Lézard ocellé

Timon lepidus

  • Nom commun : Lézard ocellé
  • Nom latin : Timon lepidus
  • Famille : Lacertidae
  • Période d’activité / d’observation : mars à octobre
  • Statut réglementaire : intégralement protégé au niveau national

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie
  6. Cartographie


Descriptif et particularités

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Le Lézard ocellé est le plus gros lézard de France puisque sa taille à l’âge adulte est généralement comprise entre 40 et 60 cm de longueur (avec la queue). Ainsi, il est presque 2 fois plus grand que le Lézard vert occidental Lacerta bilineata. La caractéristique de cette espèce est la présence de taches d’un bleu vif (ocelles) disposées sur 2 ou 3 rangées sur les flancs. La couleur du corps est un mélange de jaune, de vert et de noir avec un motif réticulé. La face ventrale est jaunâtre à verdâtre, tout comme la gorge, qui elle n’est jamais bleue. Les mâles sont plus trapus et ont une tête plus massive que les femelles. Les femelles sont habituellement de couleurs moins vives. Les jeunes sont verts, marron avec des ocelles blanchâtres ou jaunâtres cernés de noir. L’espèce présente typiquement 10 écailles ventrales transverses à mi-corps (contre 6 chez le Lézard vert occidental), ce qui permet de détecter sa présence en cas de découverte d’un gros lambeau ventral d’exuvie.

Habitat et écologie

Le Lézard ocellé occupe les milieux ensoleillés secs et ouverts, à végétation rase comme par exemple : les pelouses sèches caussenardes, les landes mitées d’affleurements rocheux, les "badlands" marneux… Il est totalement indifférent à la géologie et s’observe aussi bien sur substrats calcaires que schisteux, marneux ou granitiques. Dans tous ces milieux, de nombreux refuges et abris tels que des tas de pierres, des murets, des îlots broussailleux denses, des crevasses et des fissures profondes sont indispensables à sa présence. Dans les zones dépourvues de tout élément rocheux, les terriers de lapin peuvent jouer un rôle important.

Le Lézard ocellé est très craintif, vif et discret. Il n’hésite pas à se réfugier rapidement dans un abri (trou, terrier…) en cas d’inquiétude. Sa fuite se fait souvent à grande distance du danger potentiel et est généralement très silencieuse, l’animal se retirant discrètement dans son abri. Sa recherche requiert donc une grande concentration et nécessite d’être attentif au moindre petit bruit ou mouvement suspect. Les accouplements ont typiquement lieu en mai, après la première mue annuelle, et les femelles pondent de fin mai à début juillet sous des pierres. L’éclosion a lieu généralement en septembre. Le Lézard ocellé se nourrit essentiellement de gros insectes et d’escargots mais, au moins localement, les fruits peuvent constituer une part assez importante de son régime alimentaire. Il est la proie de plusieurs rapaces (le Circaète Jean-le-Blanc l’apprécie pas mal) et de divers mammifères carnivores qui le consomment à l’occasion. Certaines grandes couleuvres (Couleuvre verte-et-jaune chez nous, Couleuvre de Montpellier en zone méditerranéenne…) le consomment fréquemment, de même que la Coronelle girondine qui, elle, ne s’attaque guère qu’aux jeunes du fait de sa taille modeste.

Répartition en Midi-Pyrénées

C’est une espèce présente uniquement en Europe dans la péninsule ibérique, dans l’extrême nord-ouest de l’Italie et dans le tiers sud de la France.

En Midi-Pyrénées, le Lézard ocellé est principalement présent dans le Lot (causses et serres du Quercy, surtout) et dans l’Aveyron (vallée du Lot et vallée de l’Aveyron d’une part, vallée du Tarn et diverses vallées affluentes d’autre part). Dans le Tarn, de rares populations survivent à proximité de la Montagne noire et en vallée du Tarn, de même que dans l’angle nord-ouest en lien avec les causses du Quercy (secteur de Penne). En Ariège et Haute-Garonne, des stations plus ou moins isolées existent le long du chaînon calcaire du Plantaurel (jusqu’aux Petites Pyrénées à l’ouest). Cette espèce ne se trouve pas au-delà de 1 000 m d’altitude en Midi-Pyrénées, mais elle n’est pas rare jusqu’à 800 m dans la zone des Grands Causses.

+ d’informations pour le localiserici.

Menaces

En régression en France, le Lézard ocellé est classé en tant qu’espèce vulnérable sur la liste rouge nationale. Sa fragilité et la régression généralisée constatée font qu’un Plan national d’actions lui est consacré afin d’enrayer le déclin. De nombreuses populations de la région sont localisées et précaires. Il est menacé par la disparition de ses habitats (pelouses, landes) et en particulier par la fermeture des milieux due en partie à la déprise pastorale.

Fiche rédigée par Pierre Grisvard
Relecture G. Pottier

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