Sonneur à ventre jaune

Bombina variegata

  • Nom commun : Sonneur à ventre jaune
  • Nom latin : Bombina variegata
  • Famille : Bombinatoridae
  • Période d’activité / d’observation : mars à juillet (août)
  • Statut réglementaire : intégralement protégé

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Pour aller + loin
  6. Galerie
  7. Cartographie


Descriptif et particularités

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Aucune confusion possible dans la région.

Le Sonneur à ventre jaune est un petit crapaud mesurant en moyenne 4 à 5 cm à l’âge adulte. On peut aisément le reconnaître à ses yeux globuleux positionnés sur le dessus de la tête et à ses pupilles en forme de cœur ou triangulaires. Son dos d’aspect terreux (couleur brun-gris à olivâtre, couvert de petites verrues légèrement cornées) lui confère un excellent camouflage. Sa principale caractéristique est néanmoins sa face ventrale jaune (pouvant tirer sur l’orangé) agrémentée de taches noires plus ou moins bleutées. Le motif formé par les taches ventrales est propre à chaque individu. S’il se sent "agressé", le Sonneur adopte une posture de défense originale : la lordose lombaire, appelée aussi "réflexe d’Unken". Cette position permet de montrer une partie de ses couleurs vives (pattes repliées sur le dos) pour prévenir les prédateurs de la toxicité de l’amphibien.

Il n’y a pas de dimorphisme sexuel notable : les mâles sont semblables aux femelles, à l’exception des "callosités nuptiales" (épaississement rugueux) sombres à l’intérieur de leurs pattes antérieures. Les mâles chantent en gonflant légèrement leur gorge mais ils ne possèdent pas de véritables sacs vocaux, leur chant ("hou… hou…" plaintif) est donc peu puissant et ne peut pas être entendu à une distance supérieure à quelques dizaines de mètres. Parfois, il peut émettre d’autres sons, tels des caquètements (voir vidéo).

Habitat et écologie

Le Sonneur à ventre jaune affectionne les réseaux de points d’eau stagnante peu profonds, généralement assez bien ensoleillés et souvent temporaires. Il peut ainsi s’installer dans divers habitats (ornières, fossés, mares, vasques…). En Midi-Pyrénées, on le retrouvera plus volontiers dans des systèmes prairiaux, dans des zones de sources et de suintements piétinés par le bétail, plutôt que dans les systèmes forestiers où il est fréquemment rencontré dans d’autres régions. Espèce pionnière, le Sonneur à ventre jaune peut également s’installer dans les milieux "perturbés" (ornières, anciennes carrières…).

En début de printemps, le Sonneur quitte son site d’hivernage pour rejoindre les points d’eau où il se reproduira. C’est alors qu’il est le plus aisément observable : flottant nonchalamment dans sa flaque, les pattes écartées, les yeux et les narines dépassant de la surface, tel un hippopotame miniature. Les femelles arrivent quelques semaines après les mâles. La femelle dépose les œufs seuls ou en petites grappes sur des supports aquatiques proches de la surface (racine, brindille, végétation aquatique…). Les pontes sont fractionnées dans l’espace, mais aussi dans le temps (il peut y avoir plusieurs pontes dans la même année, en fonction des précipitations).

Les têtards éclosent rapidement (une semaine environ), et subissent une forte mortalité (assèchement des points d’eau). Très peu de juvéniles atteignent la maturité sexuelle (aux alentours de 3 - 4 ans), mais une fois adulte la longévité est importante pour un amphibien : en effet, un sonneur peut vivre une dizaine d’années.

Répartition en Midi-Pyrénées

La distribution du Sonneur à ventre jaune en France est principalement continentale. En Midi-Pyrénées, il est en limite d’aire de répartition et n’est pour l’instant connu que du Nord-Est du Lot (46) : exception faite de deux stations dans le Ségala, tous les sites où il a été trouvé se situent sur des terrains argileux du Jurassique ("Limargue"). Cette géologie particulière (rétention d’eau) combinée aux pratiques agricoles (élevage bovin) constituent un potentiel d’habitats favorables. Cette "bande d’argile" continue jusque dans le département de l’Aveyron, où la présence du Sonneur est soupçonnée…

Menaces

Le Sonneur est une espèce qui connaît un fort déclin pratiquement partout en France. En Midi-Pyrénées, nous n’avons quasiment pas de recul (manque de données anciennes), mais son absence inexplicable (ou très faibles densités) sur des sites a priori très favorables nous laisse à penser qu’il est en régression dans la Région.

  • Fragmentation des habitats (mise en culture des prairies, routes…)
  • Destruction des micro-zones humides favorables à la reproduction (conversion en grands étangs, drainage, captage…)
  • Populations en limite d’aire de répartition, et donc "naturellement" plus fragiles.

Afin de mieux comprendre ce déclin et d’enrayer les menaces qui pèsent sur le Sonneur, un Plan National d’Actions Sonneur à ventre jaune a vu le jour en 2011. Certaines des actions du PNA ont été déclinées par Nature Midi-Pyrénées dès son officialisation. Et depuis 2013, d’autres organismes (Conseil Général et associations naturalistes du Lot, Syndicat Mixte du Bassin Rance-Célé, etc.) se sont greffés au projet.

Fiche rédigée par Marion Jouffroy et Pierre Olivier Cochard

Pour aller + loin

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