Mygale de Simon

Nemesia simoni

Nom commun : Mygale de Simon, Mygale maçonne de Simon
Nom latin : Nemesia simoni
Famille : Nemesiidae
Période d’activité / d’observation : printemps, été, automne
Statut réglementaire:aucun
  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie

Descriptif et particularités

Qui dit « mygale » ne dit pas forcément « monstrueuse araignée ultra-velue de la taille d’un calamar géant, vivant dans les régions chaudes du globe ». Les mygales, ou plus exactement les Mygalomorphes, constituent en fait un sous-ordre d’araignées caractérisées non pas par une envergure hors-normes mais par la disposition anatomique de leurs pièces buccales (entre autres) : chez elles en effet, les deux crochets à venin et les articles sur lesquels ils s’articulent (les chélicères) se situent dans l’axe du corps au lieu de lui être perpendiculaires et ils sont donc plus ou moins parallèles (ils s’opposent et fonctionnent plutôt comme une pince chez les autres araignées). Comme chez de nombreux autres arthropodes (lépidoptères, coléoptères, myriapodes …), on constate simplement une augmentation de la taille sous climats chauds, ce qui fait que les mygales exotiques sont souvent bien plus grandes que les mygales européennes.

Cela étant, la Mygale de Simon affiche tout de même un fort beau gabarit, puisque les femelles atteignent 1.5 cm environ (pattes non comprises). Par contre, comme toutes les araignées terricoles, elle est extraordinairement glabre et ressemble assez à un petit crabe en caoutchouc ! A noter que plusieurs mygales du genre Nemesia, qui compte une kyrielle d’espèces, existent dans le sud de la France, dont la détermination est très délicate (examen gynécologique requis mais, de l’avis des arachnologues consultés, Nemesia simoni serait de loin la plus commune chez nous et les terriers observés en Midi-Pyrénées se rapporteraient très majoritairement à cette espèce). Les Nemesia ne doivent pas être confondues avec les mygales du genre Atypus (également présentes en Midi-Pyrénées) qui, elles, vivent intégralement cloîtrées dans une chaussette de soie épaisse dont seul le « pied » émerge du sol.

Les mygales ont des mœurs et des techniques de chasse très diversifiées. Celles qu’on qualifie de « maçonnes » sont strictement souterraines et présentent la particularité de creuser dans le sol un puits cylindrique dont elles ferment l’entrée par une petite porte circulaire faite d’un assemblage de débris végétaux et de terre (en proportions variées), ingénieusement équipée d’une charnière de soie (d’où leur nom anglais de « Trapdoor spiders »). Le résultat est invisible pour un œil non exercé et ces araignées passent donc totalement inaperçues. Le soir venu, elles se contentent d’entrebâiller ce « clapet » et de laisser dépasser l’extrémité de leurs pattes antérieures, pourvues de récepteurs sensoriels ultra-sophistiqués. Il ne leur reste plus qu’à kidnapper à la vitesse de l’éclair les petits arthropodes qui passent à proximité de leur terrier.

Habitat et écologie

La Mygale de Simon est une araignée nettement forestière, qui apprécie les sous-bois de feuillus ou de conifères relativement frais et humides. On la rencontre également le long des chemins bocagers bordés de haies épaisses. Elle apprécie les sols tendres et drainants, en zones non inondables. Manifestement indifférente à la nature de la roche mère, elle s’observe aussi bien dans les zones calcaires que schisteuses ou granitiques, pourvu qu’il existe une bonne épaisseur de terre meuble lui permettant de creuser son repaire.

Longévive et sédentaire, comme la plupart des mygales, cette araignée peut passer plusieurs années dans le même terrier … à condition d’être une femelle : les mâles, eux, mènent une existence errante de VRP et frappent à tous les clapets qu’ils rencontrent pour féconder un maximum de femelles. Une fois l’opération effectuée, ils sont éjectés manu militari … ou plus vénalement dévorés, aucun apport de protéines n’étant à négliger avant une gestation. Les petits mygalons cohabitent longtemps avec leur génitrice avant de quitter le terrier maternel et d’aller creuser le leur … à quelques centimètres de là. La plupart des surfaces occupées par ces araignées sont en fait de vrais gruyères où cohabitent des dizaines d’individus de tous âges.

Répartition en Midi-Pyrénées

La Mygale de Simon s’observe de l’étage planitiaire à l’étage montagnard, jusqu’à 1500 m environ. Elle est localement très commune en forêt, notamment dans le sud de la région (Pyrénées et coteaux de Gascogne, plaine toulousaine …) mais, par principe de précaution, elle n’est pas proposée par le menu déroulant de Baznat du fait d’un risque de confusion élevé avec des espèces proches, potentiellement présentes chez nous (rappelons qu’une identification fiable requiert l’examen des organes génitaux à la loupe binoculaire … après avoir extrait l’araignée de son terrier … ). Exercez-vous, le long des talus forestiers, à repérer les terriers de mygales maçonnes grâce aux photos de cette fiche, qui les présentent fermés (= tels qu’ils se présentent au regard) et ouverts … Ultra-ludique et fortement addictif !

Menaces

L’espèce, liée à des milieux très répandus, n’apparaît pas menacée.

Fiche rédigée par Gilles Pottier
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Terrier de Nemesia, Oô (Haute-Garonne) alt. 1300 m
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Terrier de Nemesia, Oô (Haute-Garonne) alt. 1300 m
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Terrier de Nemesia, Tajan (Hautes-Pyrénées) alt 400 m
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Terrier de Nemesia, Tajan (Hautes-Pyrénées) alt 400 m
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Terrier de Nemesia, Bonac-Irazein (Ariège) alt. 1200 m
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Terrier de Nemesia, Bonac-Irazein (Ariège) alt. 1200 m
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Terrier de Nemesia, Bonac-Irazein (Ariège) alt. 1200 m
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Terrier de Nemesia, Bonac-Irazein (Ariège) alt. 1200 m
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Terrier de Nemesia, Calzan (Ariège) alt 400 m
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Terrier de Nemesia, Calzan (Ariège) alt 400 m

Crédits photo : Gilles Pottier