Populations garonnaises d’Orme lisse, 20 ans après !

Témoignage

Rendez-vous au Ramier de Bigorre pour une sortie animée par Nature En Occitanie. Je me suis proposé comme bénévole au suivi des ormes lisses, sans vraiment trop savoir à quoi m’attendre. Le temps est encore incertain, mais malgré tout, la motivation est là.

Vers 9 h 30, le 19 septembre, Nelly, en charge de la gestion du site, commence les explications. Le site, protégé par un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope, constitue 33 hectares de zone humide, de boisement, de prairies et d’ilots à observer depuis le bord de la Garonne.

L’objectif de la journée est l’observation des 80 ormes lisses marqués il y a vingt ans et suivis tous les dix ans. L’orme est une des essences principales des forêts alluviales garonnaise, et subit les impacts de la maladie de la Graphiose, bien que plus résistant que l’orme champêtre qui est ravagé. Le suivi des peuplements de la forêt alluviale va permettre de dire si l’orme lisse présent sur le site montre toujours une résistance à la Graphiose et si ces populations se régénèrent.

D’abord, un Orme lisse (Ulmus laevis), qu’est-ce que c’est  ?
Cet arbre est bien reconnaissable à son fruit, des samares entièrement entourées par une aile et qui possède un pédicelle contrairement à l’Orme champêtre (Ulmus minor). Bon, difficile d’utiliser ce critère en cette fin de saison, on va se concentrer sur les feuilles et les bourgeons, bicolores et pointus.

Mise en place du protocole pour le suivi

Chaque arbre est identifié avec un numéro, qu’il faut retrouver, bien aidé par le GPS. Ensuite, il faut noter son aspect général : tronc unique, fourche ou ensemble de plusieurs troncs. Vient après le temps des mesures : tour de taille, à 1 mètre du sol, et si possible la hauteur (difficile à noter en forêt). Enfin, inspection ! Il faut observer l’arbre, relever ses cavités, les branches mortes, etc. On note le tout et au suivant ! La première partie de journée se passe dans une joyeuse cacophonie, où tout le monde cherche sa place, essaie différents rôles pour découvrir les différents aspects.

La faim se fait finalement sentir, et l’on se dirige vers une petite plage en bord de Garonne. C’est l’occasion d’échanger pour connaître un peu le groupe.

C’est reparti, la troupe est maintenant rodée, nous attaquons un peu plus confiants la seconde partie de ce suivi. Il fait maintenant chaud, et c’est après une quarantaine d’arbres inspectés que la journée s’achève. Et déjà, je redemande d’autres occasions comme celle-ci, de découvrir un peu plus la nature qui nous entoure.

C’est donc l’heure de se quitter, et j’en profite pour remercier Nelly et l’association d’avoir organisé cette journée.

Article rédigé par Bastien Cros et complément Nelly Dal Pos - octobre 2020
Une journée technique, proposée le 16 septembre, a réuni différents gestionnaires de site, présentant l’Orme lisse, partout en France, et l’INRAE (qui supervise la conservation des ressources génétiques forestières). Au moins sur les deux Unités Conservatoire Garonne et Val d’Allier, un manque de régénération est soupçonné car aucun jeune individu n’est observé. L’origine de ce phénomène est-il lié à des changements de conditions climatiques, hydriques… ou au pouvoir germinatif des graines. Il a été décider que des expériences seraient conduites en 2021 pour en chercher les causes.

D’autres journées ont été programmées en octobre et en novembre avec l’appui de bénévoles mais aussi avec l’implication des BTS du Cours Diderot et des BTS du Lycée La cadène. Un grand merci pour l’investissement de tous qui nous permet d’aller plus vite et de façon conviviale.