Lynx boréal

Lynx lynx

Nom commun : Lynx boréal, Lynx d’Eurasie, Loup-cervier ou improprement Lynx d’Europe.
Nom latin : Lynx lynx (Linnée, 1758)
Famille : Felidae – Ordre des Carnivores
Période d’activité / d’observation : essentiellement nocturne mais peut être observé en toute saison.
Statut réglementaire:Espèce protégée au niveau national (P) / Espèce déterminante ZNIEFF pour Midi-Pyrénées : déterminant strict (Ds) / Espèce d’intérêt communautaire au titre de la Directive Habitats : nécessite la désignation de Zones Spéciales de Conservation (DH2) et une protection stricte (DH4)/ Préoccupation mineure (LC) au niveau mondial et En danger (EN) au niveau français.
  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces

Descriptif et particularités

Le Lynx boréal est un gros Félidé à la robe unie parsemée de taches ou de rayures. Il a la particularité d’avoir des pinceaux de poils aux oreilles et la queue courte. La couleur de son pelage est très variable, allant du blanc crème, gris-beige, jaune-roux au brun foncé. Les mâles pèsent de 18 à 28kg pour une longueur tête + corps de 80 à 130cm ; les femelles sont nettement plus petites avec un poids allant de 14 à 21 kg pour une longueur tête + corps de 77 à 100cm. Le rut se déroule de fin février à début avril. Pendant cette période, mâles et femelles émettent des signaux acoustiques dont l’appel à longue distance, qui rappelle l’aboiement du Chevreuil. De fin mai à début juin et après 70 jours de gestation, la femelle met bas 2 à 4 petits dans un terrier (cavité rocheuse ou trou sous une souche d’arbre). Elle les allaite pendant 80 jours et les élève jusqu’à ce qu’ils soient autonomes, soit un peu avant leur premier anniversaire. Les femelles sont matures sexuellement vers deux ans et à 30 mois chez les mâles. Le régime alimentaire du Lynx boréal varie en fonction de l’habitat et donc des espèces de proies présentes. C’est un animal opportuniste qui chasse et se nourrit surtout de proies vivantes : Chevreuil, Chamois principalement, suivi du Renard, du Lièvre, et de différents rongeurs (campagnols), de Tétraonidés et très rarement de brebis. Sa technique de chasse se décompose systématiquement en deux ou trois temps : un affut à l’abri de la végétation, puis parfois une approche furtive, suivie d’un bond au plus près de la proie (bond jusqu’à 5 mètres).

Habitat et écologie

Le Lynx boréal est une espèce forestière, qui affectionne les forêts de résineux ou les forêts mixtes. Les forêts plus claires peuvent l’accueillir lorsqu’elles présentent des éléments topographiques qui les rendent difficilement accessibles à l’Homme, comme des éboulis ou des barres rocheuses. C’est une espèce plutôt sédentaire, qui ne parcourt pas de grandes distances (y compris les subadultes en période de dispersion). Les individus sont très territoriaux et occupent un grand domaine vital, comme chez tous les Félidés dits solitaires.

Répartition en Midi-Pyrénées

En l’absence de preuve formelle, le Lynx boréal n’est actuellement plus considérée comme présent en Midi-Pyrénées, depuis près de cinquante ans. Les restes sub-fossiles trouvés dans le gouffre de Pène (Hautes-Pyrénées) sont les seules preuves de la présence de l’espèce dans la région. Plusieurs citations dans des écrits anciens ont été mises à jour, dont la plus ancienne remonte au XIVème siècle par Gaston Phoebus, qui le dit commun et connu de tous. Sur le massif pyrénéen, les dernières données certaines remontent aux années 1970 dans les montagnes du Béarn, entre les vallées d’Aspe et d’Ossau dans les Pyrénées Atlantiques. Trois zones pyrénéennes dans lesquelles le Lynx boréal aurait pu survivre ont été cartographiées suivant les témoignages recueillis, mais malgré l’effort de prospection déployé dans les Pyrénées (notamment pour le suivi de l’Ours et du Loup), seules des observations difficiles à valider ou des empreintes et fèces pas complètement analysées ont été rapportées. Aucune preuve formelle n’a donc été trouvée à ce jour.

Menaces

Au début du XIXème siècle, le Lynx boréale était déjà considéré comme très rare dans notre région. Les réseaux d’observateurs formés, mis en place pour le suivi de l’Ours (ou du Loup depuis son retour), sont des dispositifs utiles pour suivre également les éventuels indices de présence de Lynx boréal qui auraient subsistés dans les Pyrénées. Sa disparition du massif pyrénéen est cependant malheureusement probable.
Fiche rédigée par Julien Albert et Hélène Dupuy - mars 2016