Petit-duc scops

Le Petit-duc scops est un petit rapace nocturne, insectivore et le seul rapace nicheur nocturne migrateur dans l’avifaune de Midi-Pyrénées (le Hibou des marais n’étant un nicheur qu’accidentel).

Petit-duc scops, crédit Serge Gousse

Nom commun : Petit-duc scops
Nom latin : Otus scops
Famille : Strigidés
Période d’activité / d’observation : Nicheur estivant, Migrateur présent d’avril-à septembre
Statut réglementaire:Espèce protégée
  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie

Descriptif et particularités

Il est plus petit et plus fin que la Chevêche d’Athéna avec moins de 20 cm de long. Son poids n’excède pas 100g. Comme souvent chez les rapaces, le poids de la femelle est plus élevé que celui du mâle mais il n’y a pas de réelle différence visible entre les deux sexes. Les aigrettes ne sont pas toujours visibles, notamment lorsqu’il est actif où sa forme s’arrondit, les faisant disparaître. L’iris de ses yeux est jaune, son bec gris et son plumage cryptique lui permet de se camoufler contre l’écorce des arbres qu’il fréquente. La population nationale est estimée entre 10 000 et 20 000 couples mais il existe relativement peu d’études poussées sur l’espèce et sa dynamique. Hormis la France, c’est en Espagne que l’espèce est la plus représentée.

Habitat et écologie

Migrateur, le Petit duc Scops passe l’hiver en Afrique subsaharienne. Il revient en Europe à partir de fin mars-début avril. Il apprécie particulièrement les biotopes chauds et secs : ainsi le climat méditerranéen lui convient particulièrement. En Afrique, on le trouve essentiellement dans les zones de savane. En France, l’espèce est particulièrement bien représentée dans le sud-est. Il est même sédentaire en Corse. Sa présence dans la région Midi-Pyrénées a été peu étudiée mais il semble présent dans la zone pyrénéenne depuis le début du quaternaire. Comme la Chouette chevêche, il affectionne particulièrement les prairies rases et maigres, les paysages de bocages et de vergers mais aussi les parcs et jardins. Son alimentation est composée à plus de 90% d’insectes et particulièrement de gros insectes. Il chasse en vol mais également à l’affût. Il lui arrive parfois de chasser des petits rongeurs ou des oiseaux qu’il plume au sol avant de les manger. C’est un oiseau strictement nocturne même s’il lui arrive d’être actif le jour (parades, nourrissage des jeunes). Il est assez difficile à observer, prompt à se cacher. En revanche, le chant du mâle : un « tiou » caractéristique répété de manière régulière toutes les 2 à 3 secondes et qui ressemble au chant du crapaud accoucheur, permet de le repérer aisément, même à bonne distance. Durant la période avril-mai, le mâle peut ainsi chanter une grande partie de la nuit sans s’interrompre, la femelle lui répondant parfois de manière plus étouffée et asynchrone. Dans la journée, il reste caché parfois debout contre un tronc d’arbre, droit commue un « i », les aigrettes dressées. Le Petit-duc scops est cavicole : il apprécie les cavités dans les vieux arbres mais également les vieux bâtiments où il a tendance à se réfugier lorsque son habitat naturel disparaît. Il n’est ainsi pas exceptionnel de le trouver nicheur en zone urbaine. Il peut également occuper des nichoirs installés à son attention. Les couples sont fidèles et reviennent en général nicher aux mêmes endroits. La date de la ponte peut varier entre avril et juillet. Le mâle a un comportement territorial, y compris pendant l’hiver dans ses quartiers d’Afrique subsaharienne où il partage les mêmes espaces que son cousin africain.

Répartition en Midi-Pyrénées

Sa présence est encore mal connue dans la région, d’autant que certaines variations inter-annuelles ne facilitent pas la prospection. On sait toutefois qu’il est régulièrement présent et nicheur dans l’ouest du Tarn, le sud-est de l’Aveyron et les zones caussenardes du Lot et du Tarn-et-Garonne. On le trouve également dans le Gers et l’Ariège notamment sur les versants chauds du massif du Plantaurel où il occupe des villages et en Haute Garonne dans le Lauragais. Enfin, il est possible de le trouver en zone urbaine comme à Toulouse où il affectionne les cours arborées et protégées, où la brique restitue durant la nuit, la chaleur captée en journée.

Menaces

Les dangers qui pèsent sur cette espèce sont liées à la disparition des cavités ainsi qu’à la raréfaction de ses proies éliminées par un usage excessif de pesticides et d’insecticides. L’intensification agricole et le grignotage urbain sont donc deux facteurs majeurs qui influent sur les populations. En l’absence d’enquête spécifique sur l’espèce il est difficile de dégager des tendances locales sur la dynamique.

Fiche rédigée par Frédéric Salein