Libellule fauve

Libellula fulva

  • Nom commun : Libellule fauve
  • Nom latin : Libellula fulva
  • Famille : Libellulidae
  • Période d’activité / d’observation : début mai à début août
  • Statut réglementaire : Déterminante ZNIEFF

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie
  6. Cartographie


Descriptif et particularités

D’une longueur totale comprise entre 42 et 45 mm (dont 25 à 29 mm pour l’abdomen), cette libellule ressemble beaucoup à la très commune Libellule déprimée (couleur, forme, taille). Pourtant, nul besoin de capturer l’individu pour une identification puisque plusieurs critères spécifiques à cette espèce sont facilement identifiables à l’œil nu (ou aux jumelles). Ainsi, chez les 2 sexes, si les bases des ailes postérieures sont assez similaires à celles de la Libellule déprimée, un trait sombre seulement (et non une tache) est présent sur la base de chaque aile antérieure. De plus, les ailes comportent aussi des taches sombres (plus ou moins développées) à l’apex des 4 ailes. En outre, les individus immatures sont impossibles à confondre grâce à leur couleur orange vif et à la bande médiodorsale noire sur l’abdomen. La couleur de la femelle et du mâle immature est par ailleurs probablement à l’origine du nom de la Libellule fauve.

Le dimorphisme sexuel est très marqué chez cette espèce. Le mâle mature possède un abdomen couvert d’une pruine bleue avec les 3 derniers segments noirs. Le thorax est sombre, tout comme la face et les yeux sont gris-bleus. La femelle ressemble beaucoup au mâle immature, avec un abdomen orange et une bande médiodorsale noire sur l’abdomen. La base des ailes antérieures et postérieures possède des nervures jaunes et des taches ambrées.

Habitat et écologie

La Libellule fauve se reproduit dans les eaux stagnantes ou faiblement courantes et bien végétalisées : rivières et ruisseaux à courant lent, canaux, étangs bordés d’hélophytes, fossés, bras morts, étangs piscicoles, gravières. La femelle pond dans des zones où la végétation est immergée. Les œufs, fixés à la végétation aquatique, éclosent en 2 à 7 semaines. La phase larvaire dure environ 2 ans et compte 11 à 16 stades. Les larves vivent dans le fond de l’eau, cachées dans les sédiments et dans les végétaux. Suite à l’émergence, les imagos s’éloignent plus ou moins loin du milieu aquatique. Moyennement agressifs et territoriaux, les mâles vont défendre leur territoire (quelques dizaines de m²) pour se reproduire. Ils chassent alors toutes les libellules bleues qui s’approchent (Libellula sp., Orthetrum sp.). C’est une espèce assez discrète car elle peut passer inaperçue un raison de sa ressemblance avec les nombreux autres Libellula sp. et Orthetrum sp., mais aussi parce que le nombre d’individus observés sur une station n’est jamais élevé (quelques individus). De plus, la période de vol est assez courte (environ 3 mois avec un pic d’activité en juin pour Midi-Pyrénées). En effet, chez cette espèce, les émergences sont synchronisées et la totalité d’une génération annuelle sur un site a lieu en seulement quelques jours. L’espèce est donc plus difficile à détecter.

Répartition en Midi-Pyrénées

La Libellule fauve est une espèce à large répartition (Europe et Asie Mineure) avec une fréquence plus importante dans la région méditerranéenne. En France, elle est répartie sur la totalité du territoire même si elle est moins fréquente dans le sud-ouest. Elle est par contre absente des zones de montagnes car c’est une espèce de plaine et de plateau qui ne dépasse pas 800 m d’altitude environ. En Midi-Pyrénées, l’espèce est mentionnée dans tous les départements sauf l’Aveyron. Elle est considérée comme peu commune en Haute-Garonne et rare à assez rare dans le Gers, le Tarn-et-Garonne, les Hautes-Pyrénées, le Tarn et en Ariège. Les données sont assez localisées et disparates au sein de la région.

Menaces

Cette libellule est considérée comme peu commune en Midi-Pyrénées. En effet, seulement quelques dizaines de données sont citées dans la région, en raison de sa discrétion et de sa courte période vol. Il convient donc de rechercher plus activement cette espèce notamment dans le sud de l’Aveyron où elle n’est pas encore mentionnée. La Libellule fauve ne semble pas menacée dans la région. Elle résiste à une eutrophisation modérée des eaux mais est sensible au manque d’oxygène. Il convient donc de maintenir une végétation aquatique et un bon ensoleillement des rives pour le maintien de ses populations.
Rédaction Pierre Grisvard
Dernière mise à jour le 8 janvier 2016