Jusqu’ici, tout va bien...

Janvier 2013

Transition écologique maintenant ou révolution douloureuse demain ?

Conformément à ses promesses de campagne, le gouvernement a souhaité s’engager dans le chantier de la transition écologique. Après des décennies de « prise de conscience », il est en effet grand temps de passer aux actes afin que notre modèle économique, social et démographique devienne enfin compatible avec les capacités de notre bonne vieille Terre, à ma connaissance le seul habitat vivable à notre disposition…

Ne pas engager une transition écologique dès aujourd’hui, c’est être condamnés demain à subir une révolution pour le moins douloureuse, ou accepter de vivre (ou plutôt de survivre) dans un environnement inéluctablement dégradé. La difficulté pour nous est d’accepter des changements dans notre comportement alors que les dégradations ne sont pas forcément visibles à l’œil nu. Le changement climatique, la pollution chronique, l’érosion de la biodiversité se font à dose « homéopathique », et cette progressivité a pour effet pervers de masquer le danger. L’accumulation est pourtant bel et bien effective, jusqu’à atteindre demain des seuils qui ne seront plus supportables. L’humanité est comme ce bonhomme qui tombe d’un immeuble et qui, à chaque étage, répond aux gens à la fenêtre : « jusqu’ici, tout va bien. » Personne ne m’a jamais raconté la fin de la blague…

Alors oui, la transition écologique est nécessaire, même si la plupart de nos concitoyens n’en voient pas l’utilité et n’y sont donc pas préparés. C’est pourquoi nous serons exigeants envers les décisions qui seront prises au cours de cette année et qui semblent aujourd’hui si éloignées des préoccupations des Français. Mais la responsabilité ne repose pas uniquement sur le gouvernement : l’ensemble des acteurs doit prendre ses responsabilités afin d’éviter de briser l’élan impulsé, comme ce fut le cas après le Grenelle de l’environnement.

Jérôme Calas
Président de Nature Midi-Pyrénées
Janvier 2013

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