le Grand Cormoran s’observe souvent en posture caractéristique, les ailes à moitié déployées. Cette posture semble au moins autant liée à une facilitation de la digestion qu’à un séchage du corps. Contrairement à d’autres espèces, le Grand cormoran présente des plumes à la structure particulière, rendant le plumage partiellement perméable. Cet avantage sous l’eau (flottabilité moindre) induit par contre une moindre isolation thermique et un plumage plus lourd au sortir de l’eau.

Habitat et écologie

Le Grand cormoran se nourrit de poissons et d’invertébrés aquatiques. Il plonge, parfois pendant plus d’une minute, pour capturer sa proie avec le bec. Les poissons sont étourdis à la surface, en étant secoués et lancés en l’air avant d’être avalés.

La sous-espèce continentale, fréquentant à la fois les eaux intérieures et le littoral, niche en colonies au bord de l’eau sur des arbres, plus rarement au sol, ou sur les corniches des falaises côtières. Les noyaux principaux de reproduction se situent au Danemark et aux Pays-Bas. Environ 4% des couples reproducteurs européens nichent dans la moitié nord de la France. En période de migration, les oiseaux se déplacent le long des grands couloirs fluviaux et sont couramment observés dans les régions d’étangs et de marais. En hivernage, tous les types de milieux humides poissonneux sont visités. Les grands cormorans hivernants font preuve d’une mobilité remarquable à l’échelle diurne en explorant les différentes sources de nourriture dans le rayon du dortoir occupé, ainsi qu’à l’échelle intra-saisonnière en changeant le dortoir en fonction des contraintes éventuelles (offre en nourriture, conditions climatiques, dérangements).

Répartition en Midi-Pyrénées

Rare et très irrégulier avant les années 1975, le Grand Cormoran est devenu un hivernant commun en Midi-Pyrénées. Comme à l’échelle nationale, les effectifs régionaux se sont stabilisés depuis le début des années 2000, en atteignant 7500 à 10000 oiseaux environ. Absent en montagne hors individus en migration vers la péninsule ibérique, la distribution du Grand cormoran en plaine est quasi-identique à celle des plans et cours d’eau poissonneux. Le nombre des effectifs départementaux varie entre 2500 à 3000 en Haute-Garonne, un millier dans le Tarn-et-Garonne et le Tarn, et quelques centaines dans les cinq autres départements.

Le retour des oiseaux de leurs sites de nidification s’observe à partir du mois d’août, avec une arrivée prononcée dans la dernière décade d’octobre. Le nombre maximal des effectifs est atteint à la mi-décembre et se maintient jusqu’à fin février. La plupart des hivernants quittent la région vers la mi-mars, avec des départs des attardés jusqu’à fin avril.

Dans la région, l’espèce peut maintenant s’observer toute l’année, certains individus, principalement des immatures, restant sur le corridor garonnais notamment. La présence de quelques adultes laisse présager d’une possible installation à venir, expansion logique du territoire de nidification de l’espèce qui tend toutefois à se stabiliser. A ce jour (2013), toujours aucune preuve de nidification n’est avérée.

Menaces

Le Grand Cormoran a été l’objet de persécutions continues jusqu’à sa protection légale, 1972 en France, 1979 en Europe. Depuis, ses effectifs ont rapidement augmenté et se sont stabilisés dans les années 2000. Dès 1997 en France, des destructions hivernales sur les eaux libres et sur les lieux de pisciculture sont de nouveau autorisées, les quotas annuels atteignant près de la moitié des effectifs (nationaux et régionaux). Ces campagnes de destruction n’ont toutefois aucun impact avéré sur l’évolution des effectifs du Grand Cormoran, les mortalités étant rapidement compensées par un bon taux de reproduction. Contrairement aux idées reçues qui veulent en faire une « espèce invasive », le Grand cormoran témoigne seulement de la capacité de colonisation spontanée de nouveaux territoires par une espèce qui trouve ça et là des milieux correspondant à ses attentes sans pour autant représenter un facteur de déséquilibre dans les écosystèmes où il occupe une niche vacante. La protection réelle de l’espèce passe donc par une information objective sur son écologie - en aucun cas elle présente une menace pour la biodiversité - et par un apprentissage de cohabitation sur les sites où peuvent exister des conflits d’usages qui, dans la grande majorité des cas, n’impactent que sur des loisirs humains.

Fiche rédigée par Carsten Standfuss et Jean Ramière

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