Tarente de Maurétanie

  • Nom commun : Tarente de Maurétanie
  • Nom latin : Tarentola mauritanica
  • Famille : Phyllodactylidae
  • Période d’activité / d’observation : mars à octobre-novembre
  • Statut réglementaire : intégralement protégé au niveau national

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie
  6. Cartographie


Descriptif et particularités

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Tarente adulte (© Pascaline Silande)

La tarente de Maurétanie est un gecko d’aspect trapu d’une quinzaine de centimètre, dont la queue correspond à peu près à la moitié de sa longueur (LT 15 cm, LMC 8,6 cm). Elle peut atteindre exceptionnellement les 19 cm en longueur totale. De couleur principalement grise, celle-ci varie selon les conditions environnementales et l’humeur de l’animal. Elle peut être vu quasiment en noire ou en un brun/gris très clair. En ce qui concerne la face ventrale, elle est uniformément de couleur crème, voir jaune pâle. Son corps est recouvert de tubercules (ou verrues) de forme conique, en 10-14 lignes dorsaux-latérales régulières. L’œil de la tarente est sans paupières mobiles, avec un iris grisâtre. Sa pupille de forme verticale est capable de se dilater jusqu’à devenir ronde dans l’obscurité à la manière d’un chat. Cette tarente possède des doigts et orteils élargis ayant 12 lamelles adhésives sous-digitales non divisées. De plus, des griffes sont visibles uniquement sur les troisièmes et quatrièmes orteils.

La tête des femelles est potentiellement plus fine que celle des mâles, et ces dernières auraient des griffes rétractibles qui restent peu visibles. Malgré cela, le dimorphisme sexuel n’est pas très marqué. Les jeunes se reconnaissent par leur queue claire annelée de sombre.

Les tubercules coniques et les lamelles non divisées sont caractéristiques de cette espèce, mais étant le seul gecko de la région, le risque de confusion avec un autre gecko est nul.

Habitat et écologie

Même si la tarente est habituellement présente dans les rocailles et les arbres sur les terres agricoles en dessous de 100 m d’altitude, elle est notoirement anthropophile. En effet, elle s’acclimate aisément à un environnement urbain, allant du village à la grande agglomération. Elle y profite des moindres interstices exploitables pour ces différentes phases de vie. C’est pourquoi elle peut-être rencontrée dans les habitations humaines où elle n’hésite pas à rentrer.

Principalement nocturne, la journée elle ne sort que pour son insolation en restant discrète, sa teinte s’assombrissant pour maximiser l’accumulation thermique. Au crépuscule, bien qui lui arrive de chasser de manière active en déambulant sur les murs des habitations, on la voit chasser à l’affût des proies qui sont attirées par la lumières des lampadaires. Cas atypique on peut également l’observer à l’intérieure de ceux-ci, si elle trouve le moyen d’y pénétrer, accédant généralement dans cette situation à une profusion de proies. D’ailleurs, ces proies sont essentiellement composées de divers invertébrés, mais aussi de lézards juvéniles y compris de sa propre espèce. Elle a déjà était observée entrain de « lécher » la pulpe de figues arrivées à maturités.

Il s’agit d’une espèce ovipare, sa reproduction à lieu entre mars et juin. Bien que le cycle de spermatogenèse se poursuit sur toute la période d’activité avec un pic au printemps et au début de l’été. L’hivernage a lieu de novembre à mars environ, dans des refuges à l’abri du gel. Pendant l’accouplement le mâle stimule la femelle par une morsure au ventre. Il en résulte une ponte pouvant comporter un à deux œufs sphériques, qui sont posés dans diverses anfractuosités. Une femelle peut produire jusqu’à trois pontes sur la durée de reproduction. Le temps d’incubation est de 55 à 98 jours, mais celle-ci peut être réduite à quelques jours avec la rétention des œufs dans l’oviducte par la femelle. A l’éclosion, les juvéniles mesurent de 4 à 5 cm. La maturité sexuelle et la longévité in natura restent inconnues pour le moment.

Ces principaux prédateurs sont des rapaces (faucon crécerellete) des mammifères (belette, lérot, musaraigne, chat domestique,…)

Répartition en Midi-Pyrénées

Originaire du Nord de l’Afrique, la tarente de Maurétanie est présente sur tout le pourtour ouest de la méditerranée.

Probablement introduite dans la région (Toulouse, Haute-Garonne) dans le courant du 20ème siècle (premier signalement dans les années 1980, correspondant à plusieurs observations dans le quartier Saint Michel), elle s’étend depuis lors dans plusieurs quartiers de la ville rose. Bien que les causes de cette émergence de population toulousaine soit incertaines, plusieurs hypothèses sont possibles :

  • L’implantation d’une population lors d’une période climatique favorable (déficit pluviométrique et température plus élevées) en provenance du pourtour méditerranéen.
  • Le tourisme cher aux toulousains sur le littoral du Languedoc-Roussillon et l’Espagne.
  • Le transport de plantes ornementales (laurier rose, palmier, olivier)

Plusieurs signalements ponctuels ont eu lieu en Midi-Pyrénées. Villefranche-de-Lauragais, Le Volvestre pour la Haute-Garonne, Lauzerte en Tarn et Garonne et La Barousse dans les Hautes-Pyrénees. Ces informations ont été relayées par la Dépêche du Midi du 04/02/98. Ils résulteraient de transport accidentel, mais ne présentent aucunes preuves de reproduction. Douée d’une étonnante capacité d’adaptation, il ne fait nul doute que l’expansion de la tarente se poursuive dans la région et qu’elle soit considéré à par entière comme une espèce de Midi-Pyrénées. D’autant plus avec le contexte du réchauffement climatique actuel. Dans tout les cas, la tarente ne peut être considérée comme une espèce exotique pour la région, sa limite d’aire de répartition habituelle étant seulement à une distance de 100 km (environs de Carcassonne).

Menaces

Forte de ces capacités d’adaptation à un milieu anthropique, son aire de répartition s’étend encore notamment grâce aux transports passifs des individus. Elle n’est donc pas actuellement menacée sur le territoire. Cependant, comme elle vit près des habitations humaines, elle en subit quelques désagréments, notamment les campagnes de désinfection chimique limitant la prolifération des « nuisibles », qui impacte soit directement la tarente selon les doses administrées, soit indirectement en éliminant ces proies et/ou par effet de bioaccumulation en ingérant ces dernières. De même, l’abondance de chat domestique, prédateur commun de la tarente, peut nuire à sa propagation.

Rédaction Xavier Pessey
Dernière mise à jour : 27/04/2014