Hirondelle Des Fenêtres

Delichon urbicum

  • Nom commun : Hirondelle Des Fenêtres
  • Nom latin : Delichon urbicum
  • Famille : Hirundinidés
  • Période d’activité / d’observation : De fin avril à début octobre
  • Statut réglementaire : Protection nationale
  • Statut de conservation :« Vulnérable » (Liste rouge des oiseaux nicheurs de Midi-Pyrénées)

  1. Descriptif, particularités et risques de confusion
  2. Répartition en Midi-Pyrénées
  3. Habitat et écologie
  4. Régime alimentaire
  5. Cycle annuel et reproduction
  6. Menaces et conservation
  7. Conseils du médiateur faune sauvage
  8. Galerie
  9. Cartographie


Descriptif, particularités et risques de confusion

L’Hirondelle des fenêtres est un oiseau dont la tête, le dos, les ailes, et la queue sont bleu-noir métallisé. La face inférieure est entièrement blanche. Le croupion est blanc pur. La queue est moins fourchue que celle de l’Hirondelle rustique et non pourvue de filets. Les pattes et les pieds sont courts et emplumés de blanc. La femelle a en moyenne la gorge moins blanche comparativement au blanc pur observé chez le mâle. Le jeune, au plumage d’un noir de suie, est plus terne que l’adulte. Ses rémiges tertiaires sont liserées de blanc, et ses parties inférieures sont globalement d’un blanc plus sale, avec la gorge grisâtre. La base du bec et la mandibule ont un peu de jaune

Taille de l’oiseau : 13,5-15 cm
Envergure : 26-29 cm
Risques de confusion : Hirondelle de rivage

Répartition et effectifs en Midi-Pyrénées

L’Hirondelle de fenêtre est largement répandue sur le territoire national et régional. En Midi-Pyrénées, des colonies ont investi les maisons et autres bâtiments de nombreux villages et villes. A Toulouse, on la retrouve fréquemment aux abords de la Garonne. Des colonies rupestres sont également observées en Aveyron (Gorges de la Jonte), dans le Lot (Vallée du Célé) et les Hautes-Pyrénées (Cirque de Gavarnie). L’espèce peut aisément se reproduire jusqu’à 1350 m dans l’Aveyron (LPO Aveyron) et jusqu’à 2200 m dans les Pyrénées.

Habitat et écologie

L’Hirondelle de fenêtre niche en colonies à l’extérieur des habitations et des bâtiments, sous les avant-toits, sur les ponts et barrages, … dans les villes et villages. Elle s’acclimate également très bien du milieu montagnard où elle peut nicher à même les parois rocheuses. En dehors de la période de reproduction, ces oiseaux se rassemblent en dortoir dans les arbres, et non dans les roselières comme à l’habitude de le faire l’Hirondelle rustique.

Régime alimentaire

L’Hirondelle de fenêtres est insectivore et c’est une chasseuse de haut vol. Elle chasse à une vingtaine de mètres au-dessus du sol ou d’eau peu profonde où elle capture des insectes de petite taille. Telle une « baleine » des aires elle happe ce « plancton aérien » de son bec grand ouvert. A l’instar de l’Hirondelle rustique, elle s’abreuve aussi en vol : elle recueille l’eau dans son bec en rasant la surface des lacs ou rivières.

Cycle annuel et reproduction

Les Hirondelles de fenêtres sont migratrices et passent l’hiver en Afrique subsaharienne et en Asie du sud-est. Elles migrent en grands vols de plusieurs centaines ou milliers d’oiseaux après la saison de reproduction.

Quand elle revient sur son lieu de nidification, elle installe préférentiellement son nid sur les façades des bâtiments, à l’angle des murs et des toits, mais aussi sur les parois rocheuses des régions inhabitées. Le nid est maçonné par les deux parents avec une fine boue qu’ils se procurent dans les mares et sur les rives d’étangs ou de rivières. Des petites boules de boue sont empilées en couches successives jusqu’à former une coupe avec une entrée étroite au sommet. Son exiguïté permet plus facilement la défense du nid. Il mesure de 12 à 15 cm de diamètre pour une hauteur de 9 à 13 cm. L’intérieur est tapissé d’herbes et d’autres matériaux doux. Cette construction prend environ 2 semaines au couple. La ponte a lieu à partir de début mai. La femelle pond de 3 à 5 œufs d’un blanc pur, que les deux parents couvent pendant 14 jours environ. Les poussins restent au nid pendant trois semaines voire parfois beaucoup plus. Les parents restent à proximité des jeunes jusqu’à l’émancipation complète. Ensuite ceux-ci peuvent rester en colonies pendant encore quelques semaines. L’Hirondelle de fenêtre peut produire 2 couvées par saisons de reproduction.

