Marmotte des Alpes

Marmota marmota

Nom commun : Marmotte des Alpes
Nom latin : Marmota marmota (Linnée, 1758)
Famille : Sciuridae – Ordre des Rongeurs
Période d’activité / d’observation : animal diurne, hibernant, observable d’avril à fin septembre.
Statut réglementaire : espèce chassable en Ariège, préoccupation mineure (LC) aux niveaux mondial et français.
  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Cartographie

Descriptif et particularités

La Marmotte est un gros rongeur dont le poids varie de 3 à 4 kg à la sortie de l’hiver jusqu’à 8 kg avant l’entrée en hibernation. Elle mesure environ 55 cm avec une queue de 15 à 20 cm. Son corps est massif sur de petites pattes aux fortes griffes. Sa tête est arrondie et présente de petites oreilles. La Marmotte est de coloration grise à brune, avec des nuances plus noires sur la tête. La Marmotte est un animal méfiant, qui se laisse observer à distance sans se laisser approcher. Elle a la particularité d’émettre un sifflement d’alerte, à l’attention de ses congénères, lorsqu’elle perçoit un danger. Ce sifflement est bien connu des promeneurs en montagne, et permet de localiser les individus qui se confondent dans le paysage. Le rôle de guetteur est assuré à tour de rôle par les différents individus.

Habitat et écologie

La Marmotte affectionne les pelouses parsemées de blocs rocheux, en bordure d’éboulis, plus ou moins envahies par la lande et dont le sol est assez meuble pour être creusé. La pente et l’exposition au soleil sont aussi des facteurs important pour l’installation d’une colonie. On retrouve la Marmotte entre 1 000 et plus de 3 000 mètres d’altitude. Les marmottes sont des animaux sociaux. Le groupe familial est constitué du couple de reproducteurs et des jeunes des dernières années. L’ensemble de plusieurs familles constituent une colonie. Chaque famille occupe différents terriers suivant la saison : un terrier d’hiver (long et profond), souvent alimenté par d’autres galeries secondaires, des terriers d’été (plus courts et moins profonds) et des terriers à entrée unique (refuge temporaire). Le regroupement spatial des terriers d’hiver de chaque famille au sein d’une même colonie constitue une « marmottière ». La Marmotte se nourrit en très grande majorité de graminées, légumineuses et autres végétaux. L’impact sur la composition floristique des milieux n’est pas important, mais peut être localement visible (notamment sur les espèces appétentes). Elle consomme également (en très faible proportion) des vers, criquets et sauterelles, coléoptères et œufs de passereaux ou de galliformes. Les secteurs d’alimentation sont communs aux individus d’une même colonie. Le domaine vital, qui s’étend de 0,3 à plus de 4 hectares, regroupe ces secteurs d’alimentation et les terriers d’été qui sont situés à proximité. Le cycle annuel des marmottes est rythmé par l’hibernation (de fin septembre à fin mars), entrecoupée de quelques réveils spontanés. Pendant les semaines qui précèdent et qui suivent l’hibernation, les individus sont très actifs pour constituer ou re-constituer leurs réserves. Le rut a lieu à la fin avril et jusqu’en mai. Les femelles mettent bas de 2 à 6 petits à la fin du printemps, qui seront sevrés vers 2 mois (les sorties du terrier commencent à la mi-juillet). Les jeunes restent avec leurs parents pendant 2 à 3 hivers maximum avant d’être chassés de la colonie.

Répartition en Midi-Pyrénées

Introduite pour la première fois « par curiosité » en 1948 dans la vallée de Luz (Hautes-Pyrénées), la Marmotte occupe aujourd’hui une partie de la chaîne pyrénéenne, versants français et espagnol. Des introductions successives, sous l’égide du Parc National des Pyrénées après sa création mais aussi par des chasseurs en Ariège et Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées, ont aidé la progression de la colonisation de l’espèce. Actuellement, les plus fortes densités sont observées en zone cœur du Parc National alors que sa présence est moins marquée à l’est de la montagne ariégeoise, à la limite de l’Aude ainsi que dans la vallée d’Aure.

Menaces

Les menaces anthropiques sont plutôt faibles sur cette espèce, bien qu’elle soit sensible au dérangement, à la modification des habitats et aux changements climatiques (notamment aux variations des conditions d’enneigement). La Marmotte est une proie potentielle pour l’Aigle royal, le Renard roux, mais aussi pour le Gypaète barbu qui nourrit ses petits avec les cadavres des individus qui n’ont pas survécu à l’hiver (à la sortie d’hibernation, le terrier est nettoyé et les morts sont évacués). La mortalité juvénile chez les marmottes est importante et principalement due à la prédation. Chez les adultes, en moyenne un sur trois meurt durant l’année.

Fiche rédigée par Julien Albert et Hélène Dupuy – mars 2017

Cartographie