Lucane Cerf-volant

Lucanus cervus

Nom commun : Lucane Cerf-volant
Nom latin : Lucanus cervus
Ordre : Coleoptera
Période d’activité / d’observation : mai-septembre (adultes)
Statut réglementaire :
Annexe II – Directive « Habitats-Faune-Flore »
Annexe III – Convention de Berne

Descriptif et particularités

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Le plus grand de nos quelques 10 000 espèces de coléoptères nationaux, le lucane est aussi un des insectes les plus connus et faciles à identifier. Pas de problème pour le mâle, sa grande taille (35 à 85 mm) et ses énormes mandibules lui ayant donné son nom, identifient à coup sûr l’animal. Un peu plus petite (20 à 50 mm), la femelle est à peine plus discrète, ses mandibules un peu plus courtes peuvent prêter à confusion avec la « Petite Biche », un coléoptère généralement plus petit et avec la carapace striée (lisse et brillant chez le Lucane). Si vous le trouvez le plus souvent posé contre le tronc d’un arbre ou sur un mur, vous pouvez aussi le repérer par son vol peu discret, le corps à la verticale. Il est aussi possible d’observer les restes de repas de ses prédateurs (Faucon hobereau, rapaces nocturnes par exemple), abandonnant les parties coriaces (tête, élytres) sur place.

Habitat et écologie

Le lucane est un coléoptère dit « saproxylique », c’est-à-dire qu’il dépend du bois tout ou partie de sa vie. En fait c’est la larve, semblable à celle d’un hanneton, qui s’en nourrit, on dit qu’elle est « saproxylophage ». Si l’essence préférée est le chêne, il peut s’accommoder d’autres feuillus. Après l’éclosion de l’œuf, déposé dans la partie basse d’un arbre âgé, ou d’une souche, la larve migre vers les racines ou elle accomplit son développement pendant 5 ou 6 ans. On peut voir les adultes, notamment les mâles, le plus souvent durant les chaudes soirées de juin et de juillet. Les femelles traînent encore assez tard jusqu’à la fin de l’été en quête d’un site de ponte.

C’est une espèce importante dans l’écosystème forestier, par sa contribution au recyclage des matières organiques (accélération de la décomposition).

Répartition en Midi-Pyrénées

Le Lucane est une espèce bien répandue en Midi-Pyrénées, et est visible quasiment partout, sauf peut-être dans les zones agricoles peu dotées en bosquets et vielles haies. Il pénètre les grandes villes à la faveur des parcs et jardins souvent bien pourvus en vieux arbres. Sa répartition régionale mérite d’être précisée, notamment en fonction des différents types de paysages, ainsi que sa limite altitudinale. En effet, cette espèce peut être considérée comme un « bio-informateur » sur l’état de conservation de son habitat, et contribuer ainsi à l’évaluation de la fonctionnalité des continuités écologiques.

Menaces

Malgré son inscription à l’annexe II de la directive Habitats-Faune-Flore, qui est liée à sa régression dans le nord de son aire de répartition européenne, cette espèce n’est pas menacée à court terme dans la région. Cependant la forte altération de son habitat ces dernières décennies, notamment du fait de la disparition des haies et des arbres champêtres, a probablement contribué à sa disparition localement, ou à l’érosion de ses effectifs. Le maintien des vieux arbres dans les zones agricoles, urbaines, dans les jardins, les ripisylves, et surtout une gestion forestière favorisant le maintien d’une densité suffisante d’arbres âgés est la condition de la survie de l’espèce, et de bien d’autres aux exigences proches, sur le long terme.

Enquête nationale

L’Office Pour les Insectes et l’Environnement (OPIE) mène une enquête afin de mieux connaître la répartition sur le territoire national. N’hésitez pas à participer vous aussi (voir adresse ci-dessous). Merci de saisir en parallèle vos données dans Baznat, afin de contribuer aussi à la connaissance régionale.

Références

Fiche rédigée par Jérôme Calas