Hypolaïs polyglotte

Hippolais polyglotta

  • Nom commun : Hypolaïs polyglotte
  • Nom latin : Hippolais polyglotta
  • Famille : Sylvidés
  • Période d’activité / d’observation : Mi-avril à mi-septembre
  • Statut réglementaire : Espèce protégée

  1. Descriptif, particularités et risques de confusion
  2. Répartition en Midi-Pyrénées
  3. Habitat et écologie
  4. Régime alimentaire
  5. Cycle annuel et reproduction
  6. Menaces et conservation
  7. Galerie
  8. Cartographie


Descriptif, particularités et risques de confusion

Espèce nicheuse commune dans notre région, l’Hypolaïs polyglotte ne figure pourtant pas parmi les oiseaux les plus connus. Son statut de migrateur strict (dans nos contrées elle n’est observable que pendant 5 mois avant de passer l’hiver en Afrique de l’Ouest) et sa rareté en zone urbaine y sont pour quelque chose. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle ne se montre pas ou ne se fait pas entendre. L’Hypolais polyglotte est la seule représentante du genre hypolaïs(*) dans le sud-ouest de l’Europe. Sa taille de 12 à 13 cm, et son plumage jaunâtre au dessous, brunâtre au dessus, font penser aux pouillots, tandis que sa posture droite, son bec plus long, son duvet crânien et de la gorge généralement hérissé font plutôt penser aux fauvettes et aux rousserolles. L’Hypolaïs polyglotte doit son nom, y compris son appellation populaire « petit contrefaisant », à son expression vocale. Le chant territorial du mâle est souvent émis à découvert depuis le sommet d’un buisson, une branche haute d’un arbre, plus rarement d’un perchoir artificiel élevé. Le motif principal consiste en une série de notes à haut débit, nasillarde plutôt que flûtée, pouvant durer plusieurs dizaines de secondes. D’autres motifs peuvent effectivement rappeler d’autres espèces, toutefois il ne s’agit pas d’imitations au sens propre, car les « victimes » ne sont souvent pas présentes ou, au contraire, cohabitent sans problème (comme la Fauvette grisette par exemple) avec l’Hypolaïs polyglotte. Pendant le nourrissage des jeunes, les oiseaux émettent des cris qui évoquent surtout ceux du Moineau domestique.

Répartition et effectifs en Midi-Pyrénées

L’Hypolaïs polyglotte est omniprésente dans la région, dès que le milieu est favorable à son installation. Par conséquent, elle ne manque que dans les Pyrénées au-delà de 600 m d’altitude environ (hors migrateurs actifs), ainsi que sur les plateaux d’altitude de l’Aveyron et du Tarn, en évitant ailleurs l’intérieur des forêts et des zones urbaines.

Habitat et écologie

L’Hypolaïs polyglotte est une adepte des milieux de plaine buissonnants et ensoleillés. Thermophile, elle apprécie fortement les paysages présentant une certaine discontinuité du couvert végétal, avec alternance de zones broussailleuses et de zones herbeuses.

Régime alimentaire

L’Hypolaïs polyglotte est insectivore. Elle capture généralement ses proies en scrutant dans le feuillage depuis un perchoir. Mais elle maitrise également la chasse en vol à la manière des gobe-mouches.

Cycle annuel et reproduction

L’arrivée des premiers oiseaux (dont les migrateurs en passage) est observée vers la fin avril, mais les couples ne se constituent pas avant la mi-mai. Le nid est construit dans la végétation dense (un roncier par exemple) et se situe rarement à plus de 2 mètres au dessus du sol. La ponte de 3 à 5 œufs, la couvaison puis le nourrissage des poussins nidicoles ont lieu essentiellement en juin. Les jeunes sont encore nourris par leurs parents pendant une quinzaine de jours avant de se disperser. En cas d’échec, des pontes de remplacement sont courantes, tandis que des secondes pontes ne sont pas avérées. Les oiseaux commencent à quitter Midi-Pyrénées courant août, les derniers migrateurs étant généralement observés en vers la mi-septembre.

Menaces et conservation

Peu exigeante par rapport à la taille de son territoire et dotée d’une impressionante capacité de réinstallation en cas de destruction locale de son habitat, l’Hypolaïs polyglotte ne semble pas subir de menaces fortes. L’espèce est en phase d’expansion de sa limite de distribution vers l’Europe centrale. En Midi-Pyrénées, son aire de distribution tend à gagner en altitude. Les effectifs en Midi-Pyrénées sont stables, voire en légère augmentation.

