Pandémie planétaire chez les batraciens

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Il est microscopique et se répand à toute vitesse. Un champignon infectieux, appelé Chytride, fait des ravages chez les grenouilles et les autres amphibiens.

Les hécatombes, d’abord observées en Australie puis en Amérique latine il y a une dizaine d’années, sont décrites partout dans le monde aujourd’hui. En France, des extinctions massives ont été recensées chez plusieurs espèces de batraciens, notamment le remarquable Alyte accoucheur ou la salamandre. L’épidémie a démarré en 2007 dans les Pyrénées et semble se propager.

Toutes les observations des scientifiques et des naturalistes sur le terrain laissent craindre le pire. Nos campagnes risquent-elles d’être réduites au silence et nos mares désertées ? Difficile de connaître l’origine exacte de l’infection. Des chercheurs du Imperial College (Londres) et du CNRS de Moulis (Ariège) tentent depuis 2003 de mieux comprendre comment se propage le Chytride et semblent convaincus d’avoir affaire à un pathogène émergent, en d’autres termes une maladie transportée sous nos latitudes par des espèces exotiques. De nombreux indices laissent à penser qu’elle aurait été introduite dans l’hémisphère nord par un Xénope, une petite grenouille, originaire d’Afrique du Sud. C’est ensuite la fameuse Grenouille taureau, porteur sain du champignon, qui aurait favorisé sa propagation depuis les États-Unis jusqu’à la France. Pour le moment, le champignon se développe préférentiellement en altitude où, d’après les observations des chercheurs, il anéantit 100 % des crapauds infectés.

Les scientifiques ont également remarqué que l’infection était beaucoup plus virulente dans les chaînes de montagne, des zones souvent très touristiques et où « les gens en se promenant le long des sentiers peuvent propager l’infection sans le savoir » prévient Dirk Schmeller, de la Station d’Ecologie Expérimentale du CNRS à Moulis. A l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement contre la chytridiomycose, seule une active prévention pourrait empêcher la propagation de cette maladie et sauver les grenouilles, crapauds et salamandres.

Et c’est là que nous, promeneurs, naturalistes, habitants, intervenons. Des gestes simples pourraient ralentir l’épidémie, mais sommes-nous prêts à changer nos habitudes et à faire quelques efforts ? Pour aider les scientifiques à lutter contre le Chytride et envisager quelles mesures et recommandations sont réellement applicables sur le terrain, vous pouvez répondre à quelques questions en suivant ce lien. Merci de le faire en toute sincérité.

Dirk S. Schmeller