Lézardons en montagne

Compte-rendu de la sortie jusqu’aux étangs de la Frèche (Luchonnais), le 02 juillet 2011. Textes et photos de Gilles Pottier.

Passée la forêt, un vaste versant E parsemé de pierriers et nappé d’herbes hautes nous attire comme un aimant. Milieu très prometteur, d’autant que la chaleur ne s’est pas encore installée. Nous observons d’abord des Lézards vivipares ovipares (Zootoca vivipara louislantzi) et des Lézards des murailles (Podarcis muralis) puis…

…une jolie femelle adulte de Vipère aspic, à robe très caractéristique de la sous-espèce pyrénéenne (Vipera aspis zinnikeri).

La tête porte des motifs magnifiquement contrastés, notamment dans la région des écailles labiales où le noir pur jouxte par endroits un blanc immaculé. L’iris est relativement foncé mais la pupille verticale, propre aux vipères en France, reste bien distincte.

Nous reprenons la montée à travers des prairies rocheuses somptueusement fleuries (ici, un beau peuplement de Digitale pourpre).

Bientôt, le sentier croise un ruisseau qui pourrait bien héberger l’Euprocte des Pyrénées (Calotriton asper).

De fait, une femelle adulte (èléou ? èléou ?) est rapidement repérée par Philippe…

…puis abondamment observée et photographiée…

La montée se poursuit sous un franc soleil peu propice aux observations de reptiles : le sol chauffe, incitant la gent écailleuse à évoluer à couvert.

Un peu avant les deux étangs de la Frèche, une zone tourbeuse riche en mares s’avère propice à deux espèces d’amphibiens :

La Grenouille rousse (Rana temporaria), très commune en montagne. Ici, un jeune individu peu coopératif avec le photographe :

…et le Triton palmé (Lissotriton helveticus) qui atteint couramment des altitudes élevées dans les Pyrénées (ici, un mâle, reconnaissable aux palmures de ses pattes postérieures).

Un jeune Lézard vivipare y est également observé par Clément, 11 ans dans deux jours, herpétologue prometteur !

Dans le plus grand des deux étangs de la Frèche, nous remarquons plusieurs pontes récentes de Grenouilles rousses, qui ne donneront peut-être pas grand chose, car des Truites de belle taille y vivent aussi… Pas de rampant à signaler dans les éboulis environnants, qui ont désormais atteint une température trop élevée.

Nous ne tardons d’ailleurs pas à redescendre, et à lutter à l’ombre contre les alarmants symptômes d’insolation et déshydratation collectives que nous présentons…