Fiche rédigée par Carsten Standfuss

« J’ai trouvé un oiseau blessé. »
La première chose à faire et de garder son calme et de le couvrir avec une couverture, une veste, un tissu, … afin de l’immobiliser sans risque. Ensuite, déposez-le dans un carton (pas de cage !) préalablement percé de petites aérations et adapté à sa taille (ni trop grand, ni trop petit), que vous placerez dans un endroit calme et tempéré. Pour finir, contactez rapidement le centre de sauvegarde de la faune sauvage ou l’association naturaliste le plus proche afin d’obtenir des conseils sur les modalités de transport. RAPPELONS que le transport d’espèces sauvages pour toute autre situation que celle-ci est interdit. Et leur conservation chez soi l’est tout autant, même pour quelques jours. L’objectif d’une telle intervention étant de relâcher le plus rapidement possible l’animal dans son milieu.

« J’ai trouvé un oisillon tombé du nid. »
Si l’oisillon est en duvet ou peu emplumé, que son nid est intact et que vous y avez accès, vous pouvez le remettre à l’intérieur. Les oiseaux ayant un odorat beaucoup moins développé que les mammifères par exemple, le fait de toucher le jeune n’aura pas d’impact sur le retour des parents. Si l’oisillon est bien emplumé et qu’il sautille au sol c’est qu’il est presque volant. Dans ce cas vous pouvez simplement le placer en hauteur (branche, haie, …) afin de le mettre à l’abri d’éventuels dangers (chats, routes, …).

« Un oiseaux s’est cogné dans ma baie vitrée. »
Les grandes surfaces vitrées sont en effet de véritables pièges pour les oiseaux qui peuvent les heurter en plein vol. Dans la plupart des cas l’oiseau vit encore, il est juste un peu sonné. Dans une telle situation ramassez la petite victime, déposez-la dans une boîte ou un carton (adapté à la taille de l’oiseau, ni trop grand ni trop petit) muni de trou d’aération et laissez-le reprendre ses esprits dans un endroit calme pendant une petite heure. Dès qu’il aura repris connaissance, relâchez-le à l’extérieur (et loin des vitres !). S’il ne repart pas de lui-même, vous pouvez consulter un centre de soin et de sauvegarde de la faune sauvage. Afin d’éviter ce genre d’événements vous pouvez simplement poser des rideaux, des stores ou encore des stickers qui atténueront la transparence ou l’effet miroir de vos vitres. Pour plus de conseils et de renseignements, vous pouvez contacter l’association par téléphone 0967038407 / 0534319790 ou à l’adresse suivante mediationfaune@naturemp.org

« Je souhaite accueillir les oiseaux dans mon jardin. »

Les jardins (et certains balcons ou terrasses) sont, à petite échelle, de véritables écosystèmes regorgeant d’une formidable biodiversité. Si vous souhaitez y accueillir davantage d’espèces d’oiseaux, vous pouvez très facilement, et à moindre frais, leur offrir le gîte en installant des nichoirs. Ce genre d’aménagements permettra aux oiseaux d’une part de trouver facilement des endroits favorables pour nicher et d’autre part pour vous de faire de très belles observations… et pourquoi pas des photographies ! Enfin les oiseaux sont de formidables auxiliaires qui consomment naturellement insectes et autres invertébrés et évitent ainsi l’utilisation de pesticides et autres produits phytosanitaires. C’est donnant donnant !
Pour plus d’informations et de conseils sur la pose de nichoirs n’hésitez pas à consulter notre page dédiée.

« Que puis-je donner à manger aux oiseaux ? »
Premier principe : pas de nourrissage l’été ! Un nourrissage abusif pourrait en effet entraîner des changements de comportements néfastes à l’oiseau et/ou favoriser la propagation de maladies. En hiver, il ne faut pas perdre de vue que les oiseaux ne comptent pas sur vous pour les nourrir. Il est cependant possible de leur donner un petit coup de pouce, en janvier et février, quand il fait vraiment froid et que les ressources se raréfient. Pour cela on privilégie les graines (le tournesol étant une valeur sûre !), les fruits, éventuellement des « pâtés » pour insectivores ou des boules de graisse (tout cela se trouvant facilement dans le commerce) et on évite pain, lait et restes de table salés, très nocifs pour l’organisme de l’oiseau. Le mieux étant de disposer le tout dans une mangeoire, inaccessible aux prédateurs. Pensez aussi, en période de gel, à maintenir dégagés des points d’eau.
Pour plus d’informations et de conseils sur le nourrissage de oiseaux et la pose de mangeoires n’hésitez pas à consulter notre page dédiée.

(Conseils rédigés par Charlotte BRESSON)

(*) Note d’étymologie. De nombreuses pistes peuvent être vainement explorées avant de trouver une explication raisonnable pour l’origine du mot « hypolaïs ». En voici une. Partant du celte « laid » pour ‘chant d’oiseau’, et de l’anglais « hip » pour ‘enseigné, connaissant’, la liaison avec le nom populaire (contrefaisant), mais également avec les noms en néerlandais (Spotvogel), et allemand (Spötter), i.e. ‘moqueur, imitateur’, semble établie. Hip Hip Hourra !


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