Rougequeue noir

Phoenicurus ochruros

  • Nom commun : Rougequeue noir
  • Nom latin : Phoenicurus ochruros
  • Famille : Turdidés
  • Période d’activité / d’observation : Toute l’année
  • Statut réglementaire : Protégé au niveau national

  1. Descriptif, particularités et risques de confusion
  2. Répartition en Midi-Pyrénées
  3. Habitat et écologie
  4. Régime alimentaire
  5. Cycle annuel et reproduction
  6. Menaces et conservation
  7. Galerie
  8. Cartographie


Descriptif, particularités et risques de confusion

Le Rougequeue noir a le statut d’espèce commune. D’à peine la taille d’un moineau (13 - 14.5 cm), le plumage des mâles est noir ou gris foncé avec une tâche blanche sur l’aile (sauf individus de premier été). Le bas-ventre apparaît plus clair. Les femelles ont un plumage uniforme gris-brun, tout comme les juvéniles. Le bec très fin, ainsi que les yeux et les pattes de tous les individus sont sombres. La queue orange-rouille, en agitation quasi-permanente, est une caractéristique déterminante pour l’identification du Rougequeue noir, attribut qu’il ne partage qu’avec son cousin, le Rougequeue à front blanc (ce dernier se distinguant entre autre par une poitrine orangée ou chamois, un chant plus mélodieux et une aire de répartition plus réduite en Midi-Pyrénées). Le chant du Rougequeue noir est généralement constitué de trois parties brèves dont celle du milieu, insonore et grinçante, évoque le broyage d’éclats de verre. Au printemps, le mâle se fait fréquemment entendre depuis le sommet d’un bâtiment, d’une roche, ou plus rarement depuis le haut d’un arbre. Il peut être entendu de façon moins régulière pendant presque toute l’année.

Répartition et effectifs en Midi-Pyrénées

Espèce à la fois orophile et anthropophile, le Rougequeue noir peut être rencontré partout en Midi-Pyrénées en dehors des grands massifs forestiers, dès que la pierre (naturelle ou artificielle) lui permet l’installation dans l’abri des anfractuosités de toute sorte. Migrateur partiel, un bon nombre d’oiseaux plus nordiques hiverne dans notre région. Les mouvements migratoires de nos nicheurs locaux (mis à part la désertion des sites de montagne en fonction de l’enneigement) sont difficilement discernables entre individus sédentaires, individus en dispersion à l’échelle régionale, et individus hivernant sur la péninsule ibérique.

Habitat et écologie

Initialement inféodé aux milieux rocheux en montagne jusqu’à 3000m d’altitude, le Rougequeue noir s’est emparée de tout type de bâti dans les villages et les villes y compris en plaine et ne connait donc pas de limite dans sa distribution altitudinale dans la région. L’espèce est unique à cet égard.

Régime alimentaire

Le Rougequeue noir est essentiellement insectivore, il attrape sa proie au sol ou en vol. En hiver, les baies peuvent constituer un aliment de substitution.

Cycle annuel et reproduction

Peu farouches, mâle ou femelle défendent leur territoire en se montrant sur des perchoirs et en sautillant sur terre près de l’intrus. Ces oiseaux tolèrent une fréquentation humaine régulière et inoffensive. Le nid, assez désordonné, est construit dans des cavités, naturelles ou artificielles, parfois dans des lieux pour le moins incongrus (anfractuosités dans les rochers et les murs, vieux bâti, chantiers, grillages d’aération, véhicules immobilisés, nichoirs, etc.) Les juvéniles quittent le nid à l’âge d’une douzaine de jours sans savoir voler. Cachés au sol, c’est souvent le mâle adulte qui continue de les nourrir surtout quand la femelle initie une deuxième nichée, courante en plaine.

Menaces et conservation

Hors zones de montagne, où aucune menace particulière n’est identifiée, le Rougequeue noir semble s’adapter mieux que d’autres espèces aux modifications, a priori défavorables, de son habitat. En zones bâties, il n’hésite pas à explorer et à investir de nouveaux lieux parfois incongrus. NB : Dû au fait que les jeunes Rougequeues quittent le nid plus tôt que d’autres passereaux ils peuvent parfois se trouver en découvert en faisant l’impression abandonnés et vulnérables. Ceci provoque régulièrement des interventions de « sauvetage » bien intentionnées mais souvent contreproductives. Comme pour toute autre espèce, l’intervention ne se justifie qu’en cas de blessure manifeste.

