Murin à oreilles échancrées

Myotis emarginatus

Nom commun : Murin à oreilles échancrées
Nom latin : Myotis emarginatus
Famille : Vespertilionidés– Ordre des Chiroptères
Période d’activité / d’observation : observable toute l’année (en activité essentiellement au crépuscule et tout au long de la nuit), hiberne en hiver
Statut réglementaire : LC (LRN, LRE et LRM), espèce protégée en France, Ann. IV (DRHFF), Ann. II (Berne et Bonn), Dc (ZNIEFF), Ann. 1(Accord EUROBATS)
  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Références citées
  6. Cartographie

Descriptif et particularités

Le Murin à oreilles échancrées est une chauve-souris de taille moyenne et qui présente une nette échancrure, presque à angle droit, sur le bord externe de l’oreille. Le tragus ne dépasse pas cette échancrure (Dietz et al., 2009 ; Lemaire et al., 2009 ; Prud’homme in Jacquot, 2014). Au premier regard, cette espèce est assez similaire au Murin de Natterer. Toutefois, ce dernier présente un dos plus gris (le premier a un dos roux) et un ventre beaucoup plus clair. L’éperon du Murin à oreilles échancrées est droit et celui du Murin de Natterer en forme de S (Dietz et al., 2009 ).

Habitat et écologie

Cette espèce grégaire, assez commune en Midi-Pyrénées, affectionne les milieux boisés de feuillus, les milieux ruraux, les vallées de basse altitude, ainsi que les parcs et jardins. En période estivale, les grandes colonies de parturition s’installent dans des combles (avec si possible une hauteur de plafond élevée). Les plus petites colonies peuvent se retrouver au niveau des charpentes des vieilles bâtisses. Dans le Lot, quelques colonies de mise bas sont connues dans les grottes (Prud’homme in Jacquot, 2014). Les colonies de Murin à oreilles échancrées peuvent s’associer à celles de Grand rhinolophe (cas le plus fréquent) ou de Rhinolophe euryale. En hiver, ce murin est strictement cavernicole. Il sort tard au crépuscule, environ cinquante minutes après le coucher du soleil (Lemaire et al., 2009). Pour chasser, il s’éloigne jusqu’à 12,5 km de son gîte (Bodin, 2011).

Répartition en Midi-Pyrénées

Le Murin à oreilles échancrées est présent dans les huit départements de Midi-Pyrénées. En hiver, l’espèce est cavernicole et concentrée sur les zones karstiques (Quercy, causses aveyronnais et piémont pyrénéen). En période estivale, malgré sa présence dans l’ensemble de la région, il est moins fréquent dans les territoires céréaliers du Gers, Tarn, Tarn-et-Garonne et Lauragais (Prud’homme in Jacquot, 2014). En altitude, cette espèce a été contactée jusqu’à 1000 mètres (Bodin, 2011).

Menaces

Les principales menaces sont la rénovation ou démolition des vieux bâtiments (période estivale) et le dérangement des cavités souterraines (hibernation). En ce qui concerne la rénovation, le traitement des charpentes avec des résidus de DDT et de Lindane lui est totalement défavorable. Il est également victime des bandes tue-mouches suspendues dans les étables et de la prédation par le chat domestique.

Fiche rédigée par Elsa Fernandes - mars 2016

Références citées

  • Arthur L. & Lemaire C., 2009. Les Chauves-souris de France, Belgique, Luxembourg et Suisse. Biotope, Mèze (Collection Parthénope). Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, 544 p.
  • Bodin J. (coord.), 2011. Les chauves-souris de Midi-Pyrénées : répartition, écologie, conservation. Conservatoire régional des Espaces Naturels de Midi-Pyrénées – Groupe Chiroptères de Midi-Pyrénées, Toulouse, 256 p.
  • Dietz C., Von Helversen O. & Nill D., 2009. L’encyclopédie des chauves-souris d’Europe et d’Afrique du Nord. Delachaux et Niestlé, 400 p.
  • Prud’homme F., 2014. Murin à oreilles échancrées in Jacquot E. (coord.), 2014. Atlas des mammifères sauvages de Midi-Pyrénées – Livret 5 – Chiroptères. Coll. Atlas naturalistes de Midi-Pyrénées. Edition Nature Midi-Pyrénées, 70 : 71.

Les chauves-souris peuvent-elles occuper les bâtiments ?

Certaines espèces anthropophiles fréquentent les bâtiments, notamment les greniers et les combles en été. Ces mammifères ne « pullulent » pas, les femelles se rassemblent en colonies en été où chacune met bas un seul jeune par an pendant l’été. Elles ne construisent pas de nid et ne rongent pas les matériaux, elles se posent en journée dans des « gîtes », et les seuls traces d’occupation sont leurs déjections… Certaines espèces se logent dans des fissures et d’autres dans des pièces volumineuses, suspendues au plafond ou aux poutres de charpente. Elles peuvent occuper les lieux suivants : toiture, charpente, combles, fissures de façades, volets à battants, linteaux de porte-fenêtre, cheminée, cave ou autres pièces du sous-sol.

Comment cohabiter avec des chauves-souris ?

En cas de présence de chauves-souris, il faut éviter de les déranger et de modifier leur habitat. Si vous avez prévu des travaux, évitez de les faire en période de présence des chauves-souris et évitez toute modification de leur habitat (accès, conditions lumineuses, thermiques, traitements de charpente…).

Comment favoriser la présence de chauves-souris ?

Vous pouvez faire des aménagements en faveur des chauves-souris : * Créer des ouvertures sur combles, caves… * Réserver des espaces (linteaux, fissures de façades…). * Installer des gîtes artificiels.* * Créer une mare, planter un verger et des haies d’essences locales. Pour plus d’informations et de conseils, vous pouvez nous appeler ou consulter un chiroptérologue du CEN MP : http://www.cen-mp.org/le-sos-chauve….

* Quelques modèles de gîtes artificiels :

Cartographie