Mante religieuse

Mantis religiosa

Adulte brun et adulte vert (Haute Garonne)

  • Nom commun : Mante religieuse
  • Nom latin : Mantis religiosa
  • Famille : Mantidae
  • Période d’activité/d’observation : larves et adultes de mai à novembre, pontes de novembre à mai.
  • Statut réglementaire : Pas de statut particulier en Midi-Pyrénées.

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie
  6. Cartographie


Descriptif et particularités

Insecte de belle taille, la mante religieuse adulte peut atteindre 7 cm pour les femelles et 5 cm pour les mâles. Ses grands yeux et sa tête triangulaire très mobile lui permettent de guetter ses proies tout en restant immobile. De couleur vert ou brun, le corps est allongé et la locomotion s’effectue avec quatre de ses six pattes (dites « déambulatoires »). Dotés d’ailes repliées en éventail le long de l’abdomen, les adultes sont également aptes au vol, à l’exception des femelles gravides qui sont alors trop alourdies et se contentent de marcher ou sautiller dans les hautes herbes. La première paire de pattes est repliée sous le thorax. Articulées comme des pinces et ornées de piques, ces pattes dites « ravisseuses » servent essentiellement à capturer des proies mais peuvent également être utiles dans les déplacements (permettent de s’accrocher et de se hisser dans la végétation, sur des murs…). Sur la face interne de ces pattes antérieures, des taches blanches bordées de noir imitent des yeux. Lorsqu’un individu est inquiété, il peut adopter une posture de défense dite « spectrale » : pattes avant écartées et ailes plus ou moins déployées pour paraître plus intimidant. Outre la longueur du corps, les mâles et les femelles peuvent se distinguer par la longueur des antennes (plus longues chez le mâle) et l’épaisseur de l’abdomen en période de ponte (les mâles restent sveltes alors que les femelles deviennent très grosses). Les larves ressemblent à des adultes miniatures (de l’ordre d’1 cm de long) mais sont dépourvus d’ailes. Ces dernières s’agrandissent à chaque mue (6 environ) qu’effectuera la jeune mante jusqu’au stade adulte. L’oothèque (structure feuilletée contenant les œufs) de mante religieuse est reconnaissable à sa forme ovoïde aux angles arrondis. La mante religieuse peut être confondue avec l’Empuse (Empusa pennata).

Habitat et écologie

La mante religieuse affectionne les milieux ouverts comprenant des herbes hautes. On peut la rencontrer en milieu anthropisé (villes) dans les zones de friche où la fauche ne se fait pas ou tardivement. Carnivore, la mante se nourrit essentiellement d’insectes parfois aussi grands qu’elle : orthoptères (sauterelles, criquets …), hyménoptères (abeilles, bourdons..), diptères (mouches…) ou encore lépidoptères (papillons). Quelques données documentées (photographies) rapportent des cas de prédation sur des reptiles (juvénile de Vipera aspis, Tarentola mauritanica). Ce qui fait que la mante religieuse est peut-être le seul insecte en Europe capable de prédater des vertébrés. Elle chasse à l’affût et utilise sa première paire de pattes pour capturer ses proies vivantes, puis les dévore généralement en commençant généralement par la tête. La mante religieuse a pour réputation de dévorer le mâle lors de l’accouplement (ou après). Si c’est un phénomène assez fréquemment observé, ce n’est en revanche pas nécessaire au bon déroulement de la fécondation. Ces accouplements ont lieu pendant l’été. Dès le mois de septembre, les femelles déposent sur divers supports (végétation, pierres, murs, palissades…) plusieurs centaines d’œufs, rassemblés dans une mousse structurée séchant à l’air libre (oothèque). Si la nourriture est suffisamment abondante, une même femelle va pouvoir produire plusieurs oothèques, ces dernières servant à protéger les pontes des rigueurs de l’hiver. Les larves émergent au printemps suivant, si la ponte n’a pas été parasitée par certains hyménoptères spécialisés (ils pondent dans les oothèques de mantes, les larves dévorant les œufs de mante).

Répartition en Midi-Pyrénées

Fréquente à localement abondante en Midi-Pyrénées, on la retrouve dans tous les départements de façon assez régulière, sauf dans les zones de montagnes (elle peut toutefois être trouvée sur les flancs sud bien exposés jusqu’à 800 m d’altitude au moins). Sa répartition actuelle est certainement sous-évaluée. La mante religieuse volant parfois loin (migrations possibles) et étant même attirée par la lumière la nuit (individus trouvés en pleine ville) certaines données rapportées ne correspondent peut-être pas à des localités de reproduction.

Menaces

Si la mante religieuse n’est pas considérée comme menacée, le maintien d’abondantes populations sur notre territoire est fortement lié à la préservation de son habitat et de ses proies. Localement, la suppression des zones de friche et le fauchage précoce ou trop fréquent des herbes hautes peuvent nuire localement à l’espèce. Mais de nombreux milieux interstitiels (talus routiers, bandes enherbées, voire jardins extensifs) offrent des habitats de substitution. À l’échelle européenne la mante religieuse est même en forte expansion depuis une quinzaine d’années, sans doute suite aux successions de plus en plus importantes d’été chauds.

Fiche rédigée par Marion Jouffroy