Fiche rédigée par Carsten Standfuss

« J’ai trouvé un oiseau blessé. »
La première chose à faire et de garder son calme et de le couvrir avec une couverture, une veste, un tissu, … afin de l’immobiliser sans risque. Ensuite, déposez-le dans un carton (pas de cage !) préalablement percé de petites aérations et adapté à sa taille (ni trop grand, ni trop petit), que vous placerez dans un endroit calme et tempéré. Pour finir, contactez rapidement le centre de sauvegarde de la faune sauvage ou l’association naturaliste le plus proche afin d’obtenir des conseils sur les modalités de transport. RAPPELONS que le transport d’espèces sauvages pour toute autre situation que celle-ci est interdit. Et leur conservation chez soi l’est tout autant, même pour quelques jours. L’objectif d’une telle intervention étant de relâcher le plus rapidement possible l’animal dans son milieu.

« J’ai trouvé un oisillon tombé du nid. »
Si l’oisillon est en duvet ou peu emplumé, que son nid est intact et que vous y avez accès, vous pouvez le remettre à l’intérieur. Les oiseaux ayant un odorat beaucoup moins développé que les mammifères par exemple, le fait de toucher le jeune n’aura pas d’impact sur le retour des parents. Si l’oisillon est bien emplumé et qu’il sautille au sol c’est qu’il est presque volant. Dans ce cas vous pouvez simplement le placer en hauteur (branche, haie, …) afin de le mettre à l’abri d’éventuels dangers (chats, routes, …).

« Un oiseaux s’est cogné dans ma baie vitrée. »
Les grandes surfaces vitrées sont en effet de véritables pièges pour les oiseaux qui peuvent les heurter en plein vol. Dans la plupart des cas l’oiseau vit encore, il est juste un peu sonné. Dans une telle situation ramassez la petite victime, déposez-la dans une boîte ou un carton (adapté à la taille de l’oiseau, ni trop grand ni trop petit) muni de trou d’aération et laissez-le reprendre ses esprits dans un endroit calme pendant une petite heure. Dès qu’il aura repris connaissance, relâchez-le à l’extérieur (et loin des vitres !). S’il ne repart pas de lui-même, vous pouvez consulter un centre de soin et de sauvegarde de la faune sauvage. Afin d’éviter ce genre d’événements vous pouvez simplement poser des rideaux, des stores ou encore des stickers qui atténueront la transparence ou l’effet miroir de vos vitres. Pour plus de conseils et de renseignements, vous pouvez contacter l’association par téléphone 0967038407 / 0534319790 ou à l’adresse suivante mediationfaune@naturemp.org

« Je souhaite accueillir les oiseaux dans mon jardin. »

Les jardins (et certains balcons ou terrasses) sont, à petite échelle, de véritables écosystèmes regorgeant d’une formidable biodiversité. Si vous souhaitez y accueillir davantage d’espèces d’oiseaux, vous pouvez très facilement, et à moindre frais, leur offrir le gîte en installant des nichoirs. Ce genre d’aménagements permettra aux oiseaux d’une part de trouver facilement des endroits favorables pour nicher et d’autre part pour vous de faire de très belles observations… et pourquoi pas des photographies ! Enfin les oiseaux sont de formidables auxiliaires qui consomment naturellement insectes et autres invertébrés et évitent ainsi l’utilisation de pesticides et autres produits phytosanitaires. C’est donnant donnant !
Pour plus d’informations et de conseils sur la pose de nichoirs n’hésitez pas à consulter notre page dédiée.

« Que puis-je donner à manger aux oiseaux ? »
Premier principe : pas de nourrissage l’été ! Un nourrissage abusif pourrait en effet entraîner des changements de comportements néfastes à l’oiseau et/ou favoriser la propagation de maladies. En hiver, il ne faut pas perdre de vue que les oiseaux ne comptent pas sur vous pour les nourrir. Il est cependant possible de leur donner un petit coup de pouce, en janvier et février, quand il fait vraiment froid et que les ressources se raréfient. Pour cela on privilégie les graines (le tournesol étant une valeur sûre !), les fruits, éventuellement des « pâtés » pour insectivores ou des boules de graisse (tout cela se trouvant facilement dans le commerce) et on évite pain, lait et restes de table salés, très nocifs pour l’organisme de l’oiseau. Le mieux étant de disposer le tout dans une mangeoire, inaccessible aux prédateurs. Pensez aussi, en période de gel, à maintenir dégagés des points d’eau.
Pour plus d’informations et de conseils sur le nourrissage de oiseaux et la pose de mangeoires n’hésitez pas à consulter notre page dédiée.

(Conseils rédigés par Charlotte BRESSON)


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