Grue cendrée

Grus grus

  • Nom commun : Grue cendrée
  • Nom latin : Grus grus
  • Famille : Gruidés
  • Période d’activité / d’observation : migratrice régulière et hivernante localisée
  • Statut réglementaire : protégé, préoccupation mineure sur les listes rouges nationale et mondiale

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie
  6. Cartographie


Descriptif et particularités

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Si la Grue cendrée ne fait pas partie de l’avifaune nicheuse de Midi-Pyrénées, le spectacle en novembre d’un vol d’une centaine de grues annoncé à grands coups de grous-grous sonores au dessus de l’agglomération toulousaine ou celui des milliers de grues qui partent au gagnage depuis le lac de Puydarrieux est un spectacle ornithologique local de tout premier plan.

La grue cendrée est un gros oiseau d’environ 1,20m de long, de 2m à 2,40m d’envergure et pesant de 4 à 7 kg. Haute sur patte et munie d’un long cou, elle ne peut être confondue.

Son plumage est gris ardoise avec les rémiges primaires et secondaires noires, le haut du cou, le front et la nuque sont noirs également. Sur le dessus de la tête une tache rouge est constituée d’un morceau de peau nue dont l’éclat augmente avec l’excitation. Le juvénile un peu plus petit a la tête plus terne.

Grâce à une trachée de plus d’1m de long lovée dans le bréchet, la grue adulte peut émettre des cris très sonores audibles à plusieurs kilomètres.

Habitat et écologie

De retour de ses sites d’hivernage en avril, la Grue cendrée se rassemble par milliers sur des haltes où elle va pratiquer des danses spectaculaires par couple ou par 3 ou 4 : sauts, battements d’ailes, poursuites, cris trompétant et premiers accouplements. Puis elle va se disperser dans ses zones de nidification tourbières, marécages, zones humides. Dans un nid au sol la femelle pond 2 œufs couvés par les 2 parents qui éclosent au bout de 4 semaines. Nidifuges, ils quittent rapidement le nid pour suivre les parents à la recherche de nourriture. Ils s’envolent au bout de 2 mois. Dans cette phase, l’alimentation est composée surtout d’insectes, d’escargots, de batraciens, de reptiles et même de micromammifères.

Les couples restent formés pour la vie et les jeunes resteront avec les parents jusqu’au printemps suivant. En octobre les grues se rassemblent et entament leur migration postnuptiale. Cette migration souvent spectaculaire de centaines d’oiseaux volant en V est ponctuée d’étapes où se concentrent parfois plusieurs dizaines de milliers d’individus. Elles hivernent par grandes concentrations également, passant la nuit dans une zone humide tranquille, partant le matin au gagnage par petits vols et rentrant en fin d’après-midi ou le soir. Dans cette phase, l’alimentation est surtout composée de végétaux, particulièrement des grains, maïs par exemple, laissés dans les champs.

Répartition en Midi-Pyrénées

Autrefois nicheuse dans le Sud-ouest la Grue cendrée est aujourd’hui une espèce très rare en France, quelques couples seulement étant installés en Lorraine.

C’est une hivernante régulière dans le sud-ouest de la France et en Espagne particulièrement en Estrémadure. L’axe migratoire régulier traversant la France du Sud-Ouest vers le Nord Est recouvre en partie les Hautes-Pyrénées et le Gers, départements où les observations sont les plus régulières et les plus nombreuses.

L’espèce peut toutefois être observée sur l’ensemble de la région lors des migrations, notamment postnuptiales. Dans les Hautes-Pyrénées, le lac de Puydarrieux constitue le plus important site d’hivernage de l’espèce, regroupant parfois plus de 2000 individus.

Menaces

Malgré un capital sympathie certain, la Grue cendrée n’en demeure pas moins une espèce extrêmement rare en France et menacée par l’atteinte portée aux zones humides où elle s’installe et se nourrit. Les modifications de pratiques agricoles et les dérangements divers (observateurs et photographes peu scrupuleux) comptent également parmi les facteurs impactant également les zones de nourrissage et d’hivernage.

En Midi-Pyrénées, la pérennité des lieux d’hivernage/haltes migratoires régulières, est une priorité même si à l’échelle nationale les effectifs midi-pyrénéens ne représentent qu’une petite proportion de la population hivernante.

Textes et photos Danielle et René Peltier