Un permis accordé, une vallée menacée

Des perspectives de reprise de l’activité minière en France refont surface depuis quelques années. Selon une déclaration d’Emmanuel Macron en août 2015, alors ministre de l’Economie, « la France a décidé de reconquérir le sujet minier et de se redonner un avenir dans ce domaine » (Journal Les echos (1) ). Parmi les secteurs en ligne de mire, la commune de Couflens-Salau, dans la Haute Vallée du Salat en Ariège.

Chez les habitants, des souvenirs nauséabonds refont surface : l’ancienne mine d’Anglade a été exploitée de 1971 à 1986 afin d’y extraire du tungstène. Les anciens se souviennent et décrivent une vallée « morte », désertée par ses habitants, fuyant le bruit, l’agitation, la pollution. Ce n’est pas tout. Des maladies pulmonaires graves (cancers du poumons, asbestose, …), imputées à une exposition à l’amiante ont été diagnostiquées chez 14 mineurs (voir le rapport d’Annie Thébaud-Mony en pièce jointe en bas de page). L’affaire fait alors scandale, en parallèle de l’épuisement du tungstène, et la mine ferme. Malgré ce constat, le site, situé près des sources du Salat, n’a jamais été ni désamianté, ni dépollué et on retrouve encore aujourd’hui, dans les sédiments du Salat et de ses affluents, des taux importants d’arsenic… La vie a repris son cours, la vallée s’est repeuplée, l’école a ouvert à nouveau et des activités s’y sont développées, comme le tourisme et l’agropastoralisme.

Depuis le 21 octobre 2016, la menace d’une réouverture de la mine s’agrandit. Le PERM (permis exclusif de recherches de mines) a été accordé à la société Variscan Mines afin de réaliser des forages d’exploration, à la recherche de tungstène pour une durée de 5 ans. Les 25 millions d’euros qui devraient être investis par des capitaux étrangers, localisés dans un paradis fiscal situé aux Iles vierges britanniques, vont permettre à l’entreprise d’« étudier les possibilités économiques, environnementales et sociétales de redévelopper une filière d’extraction et de valorisation de tungstène à partir de l’ancienne mine ».

Mais à Salau, associations, scientifiques, élus, et citoyens se mobilisent pour contester ce projet et informent les locaux et touristes. Un film documentaire a même vu le jour, « Mine de rien », produit par Mediacoop, réalisé par Eloïse Lebourg et Mathieu Soudais. Il a déjà été diffusé dans une vingtaine de communes de la région, y compris à Toulouse. Il est notamment relayé par l’association Stop Mine Salau

Le Comité Ecologique Ariégeois et l’Association de Protection des rivières Ariégeoises Le Chabot, deux associations départementales agréées de protection de l’environnement, sont également engagées contre ce projet et ont réalisé les documents téléchargeables ci-dessous.

Voir également l’article publié par FNE Midi-Pyrénées

(1) https://www.lesechos.fr/23/08/2015/…