Milieux cultivés (cultures et prairies artificielles)

  1. Présentation du milieu
  2. Accès aux fiches espèces des milieux cultivés

Présentation du milieu

Une prairie est une surface dont la composition végétale est essentiellement constituée de graminées et de légumineuses, il s’agit donc d’un milieu qui peut être destiné à l’exploitation. Il existe trois types de prairies : permanentes, temporaires et artificielles. Les deux premières sont généralement assez riches et avec le plus grand nombre d’espèces caractéristiques ; elles sont qualifiées de prairies semi-naturelles.

Les prairies artificielles sont, quant à elles, ensemencées exclusivement en légumineuses ou graminées fourragères, en cultures pure ou en mélange. Il s’agit le plus souvent de cultures de luzerne (Medicago sativa), de trèfle violet (Trifolium pratense), de sainfoin (Onobrychis viciifolia) et de mélange dactyle (Dactylis glomerata) / fétuques (Festuca spp.) par exemple.

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Prairie artificielle
Photo M. Menand

Elles représentent 3 à 5% des surfaces herbeuses productives en France et elles conservent leur appellation uniquement si elles sont composées d’au moins 80% de légumineuses. Elles sont généralement fauchées et occupent le sol plus d’un an, mais peuvent être exploitées théoriquement pour une durée allant jusqu’à 10 ans. La consommation de ces fourrages peut être réalisée directement par pâturage, modalité traditionnelle et universelle d’exploitation des prairies par les animaux herbivores, ou à l’auge sous forme de fourrage vert ou conservé (par dessiccation comme le foin, ou par fermentation comme l’ensilage).

Ces prairies artificielles se distinguent de celles permanentes qui sont des prairies naturelles ou semées depuis plus de 6 ans, et dont la surface de production d’herbe ou autres plantes fourragères n’a pas été reconvertie en cultures, c’est-à-dire dont la terre n’a pas été retournée. Si ce n’est pas le cas, elle sera considérée comme prairie temporaire et pourra faire l’objet d’un retour vers une culture.

Une culture est également une surface de production végétale tirée de l’exploitation de la terre. Il en existe plusieurs types selon les espèces exploitées : les grandes cultures annuelles (céréales [blé, orge, seigle, avoine, riz, maïs…], oléagineux [colza, tournesol, soja, lin…], protéagineux [pois, lentilles, lupins…]), le maraîchage (légumes), l’arboriculture fruitière, la viticulture (production du raisin), l’horticulture (pépinières), etc.

Depuis quelques décennies, on assiste à des modifications profondes de la répartition de ce « paysage fourrager français », notamment dues à une intensification agricole. Ceci est principalement dû à la mécanisation, à l’émergence de secteurs dédiés à la production de semences certifiées, à l’évolution des pratiques de fertilisation et aux développements majeurs concernant l’utilisation et la valorisation des fourrages (amélioration de leur valeur alimentaire et diminution de la pénibilité du travail).

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Paysage de cultures intensives
Photo M. Menand
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Culture intensive monospécifique
Photo M. Menand

Dans la région Midi-Pyrénées, la surface consacrée à ces cultures est relativement importante par rapport à d’autres régions, surtout en zone de plaine. Les secteurs les plus montagnards ont conservé une identité plutôt tournée vers l’élevage.

Ces cultures et prairies artificielles sont donc aujourd’hui en très grande majorité intégrées dans un système d’agriculture intensive, qui fait la part belle aux pesticides, aux engrais, et à des modes d’exploitation toujours plus mécanisés et productifs.

La biodiversité peut alors y être très pauvre. Ce sont sans doute les milieux qui limitent le plus l’expression de cortèges floristiques intéressants, et donc de la faune associée. On y rencontre principalement des espèces dites commensales des cultures, qui ont un cycle adapté à leur mode d’exploitation : espèces annuelles, s’accommodant de remaniements du sol réguliers, voire résistant par endroit aux pesticides. Certains champs accueillent à peine 5-6 espèces végétales, si ce n’est parfois aucune ! Ce sont aussi de bons vecteurs d’expansion d’espèces invasives, comme certaines graminées américaines (panics, sétaires…) ou encore les ambroisies (au pollen très allergisant).

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Champ de tournesol envahi de graminées exotiques
Photo M. Menand

Cependant, dans certains secteurs où un mode d’exploitation extensif et traditionnel subsiste, ce sont des habitats ayant des fonctions écologiques multiples et permettant notamment d’héberger de la biodiversité. En effet, on y rencontre de nombreuses espèces dites messicoles (se développant dans les moissons) comme la Nigelle de France (Nigella gallica), le Coquelicot (Papaver rhoeas) ou le Bleuet (Centaurea cyanus), ainsi que des plantes adventices comme l’Amaranthe hybride (Amaranthus hybridus) et le Cirse des champs (Cirsium arvense).

Ces plantes peuvent attirer des insectes pollinisateurs qui, lorsqu’elles sont présentes en bord de cultures, permettent d’améliorer les rendements. Considérant les services écosystémiques permis par ces cultures, de nombreux programmes de restauration ont été mis en place. Dans de très nombreux cas, ces milieux sont intégrés dans le réseau Natura 2000 où ils peuvent bénéficier d’une gestion appropriée (contre une compensation financière pour l’agriculteur).

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Culture avec coquelicot et bleuet
Photo M. Menand
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Bord de champ à adonis goutte-de-sang
Photo M. Menand
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Champ de colza avec messicoles
Photo M. Menand
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Champ de fève et avoine avec messicoles
Photo M. Menand
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Chaume de blé où pousse la nigelle de France
Photo M. Menand
Texte rédigé par Sophie Mennicken, Laurie Dunn et Mathieu Menand
Dernière mise à jour : 15/01/2017

Accès aux fiches espèces

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Adonis annuel
Adonis annua
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Nielle des blés
Agrostemma githago
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Amaranthe hybride
Amaranthus hybridus
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Mouron des champs
Anagallis arvensis
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Avoine barbue
Avena barbata
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Capselle bourse-à-pasteur
Capsella bursa-pastoris
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Bleuet
Centaurea cyanus
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Céphalaire de Transylvanie
Cephalaria transylvanica
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Chénopode blanc
Chenopodium album
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Cirse des champs
Cirsium arvense
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Euphorbe réveil-matin
Euphorbia helioscopia
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Fumeterre officinale
Fumaria officinalis
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Spéculaire miroir-de-Vénus
Legousia speculum-veneris
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Nigelle de France
Nigella gallica
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Coquelicot
Papaver rhoeas
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Pourpier maraîcher
Portulaca oleracea
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Radis ravenelle
Raphanus raphanistrum
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Chardon Marie
Silybum marianum
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Morelle noire
Solanum nigrum
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Mouron des oiseaux
Stellaria media
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Vesce des moissons
Vicia segetalis
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Pensée des champs
Viola arvensis