Rochers, parois et éboulis de haute montagne

  1. Présentation du milieu
  2. Accès aux fiches espèces des rochers, parois et éboulis de haute montagne

Présentation du milieu

Ce milieu regroupe diverses formations végétales dont la caractéristique principale est qu’elles se développent sur une quasi absence de sol et en altitude, le plus souvent sur des terrains pentus. Cet espace altitudinal est compris entre la limite supérieure naturelle de la forêt et la limite des glaces et neiges permanentes. Aux contraintes de l’altitude (températures, vent, durée d’ensoleillement, exposition aux rayons ultra-violets) vont s’ajouter celles du substrat pierreux induisant un sol peu épais ou même inexistant. Malgré cet habitat difficile, où la colonisation est impossible pour de nombreuses espèces, on va y rencontrer une flore d’un grand intérêt patrimonial. C’est ici que se trouvent les plantes parmi les plus remarquables de la flore de montagne, celles qui se sont adaptées aux extrêmes du climat et à la pauvreté du terrain nutritif. Le niveau d’endémisme y est important et, du fait de la brièveté du cycle de reproduction, la plupart des espèces sont pérennes. Les principales familles qui occupent ces milieux sont les Primulacées, Renonculacées, Saxifragacées, Crassulacées, Poacées mais dans beaucoup d’autres on peut trouver des espèces qui peuvent les représenter.

Du fait de l’absence de zone tampon que constitue un sol plus ou moins épais l’influence d’une roche basique ou acide sera plus notable que dans d’autres milieux. On trouvera donc un nombre important de plantes strictement acidiphiles ou basophiles.

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Paroi siliceuse à androsace des Pyrénées
Photo : M. Menand
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Paroi siliceuse fraîche
Photo : M. Menand
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Paroi calcaire thermophile
Photo : M. Menand
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Paroi calcaire à saxifrage à longues feuilles
Photo : M. Menand

Tout au long de la chaîne pyrénéenne et sur les deux versants ce milieu est bien représenté à ce niveau d’altitude. Si l’on excepte celui du mont Perdu, plus haute montagne calcaire d’Europe, les plus hauts massifs pyrénéens sont cristallins. Mais l’histoire géologique complexe de la construction des Pyrénées et de son évolution a provoqué un mélange des matériaux. Les plantes qui leur sont inféodées ont une répartition en mosaïque. En plus de l’influence chimique du substrat la richesse en espèces lithophytes s’explique par la grande diversité des terrains rocheux ou rocailleux, des pentes et des expositions : arêtes rocheuses de haute altitude, petites vires herbeuses séparées par des barres rocheuses, fissures des parois, éboulis fins et mouvants, dépôts morainiques, dalles ou pelouses rocailleuses.

Les solutions adaptatives originales retenues par les plantes pour coloniser ces habitats sont également très variées. Ces espèces orophiles auront principalement à résister à une température extrême, à des vents puissants en toute saison, à un récurrent manque d’eau et de nutriments. La forme en coussinet, fréquente chez les androsaces, a pour fonction de fournir un humus et de retenir chaleur et humidité. Feuilles épaisses et charnues souvent regroupées en rosette sont une adaptation à la sécheresse particulièrement visible chez les orpins, les joubarbes et les saxifrages. Pour résister aux mouvements causés par les éléments les plus fins des éboulis non fixés certaines plantes comme le crépis nain (Crepis pygmaea) ont un système racinaire qui peut s’allonger ou se ramifier. D’autres peuvent former un filet qui aura une fonction stabilisatrice, comme la dryade octopétale (Dryas octopetala). Des arbres comme les saules (Salix herbacea et Salix retusa), de très petite taille, vont adopter un port prostré, plaqués aux rochers pour profiter de leurs radiations. Pour contrer la très courte période de végétation en altitude certaines espèces comme la renoncule des glaciers (Ranunculus glacialis) va former son bouton floral un an à l’avance, d’autres vont adopter des couleurs très vives pour prioritairement attirer les quelques insectes pollinisateurs qui vivent à ces altitudes. Certaines espèces seront plus densément poilues en altitude qu’en plaine.

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Rocher calcaire
Photo : M. Menand
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Rocher calcaire
Photo : M. Menand

Les éboulis fins et mouvants sont très végétalisés. Quelques endémiques remarquables préfèrent le calcaire (Aquilegia pyrenaica, Adonis pyrenaica). D’autres (Cerastium pyrenaicum ou Ranunculus glacialis) les éboulis schisteux ou siliceux humides où le type d’altération des roches favorisera l’infiltration des eaux.

Les gros blocs erratiques proposent souvent une flore diversifiée sur une petite zone. Un micro habitat influencé par l’altitude et la nature de la roche. Diverses espèces saxicoles vont voisiner sur des facettes rocheuses qui créent autant de microclimats.

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Éboulis siliceux thermophile des Pyrénées orientales
Photo : M. Menand
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Éboulis siliceux frais de gros blocs
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Éboulis calcaire frais
Photo : M. Menand
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Éboulis calcaire thermophile
Photo : M. Menand

Les grandes parois calcaires ou cristallines, avec fissures, vires, surplombs, hébergent une communauté de plantes vulnérables. Du fait de la difficulté d’accès à ce milieu il reste mal connu et l’estimation des populations d’espèces est peu précise.

Parois et falaises sont des milieux stables, pas ou peu fréquentés par l’homme. Mêmes mouvants les éboulis présentent un cortège botanique stable. Ils sont peu fréquentés par les troupeaux et il n’y a pas à craindre de baisse de diversité de ce côté là. Les menaces sur ce sujet viennent du réchauffement climatique et de l’élévation de la température qui repousse toujours plus haut certaines espèces inadaptées à des conditions plus clémentes.

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Éboulis alpins à près de 3000 mètres d’altitude
Photo : M. Menand
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Paroi humide à grassette à longues feuilles
Photo : M. Menand
Texte rédigé par Daniel Cailhol et Mathieu Menand
Dernière mise à jour : 18/11/2018

Accès aux fiches espèces

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Calament des Alpes
Acinos alpinus
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Alchémille des rochers
Alchemilla saxatilis
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Androsace de Vandelli
Androsace vandellii
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Androsace des Pyrénées
Androsace pyrenaica
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Ancolie des Pyrénées
Aquilegia pyrenaica
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Arabette des Alpes
Arabis alpina
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Génépi en ombelle
Artemisia umbelliformis
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Aspérule hérissée
Asperula hirta
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Aster des Pyrénées
Aster pyrenaeus
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Céraiste des Pyrénées
Cerastium pyrenaicum
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Dryade à huit pétales
Dryas octopetala
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Camarine noire
Empetrum nigrum
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Erine alpine
Erinus alpinus
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Géranium cendré
Geranium cinereum
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Globulaire rampante
Globularia repens
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Edelweiss
Leontopodium alpinum
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Chèvrefeuille des Pyrénées
Lonicera pyrenaica
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Orpin de De Candolle
Mucizonia sedoides
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Gnaphale couché
Omalotheca supina
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Pétrocoptis des Pyrénées
Petrocoptis pyrenaica
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Potentille fausse alchémille
Potentilla alchimilloides
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Primevère hérissée
Primula hirsuta
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Ramonde des Pyrénées
Ramonda myconi
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Renoncule des glaciers
Ranunculus glacialis
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Réseda glauque
Reseda glauca
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Orpin rose
Rhodiola rosea
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Saxifrage à longues feuilles
Saxifraga longifolia
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Saxifrage à feuilles opposées
Saxifraga oppositifolia
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Joubarbe des montagnes
Sempervivum montanum
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Silène sans tige
Silene acaulis