Murin de Daubenton

Myotis daubentonii

Nom commun : Murin de Daubenton
Nom latin : Myotis daubentonii
Famille : Vespertilionidés
Période d’activité / d’observation : observable toute l’année (en activité essentiellement au crépuscule et tout au long de la nuit), hiberne en hiver
Statut réglementaire : espèce protégée en France, Annexe IV de la Directive
  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Références citées
  6. Cartographie

Descriptif et particularités

Le Murin de Daubenton est une petite chauve-souris, appartenant au groupe des Myotis, qui présente des oreilles relativement courtes. Les poils du front, descendant jusqu’à la tête, lui confèrent l’aspect d’un petit hérisson (Arthur & Lemaire, 2009). Les jeunes présentent la face plus sombre et jusqu’à l’âge d’un an ils portent, sous la lèvre inférieure, une petite tâche bleuâtre, très contrastée. Au fil des années, cette tâche s’estompe et à l’âge de 4 / 5 ans elle finit par disparaître.

Habitat et écologie

Cette espèce se trouve rarement éloignée de l’eau et elle aime particulièrement glaner les insectes au-dessus des eaux calmes, comme ceux du Canal du Midi et de la Garonne. Certains individus chassent également dans les milieux forestiers, les parcs et les prés-vergers. Pour cette activité, le Murin de Daubenton parcourt de faibles distances entre les gîtes et les terrains de chasse (en moyenne 2,3 km pour les femelles et 3,7 km pour les mâles) (Bodin in Jacquot, 2014).

Les gîtes préférentiels sont des disjointements de ponts ou de bâtiments et des cavités arboricoles. En Midi-Pyrénées, dû au manque de prospections, peu de ces gîtes sont actuellement connus. Dans la seconde quinzaine de juin a lieu la mise bas et à partir de la seconde quinzaine d’août les colonies se dispersent. Entre novembre et mars, les individus hibernent.

Répartition en Midi-Pyrénées

Le Murin de Daubenton est largement répandu dans toute la région Midi-Pyrénées. La reproduction est avérée dans tous les départements, même si aucune colonie de parturition n’a été retrouvée dans les Hautes-Pyrénées, le Lot et le Tarn-et-Garonne. En hiver, cette espèce n’a pas été recensée dans le Gers ; certainement par manque de prospections (Bodin, 2011).

Menaces

La principale menace est la disparition de ses gîtes, dont les arbres et les disjointements de ponts ou les bâtiments. Par ailleurs, l’assèchement des zones humides induit la disparition des insectes proies et des terrains de chasse. Paradoxalement, l’eutrophisation des eaux favoriserait cette espèce par l’augmentation des ressources alimentaires (la plupart des larves des chironomes vivent au fond des eaux eutrophes) (Dietz et al., 2009). Les collisions routières, ainsi que les prédations par les chats domestiques ou les rapaces nocturnes constituent d’autres menaces à prendre en compte.

Fiche rédigée par Elsa Fernandes

Références citées

Bodin J. (coord.), 2011. Les chauves-souris de Midi-Pyrénées : répartition, écologie, conservation. Conservatoire régional des Espaces Naturels de Midi-Pyrénées – Groupe Chiroptères de Midi-Pyrénées, Toulouse, 256 p. Dietz C., Von Helversen O. & Nill D., 2009. L’encyclopédie des chauves-souris d’Europe et d’Afrique du Nord. Delachaux et Niestlé, 400 p. Bodin J., 2014. Murin de Daubenton in Jacquot E. (coord.), 2014. Atlas des mammifères sauvages de Midi-Pyrénées – Livret 5 – Chiroptères. Coll. Atlas naturalistes de Midi-Pyrénées. Edition Nature Midi-Pyrénées, 76 : 77. Arthur L. & Lemaire C., 2009. Les Chauves-souris de France, Belgique, Luxembourg et Suisse. Biotope, Mèze (Collection Parthénope). Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, 544 p.

Les chauves-souris peuvent-elles occuper les bâtiments ?

Certaines espèces anthropophiles fréquentent les bâtiments, notamment les greniers et les combles en été. Ces mammifères ne « pullulent » pas, les femelles se rassemblent en colonies en été où chacune met bas un seul jeune par an pendant l’été. Elles ne construisent pas de nid et ne rongent pas les matériaux, elles se posent en journée dans des « gîtes », et les seuls traces d’occupation sont leurs déjections… Certaines espèces se logent dans des fissures et d’autres dans des pièces volumineuses, suspendues au plafond ou aux poutres de charpente. Elles peuvent occuper les lieux suivants : toiture, charpente, combles, fissures de façades, volets à battants, linteaux de porte-fenêtre, cheminée, cave ou autres pièces du sous-sol.

Comment cohabiter avec des chauves-souris ?

En cas de présence de chauves-souris, il faut éviter de les déranger et de modifier leur habitat. Si vous avez prévu des travaux, évitez de les faire en période de présence des chauves-souris et évitez toute modification de leur habitat (accès, conditions lumineuses, thermiques, traitements de charpente…).

Comment favoriser la présence de chauves-souris ?

Vous pouvez faire des aménagements en faveur des chauves-souris : * Créer des ouvertures sur combles, caves… * Réserver des espaces (linteaux, fissures de façades…). * Installer des gîtes artificiels.* * Créer une mare, planter un verger et des haies d’essences locales. Pour plus d’informations et de conseils, vous pouvez nous appeler ou consulter un chiroptérologue du CEN MP : http://www.cen-mp.org/le-sos-chauve….

* Quelques modèles de gîtes artificiels :

Cartographie