Sortie botanique automnale sur les bords de la Dordogne

A Floirac (46), le 05 octobre 2013

C’est avec le groupe zones humides, que nous convenions de sortir des bords de Garonne, pour nous aventurer à la découverte de la flore des bords de Dordogne.

La météo de la veille nous garantissait des zones franchement humides, mais c’est confiant dans ses prévisions d’amélioration que nous nous retrouvions 24 botanistes au bord d’une Dordogne bien gonflée par les précipitations récentes, nous privant d’une partie de ses bancs et berges.

Promenade ombragée sur les bords de Dordogne durant la matinée, je ne me sens pas franchement dépaysé de mes chères rives du Tarn ; la végétation ici comme ailleurs subit la mondialisation et l’uniformisation, des espèces qui font désormais partie de notre environnement familier.

Le groupe et le milieu

L’aster lanceolé (Aster lanceolatus), le grand solidage (Solidago gigantea), le panic crête de coq (Echinochloa crus-galli), la balsamine de Balfour (Impatiens balfourii), le souchet robuste (Cyperus eragrostis), l’incontournable renouée du Japon (Reynoutria japonica) et le raisin d’Amérique (Phytollacca americana) étaient tous bien là.

Mais saules pourpres et blancs (Salix purpurea et S. alba), aulnes glutineux (Alnus glutinosa) et peupliers noirs (Populus nigra) résistent aux envahisseurs que sont les robiniers (Robinia pseudoacacia) ou les érables negundos (Acer negundo).

Quelques belles petites trouvailles comme le galéopsis à 4 angles (Galeopsis tetrahit), la cuscute des champs (Cuscuta campestris) en pleine floraison, le calament ascendant (Calamintha ascendens), avant de découvrir la flore immergée de la rivière. Nous apprenons à distinguer la petite lentille d’eau (Lemna minor) de la spirodèle à plusieurs racines (Spirodela polyrhiza), à découvrir le discret cornifle immergé (Ceratophyllum demersum) et l’élodée du Canada (Elodea canadensis), avec ses feuilles verticillées par 3, une habitante de nos aquariums qui s’est invitée dans la plupart de nos rivières.

Le ciel se fait menaçant, retour pour un casse-croûte qui se transformera en casse-tête pour trouver un abri, le ciel se fâche vraiment…

Retour sur les bancs de galets de Dordogne, le ciel se dégage, nous sommes trempés mais le soleil va tout arranger.

En ce qui concerne la flore des bancs de galets, petite révision sur la détermination des menthes, pouliot, suave, et des champs (Mentha pulegium, M. suaveolens et M. arvensis) qui poussent sur ces lieux. Parmi les rorippes des bois (Rorippa sylvestris) qui tapissent le sol entre les galets, nous découvrons une petite lysimaque nummulaire (Lysimachia nummularia) et les fleurs minuscules de la corrigiole des grèves (Corrigiola littoralis), voici la trouvaille du jour !

Familiarisation avec les chénopodes et amarantes, des univers pas vraiment attractifs au premier abord mais qui se laissent apprivoiser.

Nous finirons par une herborisation des prairies acidiphiles de ce fond de vallée ; révision du dernier cours de botanique sur les Verbascum pour identifier une molène lychnide (Verbascum lychnitis), puis pour clore cette journée, un grand moment de concentration pour déterminer cette odorante ombellifère qui ne nous est pas familière, nous en venons à bout grâce à l’aide de Mathieu pour conclure au sélin noir ou persil des cerfs (Oreoselinum nigrum).

Merci à Mathieu pour l’organisation de cette journée et à tous pour leur bonne humeur et le partage d’expérience.

Vivement le printemps !

Marc Senouque


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