Les 24 H naturalistes à St Clar dans le Gers

Le Catalogue des lichens et champignons lichénicoles de France métropolitaine par Claude Roux et coll. Édition 2017, ne recense que 112 espèces de lichens dans le Gers, ce qui le place en dernière position des départements métropolitains (je suis persuadé que le Gers n’est pas dernier que dans cette catégorie…). C’est sans doute dû à un manque de prospection lichénique, mais aussi à une faible variété des habitats pour les lichens. Les magnifiques paysages du Gers sont constitués principalement de cultures, de prairies et de petits boisements, très peu ou pas de coteaux secs, ni de falaises rocheuses. Les lichens saxicoles (qui poussent sur les roches) représentent à eux seuls plus de 60 % des espèces connues et les terricoles environs 10 %. Je parle, bien sûr du nombre d’espèce et non du nombre de lichens. En effet nous avons pu constater que la plupart des arbres en sont recouverts.

Mon inventaire, réalisé pendant ces 2 jours de prospection, est très loin d’être exhaustif puisque ma liste ne comporte que 40 lichens avec 32 lichens corticoles, 7 saxicoles (sur les murs de pierre calcaire d’une vieille bâtisse) et un terricole. Dix de ces lichens n’ont jamais été notés dans le Gers (malheureusement ça ne suffira pas à le faire passer avant dernier). Il me reste encore une dizaine d’échantillons à déterminer, je les garde pour les longues journées hivernales.

Zoom sur des taxons peu communs et intéressants découverts lors de ces 24 heures naturalistes :

Usnea cornuta et Usnea subfloridana, les usnées sont des lichens fruticuleux sensibles à toute pollution atmosphérique. C’est une des raisons pour laquelle on les trouve principalement en montagne et donc rares à très rares en plaine. La détermination des usnées est très difficile, les lichénologues ne trouvent pas toujours le même résultat. Même l’ADN, pour certaines espèces, ne pourrait les départager. Vous allez donc devoir vous contenter de mes déterminations, qui pourront être revues et modifiées par des lichénologues plus expérimentés.

Pleurosticta acetabulum, lichen corticole, foliacé qui peut avoir des apothécies (fructification de certain lichens) jusqu’à 2 cm de diamètre. Mais celui que nous avons vu était stérile. Je ne le rencontre pas souvent en plaine. Il était au milieu du tronc d’un chêne tombé par terre, très difficile à repérer si l’arbre était encore debout. D’autant plus qu’il faut le récolter ou le regarder de près avec une loupe de terrain x 10 pour ne pas faire de confusion. Ce qui me laisse à penser qu’il pourrait être plus fréquent et de revoir mon mode de prospection, échasses et tronçonneuse, deux pistes à étudier…

Teloschistes chrysophthalmus, lichen corticole, fruticuleux d’un jaune éclatant avec de magnifiques fibrilles autour des disques des apothécies. C’est un des plus beaux lichens de nos contrées. Très discret et difficile à voir puisqu’il aime le soleil et pousse plutôt vers la cime des arbres. Mais je ne l’ai jamais vu aussi abondant que sur cette commune de St Clar. On pourrait même croire que c’est son pays d’origine, de prédilection. Le Gers prendrait la première place en nombre de Teloschistes chrysophthalmus, étonnant non, mais ce n’est qu’une supposition…

Je vous encourage tous à venir à ces journées d’inventaires où plusieurs disciplines se côtoient. J’ai découvert et vu beaucoup d’espèces que je ne pouvais imaginer exister. Un grand merci à Jean-Mi pour l’organisation et à tous les participants pour la convivialité et la bonne humeur de ces 2 jours.