Lièvre d’Europe

Lepus europaeus

Nom commun : Lièvre d’Europe
Nom latin : Lepus europaeus (Pallas, 1778)
Famille : Leporidae – Ordre des Lagomorphes
Période d’activité / d’observation : nocturne, actif toute l’année.
Statut réglementaire:espèce chassable © / préoccupation mineure (LC) aux niveaux mondial et français.
  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Cartographie

Descriptif et particularités

Le Lièvre d’Europe a une silhouette facilement reconnaissable avec ses jambes élancées et ses longues oreilles (de 11 à 14cm) bordées de noir. Le pelage est gris-brun avec de fortes nuances jaunâtres, le ventre est blanc et la queue noire dessus et blanche dessous. Les individus pèsent de 3 à 6 kg pour 45 à 70cm de long (tête + corps). En période de rut, les individus sont plus facilement visibles en pleine journée et se livrent à des courses-poursuites et à des « combats de boxe ». Ce comportement est appelé le bouquinage et a donné naissance à la légende du « lièvre fou de mars ».

Habitat et écologie

Evoluant à l’origine dans les steppes, l’extension des cultures, les défrichements et l’arrachage des haies lui ont profité. Il est également présent en montagne mais le manteau neigeux limite son expansion. Les seuls milieux vraiment évités sont les zones humides et les vallées alluviales régulièrement inondées. Le Lièvre d’Europe est plutôt nocturne, solitaire et évolue dans de grands domaines vitaux (jusqu’à 330 ha pour les mâles). Des rassemblements ont lieu pendant la période de rut, qui débute en général en février et atteint son maximum en mars-avril. Les femelles, ou hases, sont gestantes à partir de mi-décembre, pour une durée de 42 jours. Elles peuvent avoir 3 à 5 portées par an, avec en moyenne 2 à 3 levrauts par portée qu’elles allaitent jusqu’à fin septembre voire la mi-octobre. Les petits naissent dans une petite cavité aménagée par la mère, généralement camouflée par des buissons ou des herbes hautes. Le Lièvre d’Europe est omnivore à forte tendance herbivore, avec une nette préférence pour les graminées, notamment les céréales et quelques légumineuses. Les plantes très aromatiques, épineuses ou avec des poils urticants sont évitées. En hiver, il apprécie moins les ligneux que le Lapin de garenne.

Répartition en Midi-Pyrénées

Le Lièvre européen peut se rencontrer partout en Midi-Pyrénées, y compris dans les milieux de montagne. Il est assez bien réparti, mais en faible abondance, dans les estives et pelouses d’altitude et peut être observé jusqu’à 2 000-2 200 mètres d’altitude en hiver et 2 400 mètres d’altitude en été. Il est abondant dans le Lauragais, le Comminges et dans la zone céréalière du Gers.

Menaces

Autrefois très abondant dans la région, il a fortement régressé suite aux changements dans les systèmes agricoles, à l’utilisation des produits phytosanitaires et à une pression de chasse mal adaptée. Il est particulièrement en régression en moyenne montagne du fait de la fermeture des milieux et de l’abandon des cultures. Les grandes zones de cultures de maïs, le développement des infrastructures routières et de l’urbanisation lui sont également défavorables. Les populations sont tout de même en nette progression depuis quelques années et se maintiennent dans les zones agricoles.

Des lâchers de lièvres issus d’Espagne (années 70-80), d’Europe centrale ou d’élevage ont été conduits à très large échelle pendant plusieurs années par les chasseurs afin de tenter d’enrayer le déclin de l’espèce. L’échec répété de cette pratique, même si des lâchers à plus faible échelle existe toujours, a conduit les fédérations départementales des chasseurs à privilégier la réduction de la pression et des périodes de chasse, ainsi que la mise en place de bracelets de prélèvements. La période de chasse débute de la mi-septembre à début octobre selon les départements et se termine entre début et fin décembre.

Le syndrome du Lièvre brun (ou EHBS), arrivé en France dans les années 80, peut sévir sous deux formes, une forme aiguë qui provoque le tournis et la paralysie et occasionne la mort en un à deux jours, et une forme chronique plus rare qui occasionne des pertes de plusieurs semaines. Elle touche avant tout les jeunes de deux à trois mois, se manifeste par des symptômes hémorragiques internes importants et peut se confondre avec le VHD (maladie hémorragique virale spécifique au Lapin).

Fiche rédigée par Julien Albert et Hélène Dupuy - mars 2016

Cartographie