L’Etat abandonne l’Ours

Juin 2011

En refusant de lâcher une ourse en Béarn comme il s’y était engagé il y a moins d’un an, l’État renonce à sauver la population d’Ours brun des Pyrénées, trop faible pour pouvoir se maintenir sur le long terme sans apport de sang neuf.

L’émotion qu’a générée la mort de Cannelle est bel et bien oubliée, la page est tournée. En quelques décennies, l’homme aura donc réussi à détruire un patrimoine vieux de plusieurs millénaires. Bravo !

Au delà du cas de l’ours, cette décision vient mettre le doute sur la volonté réelle du gouvernement de préserver la biodiversité. Nous avons eu beaucoup de promesses, de discours, parfois enflammés, nous attendions les actes, nous les attendons toujours…

L’occasion était belle, mais le gouvernement a choisi de ne pas la saisir. En préférant céder aux revendications d’intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général, il envoie un message clair sur ses priorités. Nous en prenons acte et ne nourrissons désormais plus guère d’illusions quant à la Stratégie Pyrénéenne pour la Valorisation de la Biodiversité, puisque l’État vient d’en sacrifier un représentant emblématique sur l’autel d’ambitions électorales.

En prétextant les difficultés du monde agricole pour justifier sa position, l’État fait par ailleurs fausse route, la présence de l’ours ayant justement permis d’apporter des aides supplémentaires aux éleveurs, notamment en Béarn. Sa disparition pourrait donc compliquer la survie des exploitations de montagne. Du gâchis.

Au sein des associations de protection de la nature, le sentiment est à l’incompréhension et à la colère, mais le combat continue. La protection de la biodiversité n’est pas un enjeu prioritaire, il est primordial.

Jérôme Calas
Président de Nature Midi-Pyrénées
Juin 2011

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