Préservons la nature de proximité !

Dans le cadre du débat public concernant la troisième ligne de métro à Toulouse qui a débuté le 12 septembre et qui durera jusqu’au 17 décembre 2016, FNE Midi-Pyrénées présente à travers son Cahier d’acteur de novembre leurs arguments en défaveur de ce projet qui ne répond pas suffisamment aujourd’hui aux objectifs du Plan de Déplacement Urbain toulousaine « Projet mobilités 2020 – 2025 – 2030 ». A cette occasion, ils ont également donné la parole à Pascale Mahé, Directrice de Nature Midi-Pyrénées afin de mettre en lumière les impacts sur la faune, la flore et les milieux naturels d’un tel projet.

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Linotte mélodieuse

Les enjeux majeurs concernent les espèces : Linotte mélodieuse, Pie grièche, Grenouille agile, Pipistrelle de Khul, Grand capricorne, Lérot.

Comme pour toute nouvelle infrastructure, l’enjeu prioritaire est de stopper la consommation d’espace dans la métropole toulousaine marquée par un étalement urbain record, et donc de prendre toutes les mesures d’évitement en faveur des espaces naturels et agricoles qui pourraient être détruits, coupés ou réduits, notamment dans les tronçons en aérien, mais aussi autour des parkings et stations. Mais la biodiversité ne se cantonne pas aux seuls espaces naturels remarquables, elle est partout, ce qui justifie sa prise en compte systématique et transversale dans la définition et la mise en œuvre de l’aménagement. Beaucoup d’espèces de plantes, insectes, amphibiens, reptiles, mollusques, oiseaux ou mammifères … vivent, s’alimentent, se reproduisent, hivernent dans le fuseau d’étude de l’itinéraire préférentiel, trouvant dans le milieu urbain ou périurbain des niches écologiques particulières, adaptées à leurs besoins.

Les risques de destruction d’habitats et les coupures de corridors écologiques doivent être étudiés de manière approfondie afin d’être évités : modifications du réseau hydrique, tassement des sols et destruction de la végétation sur la bande de travaux pour les tronçons en aérien et sur les zones d’acheminement des engins, assèchement de zones humides consécutif au creusement du tunnel avec pompage pour les parties en souterrain, eutrophisation, dissémination d’espèces invasives etc…

Mais au-delà de ces dégradations directes sur l’emprise du projet, c’est la manière dont vont être gérés les millions de m3 de déblais tunneliers qui va déterminer l’ampleur des impacts sur les milieux naturels. Le coût exorbitant pour le tri et la valorisation de ces déchets de piètre qualité et qualifiés de stériles, fait que bien souvent c’est l’urgence et le système D qui prévaut et tout est bon pour stocker, combler, remblayer des terrains, dans les anciennes gravières mais aussi dans les milieux naturels à l’abri des regards. Lors des tranches précédentes, à quelques kilomètres de Toulouse, des prairies inondables et des boisements humides en bordure de cours d’eau ont ainsi été rehaussés de quelques dizaines de centimètres, détruisant de manière irréversible toute la typicité écologique de ces milieux remarquables. Nous ne pouvons plus accepter cela !