Retenue de Sivens : les assos déposent un recours auprès du Tribunal administratif

et appellent à manifester contre le déboisement

Ce vendredi 15 novembre, le collectif « Sauvegarde de la zone humide du Testet », l’association Nature Midi-Pyrénées et sa fédération FNE Midi-Pyrénées déposent un recours auprès du Tribunal Administratif de Toulouse pour faire annuler l’arrêté préfectoral autorisant la destruction d’espèces protégées sur le site de la zone humide du Testet (Tarn), amenée à être détruite pour la réalisation de la retenue de Sivens.

Dans le même temps, nous lançons un appel à tous les citoyens du Tarn et d’ailleurs à manifester leur opposition au déboisement d’ores et déjà planifié d’ici fin novembre. Retrouvez-ci-dessous le communiqué du collectif « Sauvegarde de la zone humide du Testet », sur le site internet duquel vous pourrez également trouver toutes les infos relatives au projet et les dates des prochaines manifestations dès qu’elles seront calées. Bien sûr nous les relaierons également ici même.

Joignez-vous au mouvement pour exprimer la conviction qu’un autre aménagement du territoire est possible, plus respectueux de la nature et offrant un cadre de vie plus sain et plus agréable à l’homme !

Premiers travaux du barrage de Sivens : Le Collectif appelle à manifester une opposition au déboisement

Hier et aujourd’hui, la Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG) et le Conseil Général du Tarn (CG), porteurs du projet de barrage de Sivens, ont missionné un bureau d’études pour capturer des espèces protégées préparant ainsi le déboisement de la zone humide du Testet. Hier, trois naturalistes sont arrivés équipés pour, apparemment, effectuer une pêche électrique de la lamproie de Planer.

Cette première opération de sauvetage de la faune marque donc la préparation du déboisement de la zone humide du Testet en novembre puisque l’arrêté préfectoral du 16/10/13 prévoit que « Les travaux de déboisement, débroussaillage et terrassement ne pourront avoir lieu qu’après sauvetage de la faune et pose éventuelle de clôtures, avec accompagnement d’un expert écologue, pour empêcher le retour des animaux ». Or, la Préfète du Tarn a autorisé les déboisements du « 1er septembre au 30 novembre et du 1er au 28 février ». Afin d’éviter un retour des animaux sur la zone de chantier, le sauvetage doit précéder de près le déboisement. Les sauvetages prévus hier préparent donc un déboisement fin novembre.

Le Collectif dénonce fortement cette tentative de déboisement fin novembre car elle implique la mort de la majorité de la faune présente sur la zone humide et que les porteurs du projet sont censés tenter de sauver. Pour convaincre le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) d’accorder un avis favorable à leur demande de dérogation, en août dernier, le CG et la CACG lui avaient promis que :

« Les déboisements nécessaires, dans les emprises précédemment définies (cf. Figure 34), seront réalisés au cours de la période de septembre à mi-novembre, ceci afin d’éviter les périodes de reproduction de l’avifaune (printemps et début d’été) ou d’hivernage des amphibiens et reptiles (2è partie de l’automne, et hiver) ».

Sur le terrain, l’hivernage des amphibiens et des reptiles est effectif, surtout avec le refroidissement de ce début novembre, et la capture des animaux dans ces conditions est vouée à l’échec. En cohérence avec les engagements qu’ils ont pris devant le CNPN, le CG et la CACG ne devraient pas tenter de procéder au déboisement à compter de mi-novembre soit demain 15 novembre. Ceci même si, paradoxalement, la Préfète du Tarn les y autorise jusqu’au 30 novembre alors qu’elle a pourtant déclaré à la presse (voir article de La Dépêche du 10/10/13) : « Nous tenons compte des préconisations du CNPN ».

Face à ce nouveau manque de respect pour la faune et la flore ainsi que pour l’avis des scientifiques et experts, comment s’étonner que des citoyens se soient mobilisés hier et aujourd’hui sur le terrain pour empêcher, de manière non-violente, la préparation des déboisements fin novembre ? Plusieurs voix, y compris d’élus, se sont élevées ces derniers mois pour rappeler que la politique du « passage en force » ne peut que déboucher sur le discrédit politique et donc, par réaction, sur la nécessaire mobilisation citoyenne pour défendre l’intérêt général contre des intérêts particuliers.

Le 31 octobre, le Collectif a écrit à Thierry Carcenac, Président du CG, un courrier argumenté pour demander que l’institution départementale se prononce en faveur d’un moratoire du projet de barrage de Sivens en attendant que de nouvelles études soient réalisées par des experts réellement indépendants.

A ce jour, le Collectif n’a toujours pas reçu de réponse du CG à ce courrier ni d’ailleurs à celui du 18/09/13 concernant la mise en cause de l’étude réalisée par la CACG en mars 2009, financée par le CG. Pourtant, dans un rapport de 30 pages, le Collectif démontrait point par point que cette étude, sur laquelle repose le projet de barrage de Sivens, est trompeuse et qu’elle entraîne un surdimensionnement du barrage d’au minimum trois fois les besoins de salubrité et agricoles actuels. Il est inacceptable que le Conseil Général, ni d’ailleurs les Ministres chargés de l’Agriculture et de l’Ecologie, destinataires d’un courrier similaire, ne répondent à cette argumentation alors que les impacts du barrage de Sivens sur l’environnement et sur les finances publiques sont si élevés.

Poursuivant son action dans la stricte légalité, face à ce mépris venant de ces représentants politiques, le Collectif ne peut que lancer un appel à la mobilisation sur le terrain pour que les scientifiques soient enfin écoutés, que les études soient indépendantes, que les solutions apportées ensuite aient des impacts négatifs le plus réduit possible sur l’environnement, sur l’agriculture durable de la vallée du Tescou et sur les finances publiques. Face à l’urgence de protéger la zone humide du Testet et les espèces qui s’y abritent, le Collectif appelle ses membres et ses soutiens à manifester leur opposition au déboisement planifié d’ici fin novembre.

Contacts presse : Ben Lefetey (06 99 26 60 66) Marie-Agnès Boyer Gibaud (06 83 46 97 08) & Françoise Blandel (06 02 31 96 90).

Le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet

Pensez à signer la pétition en ligne pour obtenir un moratoire du barrage !