Pachyure étrusque

Suncus etruscus

Nom commun : La Pachyure étrusque
Nom latin : Suncus etruscus (Savi, 1822)
Famille : Soricidae – Ordre des Soricomorphes
Période d’activité / d’observation : la période de reproduction commence en mars/avril et se termine en septembre/octobre. Active toute la journée.
Statut réglementaire:préoccupation mineure (LC) aux niveaux mondial et français, déterminante ZNIEFF stricte (Ds).
  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Cartographie

Descriptif et particularités

La Pachyure étrusque est de très petite taille ce qui rend toute confusion quasi-impossible (3,6 à 5,3cm pour le corps, queue de 2,1 à 3cm, pour 1,2 à 2,7g). Son museau est long et très fin, avec de grandes vibrisses. Ses yeux sont minuscules et ses oreilles, quasi sans poils, sont rondes, grandes et très visibles. Les dents sont blanches. Son pelage dorsal gris-brun, avec un ventre plus clair, gris cendré, ne présente pas de démarcation nette. La queue est parsemée de longs poils. Les mues – au nombre de deux par an – et notamment celle d’automne, lui donnent un pelage plus foncé pendant 1 ou 2 mois. La Pachyure étrusque présente le métabolisme le plus élevé de tous les Mammifères, ce qui est dû à un volume cardiaque important en rapport à sa taille : son rythme cardiaque varie entre 900 et 1 400 pulsations par minute ! C’est ce qui explique sa courte durée de vie (entre 1 an et 18 mois). Malgré la brièveté de sa vie, aucun individu n’a montré de reproduction l’année de sa naissance. Elle alterne entre les phases de repos et de chasse d’Arthropodes, parfois plus grands qu’elle. Quand la nourriture devient rare, elle entre en léthargie. Si le comportement de « caravaning » a été observé chez cette espèce, on ignore encore beaucoup de choses concernant son écologie, notamment la taille de son domaine vital, ou si l’espèce est territoriale.

Habitat et écologie

Du fait de sa physiologie, l’espèce occupe des zones où les hivers de sont pas trop rigoureux et relativement secs. La Pachyure étrusque est donc sensible à l’humidité du sol et aux basses températures, surtout la nuit. Ses habitats sont donc composés de terrains secs et chauds, comme les pelouses sèches ou les cultures en terrasses avec murs de soutènement en pierres. Elle fréquente aussi les coteaux ensoleillés, des milieux pierreux et agricoles avec talus secs en Midi-Pyrénées. C’est pourquoi on ne la trouve pas au-dessus de 600-800m d’altitude. L’espèce ne construit a priori pas de nid en terrier mais seulement dans les anfractuosités de rochers.

Répartition en Midi-Pyrénées

Espèce plutôt méditerranéenne, elle est bien représentée dans le Tarn et Tarn-et-Garonne mais sans jamais être abondante comme d’autres espèces de musaraignes. Elle se rencontre aussi dans le Gers, la Lomagne et l’Armagnac, dans les coteaux secs et ensoleillés. Elle est par contre absente des coteaux calcaires en Aveyron, le nord du Lot, les températures y étant surement trop froides.

Menaces

En dehors des zones suburbaines, le maintien de la Pachyure étrusque dépendra de celui des anciens systèmes de cultures en terrasses, de l’entretien des murets et de la conservation des pelouses sèches (maintien des milieux ouverts, associé à un pâturage léger). L’absence de suivi, même par indicateur indirect, ne permet pas de mettre en évidence une tendance d’évolution des populations, même si la régression de son habitat peut laisser envisager une diminution. La sensibilité de cette espèce aux conditions climatiques en fait un bon témoin des réchauffements qui favoriseront sûrement son expansion.

Fiche rédigée par Julien Albert et Nathalie de Lacoste - mars 2016

Cartographie