Sale temps pour la nature et l’environnement

Mars 2012

L’environnement, priorité du gouvernement ? Nous sommes en droit d’en douter.

A l’approche des élections, on se rend compte que la protection de la nature n’est que peu de choses face à des enjeux autrement plus importants pour la planète, comme par exemple la satisfaction des revendications des chasseurs. En effet, une nouvelle loi (la 5ème en 12 ans), adoptée à l’unanimité, arrive bien à propos en ce début d’année 2012 (voir notre actu). Comme si ça ne suffisait pas, notre président a rencontré le 3 février une délégation de présidents de fédérations de chasse, qui sont ressortis ravis. On le serait à moins effectivement en lisant la longue liste des promesses faites à cette occasion, reprises dans le courrier édifiant qu’a adressé le président de la République à celui de la Fédération Nationale des Chasseurs en marge de cette rencontre…

Grands tétras, courlis cendrés, eiders à duvet, oies, belettes, bruants ortolans, pinsons… la liste des sacrifiés sur l’autel électoral s’allonge.

Cet abandon de la priorité environnementale va plus loin, et l’on ne peut qu’être inquiet des récentes déclarations à Pamiers puis au Salon de l’agriculture (qui est en passe de devenir le cimetière de l’environnement depuis quelques années), promettant aux agriculteurs des règles simplifiées et des contrôles moins tatillons, (les agents de l’État chargés de faire respecter les lois apprécieront ce soutien de leur hiérarchie !), en clair une invitation à polluer plus.

Par ailleurs, les crédits dédiés à l’environnement se tarissent, au point de remettre en cause la réussite des chantiers du Grenelle (Stratégie de création des aires protégée, Trame Verte et Bleue, Plan nationaux d’action…), que les administrations sur le terrain et les associations tentent tant bien que mal de sauver.

Enfin, le signe peut-être le plus inquiétant est la disparition du ministère de l’écologie, probablement une première depuis sa création il y a 40 ans. De quoi bien se préparer à la crise écologique qui nous attend demain et qui sera autrement plus grave que la crise financière d’aujourd’hui.

Jérôme Calas
Président de Nature Midi-Pyrénées
Mars 2012

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