Menaces et conservation

Les hirondelles bénéficient d’un statut de protection total issu de la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature. Il ne peut être porté atteinte ni aux individus (poussins et adultes), ni à leur nid. Toute personne ne respectant pas cette loi s’expose à de fortes sanctions. En France, la population d’Hirondelles de fenêtres a connu un déclin estimé à 41% (entre 1989 et 2009). En Midi-Pyrénées, aucune tendance ne permet de préciser cette tendance mais des disparitions ou raréfactions locales sont notées dans plusieurs département (Tarn, Haute-Garonne, Gers et Ariège). Les principales causes de ce déclin semblent être la destruction des nids, la boue difficile à trouver en milieu urbain et les nouveaux bâtis peu favorables. De plus, comme pour les Hirondelles rustiques, l’intensification des pratiques agricoles et le réchauffement climatique, qui rend la traversée du Sahara plus longue et dangereuse et qui décale ainsi l’arrivée sur le site de reproduction, s’ajoutent à cette longue liste noire…

Ces menaces multifactorielles impliquent une approche large en terme de préservation de cette espèce. Des opérations locales de protection de colonies sont menées çà et là par des associations et particuliers. Une surveillance accrue de la tendance régionale reste indispensable.

Fiche rédigée par Marie-Odile BARTHOMEUF - AVRIL 2016

« J’ai trouvé un oiseau blessé. »
La première chose à faire et de garder son calme et de le couvrir avec une couverture, une veste, un tissu, … afin de l’immobiliser sans risque. Ensuite, déposez-le dans un carton (pas de cage !) préalablement percé de petites aérations et adapté à sa taille (ni trop grand, ni trop petit), que vous placerez dans un endroit calme et tempéré. Pour finir, contactez rapidement le centre de sauvegarde de la faune sauvage ou l’association naturaliste le plus proche afin d’obtenir des conseils sur les modalités de transport. RAPPELONS que le transport d’espèces sauvages pour toute autre situation que celle-ci est interdit. Et leur conservation chez soi l’est tout autant, même pour quelques jours. L’objectif d’une telle intervention étant de relâcher le plus rapidement possible l’animal dans son milieu.

« J’ai trouvé un oisillon tombé du nid. »
Si l’oisillon est en duvet ou peu emplumé, que son nid est intact et que vous y avez accès, vous pouvez le remettre à l’intérieur. Les oiseaux ayant un odorat beaucoup moins développé que les mammifères par exemple, le fait de toucher le jeune n’aura pas d’impact sur le retour des parents. Si l’oisillon est bien emplumé et qu’il sautille au sol c’est qu’il est presque volant. Dans ce cas vous pouvez simplement le placer en hauteur (branche, haie, …) afin de le mettre à l’abri d’éventuels dangers (chats, routes, …).

« Un oiseaux s’est cogné dans ma baie vitrée. »
Les grandes surfaces vitrées sont en effet de véritables pièges pour les oiseaux qui peuvent les heurter en plein vol. Dans la plupart des cas l’oiseau vit encore, il est juste un peu sonné. Dans une telle situation ramassez la petite victime, déposez-la dans une boîte ou un carton (adapté à la taille de l’oiseau, ni trop grand ni trop petit) muni de trou d’aération et laissez-le reprendre ses esprits dans un endroit calme pendant une petite heure. Dès qu’il aura repris connaissance, relâchez-le à l’extérieur (et loin des vitres !). S’il ne repart pas de lui-même, vous pouvez consulter un centre de soin et de sauvegarde de la faune sauvage. Afin d’éviter ce genre d’événements vous pouvez simplement poser des rideaux, des stores ou encore des stickers qui atténueront la transparence ou l’effet miroir de vos vitres. Pour plus de conseils et de renseignements, vous pouvez contacter l’association par téléphone 0967038407 / 0534319790 ou à l’adresse suivante mediationfaune@naturemp.org

« Les fientes salissent ma façade ! »
Rien de plus simple qu’une planche en bois pour pallier ce léger désagrément. En effet, une planche horizontale soutenue par des équerres, placée à environ 20 cm (voire un peu plus si possible) sous les nids, suffira à stopper les coulures de fientes sur les murs. Cette installation, facile à réaliser à moindre frais devra être mise en œuvre en automne ou en hiver afin de ne pas gêner la reproduction des oiseaux. Un petit nettoyage annuel du système peut être réalisé et/ou la planche démontée après le départ des oiseaux. Mais pensez à la remettre avant leur retour ! Le petit plus : vous pouvez récupérer les fientes, elles feront un très bon engrais.

« J’aimerais accueillir les hirondelles chez moi. »
Des hirondelles nichent chez votre voisin et pas chez vous et vous avez le « bourdon » ? (Ou au contraire vous aimeriez qu’elles nichent ailleurs ? (En vous rappelant qu’il est interdit de déplacer ou dégrader les nids d’espèces protégées !) Il est possible d’installer des nids factices. Ces nids ne seront pas investis directement, comme le serait un nichoir à passereaux, mais vont avoir un effet attractif. Ainsi, nichant généralement en colonie, les Hirondelles de fenêtre pourront être motivées pour venir construire leurs nids à côtés de vos installations. Vous pouvez acheter ces faux nids dans le commerce ou les fabriquer vous-même.

Pour plus d’informations et de conseils n’hésitez pas à consulter http://www.naturemp.org/Proteger-les-hirondelles.html

(Conseils rédigés par Charlotte BRESSON)

Références

http://www.oiseaux.net/oiseaux/hirondelle.de.fenetre.html
http://sylvain.obholtz.free.fr/cariboost_files/hiron.pdf
http://www.oiseaux-birds.com/fiche-hirondelle-fenetre.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hirondelle_de_fen%C3%AAtre
http://www.maison-environnement-franchecomte.fr/migrationhirondelles/pages/especefenetre.html