Homme

Homo sapiens

  • Nom commun : Homme (syn. « Etre humain », « Humain »)
  • Nom latin : Homo sapiens
  • Famille : Hominidae - ordre des Primates (singes)
  • Période d’activité / d’observation : actif et observable toute l’année, non hibernant
  • Statut réglementaire : espèce en théorie intégralement protégée par elle-même, cf. « Déclaration Universelle des Droits de l’Homme »

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Références citées


Descriptif et particularités

L’Homme est le seul primate de Midi-Pyrénées. C’est un singe terrestre bipède, peu velu à glabre, exception faite des aisselles, de la région génitale et de la tête (cette dernière étant couverte de poils spécialisés : les « cheveux »). La taille à l’âge adulte est variable : 1.40 m à 2.00 m environ (extrêmes connus : 0.70 m – 2.70 m) et, en France, la taille moyenne des femelles est de 1.62 m et celle des mâles de 1.75 m. La coloration de la peau varie selon les populations et on observe des teintes allant de blanc-rosé (Europe du nord par ex.) à brun-noir (Afrique ou Inde par ex.). Il en va de même des poils de la tête, crépus à raides. L’albinisme n’est pas rare. La longévité moyenne est de 40 ans à 75 ans en fonction de l’environnement (économique, notamment) (max. connu : 122 ans). La reproduction a lieu toute l’année et la gestation est de 9 mois environ. La croissance est lente et la maturité sexuelle, très tardive, survient autour de la quinzième année.

Le dimorphisme sexuel est assez accusé : les mâles adultes (« hommes » avec un « h » minuscule) présentent en général une pilosité faciale (« barbe »), une taille élevée et des hanches étroites. Chez nombre d’entre eux, la pilosité crânienne (« cheveux », cf. supra) disparaît partiellement (« calvitie ») ; ce phénomène aux fondements hormonaux, est absent chez les femelles et constitue un bon indice d’identité sexuelle. Les femelles adultes (« femmes ») ont la face glabre, leur taille est en moyenne inférieure à celle des mâles et les hanches sont typiquement plus larges. Leurs mamelles (« seins »), au nombre de deux comme chez les autres singes, présentent un volume variable mais sont en général distinctes. Les émissions vocales (« parole », « cri », « chant ») ont un timbre plutôt grave chez les mâles et aigu chez les femelles.

Bien évidemment, comme chez tous les autres animaux, ces caractères sont plus ou moins affirmés selon les individus et les populations.

L’Homme est une espèce remarquablement polymorphe et polytypique : la variabilité inter-individuelle est pratiquement aussi élevée que la variabilité inter-populationnelle. Des études génétiques récentes (Jun Z. Li et collaborateurs 2008) ont montré l’existence de 7 lignées évolutives distinctes au sein d’H. sapiens, dues à de classiques processus biogéographiques (voies de peuplement différentes empruntées depuis l’Afrique, berceau de l’espèce, puis isolement géographique relatif) mais la faible distance observée ne permet pas de désigner de véritables sous-espèces (s’agissant d’orchidées, les implications systématiques et taxinomiques auraient probablement été différentes). De surcroît, la grande mobilité de l’Homme génère d’importants flux géniques qui rendent ces lignées peu aisées à distinguer dans de nombreuses zones (importance de l’intergradation). Signalons en outre que la parenté évolutive encore extrêmement élevée des Chimpanzés (Pan paniscus et Pan troglodytes) et de l’Homme (génome identique à 99% environ) a conduit certains auteurs à proposer que ces singes soient intégrés au genre Homo (Wildman et collaborateurs 2003). Proposer que l’Homme soit intégré au genre Pan eût été moins diplomate…

Habitat et écologie

D’origine tropicale, peu adapté au froid, Homo sapiens présente une tendance troglobie qui tend à s’accentuer sous climats tempérés. Il est donc contraint de bâtir des abris isolés (« maisons ») ou groupés (« immeubles »), un ensemble de maisons étant appelé un « village » et un ensemble d’immeubles une « ville ». Dans la mesure où les seconds sont généralement élaborés par agrégation sur la base des premiers, les deux types d’habitat cohabitent souvent en zone de forte densité (zone dite « urbaine »). En outre, il a pour habitude de couvrir son corps de matériaux divers (d’origine végétale : coton…, animale : laine…, ou synthétique : acrylique…), pratique visant à optimiser sa thermorégulation (diminution de la perte de chaleur corporelle en hiver, notamment). Ces « vêtements » peuvent également détenir une fonction sociale (éventuel signalement d’une position dominante par l’usage de codes identifiés par tous : notion de « marque »).

L’Homme est omnivore. Il consomme aussi bien des végétaux (racines, tiges, feuilles et fruits, d’espèces et familles variées) que des animaux (divers mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons et invertébrés).

Répartition en Midi-Pyrénées

Inadapté aux régimes climatiques trop rigoureux, ce singe est pratiquement absent des étages subalpin, alpin et nival de la région, où il séjourne cependant temporairement à l’occasion de deux migrations saisonnières majeures : hivernale et estivale (« vacances »). Il est en revanche largement distribué aux étages planitiaire, collinéen et (dans une moindre mesure) montagnard. En Midi-Pyrénées, il est particulièrement abondant dans les régions de basse altitude (abondance des ressources trophiques : notion de « bassin d’emploi »), où s’observent localement des densités remarquables (plaine toulousaine, typiquement)..

Menaces

Le cerveau est à l’Homme ce que le cou est à la Girafe : un organe surdimensionné, avec tout ce que cela comporte d’inconvénients. Ainsi, les performances élevées du cerveau humain ne sont clairement pas réductibles à la seule notion d’ « intelligence » et produisent parfois des choses très sophistiquées qui hypothèquent la survie de l’espèce (bombe atomique par exemple). Le fait que ce singe soit l’espèce animale la plus intelligente explique par ailleurs sa difficulté à admettre qu’il est possiblement très peu intelligent, étant dans l’incapacité de se comparer à plus intelligent que lui. L’espèce est donc éminemment vulnérable, car sujette à un complexe de supériorité qui pourrait l’envoyer droit dans le mur à moyen ou long terme. Un Plan International d’Actions (PIA) serait le bienvenu.

Fiche rédigée par Gilles Pottier

Références citées

Jun Z. Li, Devin M. Absher, Hua Tang, Audrey M. Southwick, Amanda M. Casto, Sohini Ramachandran, Howard M. Cann, Gregory S. Barsh, Marcus Feldman, Luigi L. Cavalli-Sforza & Richard M. Myers 2008 - Worldwide Human Relationships Inferred from Genome-Wide Patterns of Variation. Science 319 : 1100-1103.

Derek E. Wildman, Monica Uddin, Guozhen Liu, Lawrence I. Grossman & Morris Goodman 2003 - Implications of natural selection in shaping 99.4% non synonymous DNA identity between humans and chimpanzees : Enlarging genus Homo. PNAS 100, 12 : 7181-7188.